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Restait le troisième parti : une neutralité scrupu-
leuse, ferme et prudente. Respecter la transformation libre d'un peuple, ce peuple ne fùt-il qu'une ombre sur un sépulcre; ne pas s'allier, ne pas intervenir, et ne permettre à aucun prix l'intervention aux autres puissances.
Attendre ainsi une de ces deux choses : ou que l'ébuUition de Piome s'affaissât de soi-même, si elle n'était qu'un accès de démagogie, ou que la révolution romaine se régularisât, et traitât d'ellemême avec le pontificat catholique à des conditions agréées par tous les deux. Et, en attendant, offrir asile, inviolabilité personnelle, respect et dignité, non au souverain d'un peuple, mais au pontife de la catholicité. C'est le parti que je conseillai, dans la discussion, à l'Assemblée constituante et au gouvernement. Ces conseils parurent consentis même par la partie raisonnable et politique de la Montagne. Le ministère parut vouloir s'y tenir.
§ XVL
Mais le ministère voulut quelques jours après aller plus loin, et il dévia.
Qui ne s'est rendu compte de cette déviation, dans laquelle l'Assemblée constituante l'encouragea si aveuglément elle-même.^
La Montagne criait avec raison, en regardant expirer le Piémont, Venise, la Toscane, l'Italie entière : « Vous laissez effacer l'ombre de la France de tout >j le sol italien ! »
Il fallait étouffer ces cris par quelque geste de la France dans les affaires de la Péninsule.
On disait au ministère ou bien le ministère se disait à lui-même : Nous sommes écrasés sous les invectives de l'opposition, si nous avons l'air de nous désintéresser de tout en Italie, et si nous laissons l'Autriche seule remuer ou calmer à son gré la péninsule. Il faut absolument paraître dans le dénouement; nous le tempérerons, nous le modérerons, nous aurons l'apparence de l'avoir dominé; plutôt une mauvaise place que point de place à la France dans cet appaisement tel quel de l'Italie.
D'un autre côté, le parti, non pas religieux, le parti religieux est très-indifférent à ce qu'il y ait à Rome une constitution, une république, une olygarchie ecclésiastique ou un gouvernement temporel laïque, pourvu qu'il y ait un pontificat indépendant, un centre d'autorité pour la communion chrétienne quelque part ; mais le parti qui fait de la souveraineté temporelle de l'église une question de système, un article de politique et de prédominance mondaine, plutôt qu'un article de foi, poussait vraisemblablement le gouvernement dans cette voie.
« Profitez de l'occasion, lui disaient sans doute les » hommes de l'école de Grégoire VII, les admirateurs T> du moyen-âge. Vous êtes un gouvernement nou- » veau, vous êtes un nom à refaire, vous avez besoin » de vous tremper dans une large et sainte popida- :» rite, nous vous l'offrons. Il n'y en a guère pour » vous dans la hberté;, car votre rôle de restaura-
» tion d'ordre et de dictature d'une république » agitée à son début vous condamne à réprimer sou- » vent. Voilà de la popularité dans la rebgion; » faites-vous le bras armé du pouvoir temporel du x> pape, le catholicisme flatté se donne à vous; il ne » devrait être qu'une conscience il est vrai; mais nous > en ferons un parti électoral, et ce parti vous payera r> en adhésion et en force populaire le service que » vous aurez rendu à nos préjugés de gouvernement » temporel au Vatican ! »