‹ Le Conseiller du peuple (volume 2)Chapitre 50 sur 103 · CHAPITRE VIIÏ. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIÏ. S

Mais il y a un autre point de vue bien plus haut dont le véritable philosophe socialiste, dans le sens honnête du mot, et dont le véritable ami de la démocratie, c'est-à-dire de la justice et de la fraternité entre les classes, n'ont pas suffisamment considéré l'impôt. Ce point de vue, c'est celui delà meilleure répartition de la richesse entre les citoyens.

Que les riches et que les grands possesseurs des industries, des capitaux, du commerce et du sol se plaignent de l'impôt et l'accusent de décimer leur fortune, je le comprends bien, quoique celane soit pas vrai même pour ceux-là, car le capital privé ne diminue pas parce que le capital général augmente, et nous venons de voir que l'impôt augmentait le capital général.

Mais que les pauvres, que les ouvriers, que les travailleurs, que les prolétaires accusent l'impôt, en vérité je ne le comprendrais pas si l'expérience des dernières aberrations du socialisme, du communisme et du fouriérisme ne nous avait pas appris combien le peuple, si grand par ses instincts, si vite éclairé par son bon sens, est encore aveugle et ignorant dans la connaissance de ses finances et de ses véritables intérêts en matière de travail, d'impôt et de propriété. C'est qu'il y a un progrès nécessaire et immense à

faire faire à ses lumières. S'il continue à fermer les yeux au vrai jour et à les ouvrir aux fantasmagories dont on T éblouit en plein midi, il est perdu ; il retombera dans l'oligarchie d'argent. Les démagogues et les communistes, après l'avoir enivré, le rejetteront ivre-mort à tous ceux qui voudront se donner la peine de l'enchaîner.

SU

Examinons :

En quoi consiste la vraie démocratie.^ En quoi consiste le véritable progrès social en matière de propriété ? A faire participer équitablement et sans violence, ni spoliation, le plus grand nombre de citoyens possible, et un jour, enfin, tous, au bénéfice du travail et à la jouissance de la propriété. Voilà le problème; voilà l'œuvre; voilà la justice; voilà la politique; voilà l'Evangile, voilà la démocratie ; voilà la Providence ; voilà Dieu !

Eh bien ! comment a procédé la première grande révolution française pour arriver à ce résultat, en 1789, ère de la démocratie philosophique ?

Ehe a fait d'abord de la propriété un droit commun accessible à tous, en détruisant tous les privilèges féodahsés, substitutions qui la concentraient entre les mains de quelques-uns» noblesse, église, etc. et qui en excluaient d'autant tous les autres.

Elle a fait plus ensuite : elle a, en limitant le droit de tester, limité les longs monopoles de fortune entre les mains d'un seul individu, d'une seule famille ;

elle a établi l'égalité des partages entre les enfants > elle a, parla, rendu la propriété aussi divisible qu'elle était déjà accessible.

Ainsi, accessible à tous, divisible à l'infîni entre tous, voilà les deux progrès réguliers, par le temps, par la loi, par la nature, que la Révolution de 1789 a donnés à la propriété pour rendre peu à peu la démocratie noble, forte, éclairée, en la rendant propriétaire.

LE

Ipremtjère partie.

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