CHAPITRE VT
ou TROUVER LE GAGE ET L\ GARANTIE ACTUELS DU SUFFRAGE
UNIVERSEL i'
Nous avons vu que le matérialisme poii-ique consistait à chercher le gage et la garantie de Fclecteur dans la propriété seule, dans le chiffre de son impôt, dans le cens ; nous avons \u, de plus, que ce procédé de hasard et de brutalité tendait inévitablement à créer deux classes de citoyens dans l'Etat : une classe de souverains, appelés électeurs, et une classe de sujets, composée de tous ceux qu'un centime de moins exclu de toute souveraineté; nous avons vu, enfin, que cette division de la nation en deux catégories de citoyens, les uns souverains, les autres sujets, était destructive à la fois de la dc'mocrafiey qui est essentiellement ï unité du peuple , et de la paix entre les classes diverses de la société, qui ne peut se fonder que sur la justice et sur l'égalité des droits.
C'est donc ailleurs que dans le c.ns qu'il faut cher-
oher le gage et la garantie de l'iélecteiir; c'est-iidire, qu'au lieu de gages matériels, il faut lui dcinjuider des gages moraux. Et la société est en droit de -lui demander d'autant plus ces gages moraux, qu'elle renonce plus complètement à lui demander des gages matériels de richesse, de cens, de fortune.
C'est dans cette transformation du gage de richesse en gage de moralité que consiste toute la transformation qui s'opère dans le monde, de la société matérialiste en société véritaljlement spir'tualiste. La République est précisément chargée de cette transformation. Voyons comment elle peut l'accomplir, sans compromettre ce qu'elle est chargée aussi de conserver et de transmettre aux générations qui nous suivent : la société.