ENTRETIEN ÂYEC LE LECTEUR
L'homme se plaît à remonter à sa source j le fleuve n'y remonte pas. C'est que Thonime ifst une intelligence et que le fleuve est un élément. Te passé, le présent, l'avenir, ne sont qu'un pour Dieu. L'homme est dieu par la pensée. Il voit, il sent, il vil h tous les points de son existence à la fois. Il se contemple lui-même, il se comprend^ il se possède, il se ressuscite et il se juge dans les années qu'il a déjà vécu. En un mot, il revit tant qu'il lui plaît de revivre par ses souvenirs. C'e^t sa soufl'rance quelquefois, mais l'est sa grandeur. Revivons donc un moment, et voyons comment je naquis avec une parcelle de ce qu'on appelle poésie dans ma nature, et comment cette parcelle de feu divin s'alluma en moi à mon insu, jeta quelques fugitives lueurs sur ma jeunesse, et s'évapora plus tard dans les grands vents de mon équinoxe et dans la fumée de ma vie.
J'étais né inipressionable et sensible. Ces deux qualités sont les deux premiers éléments de toute poésie. Les choses extérieures à peine aperçues liissaient une vive et profonde empreinte en moi j et quand elles nvaient disparu de mes yeux, elles se répercutaient cl se conservaient présentes dans ce que l'on nomme l'itnaffinatioti^ c'est-à-dire la mémoire, qui revoit et qui repeint en nous. Mais de "plus, ces images ainsi revues et repeintes se transformaient promplement en sentiment. Mon âme animait ces images, mon cœur se mêlait à ces impressions. Taimais et j'incorporais en moi ce qui m'avait frappe. J'étais une glace vivante qu'aucune poussière de ce monde n'avait encore ternie, et qui réverbérait l'œuvre de Dieu î De là à chanter ce cantique intérieur qui s'élève en nous, il n'y avait pas loin. Il ne manquait que la Toix. Celle voix que je cherchais et qui balbutiait sur mes lèvres d'enfant, c'était la poésie. Voici les plus lointaines traces que je retrouve au fond de mes souvenirs presque effacés des premières révélations du sentiment poétique qui allait me saisir à mon insu, et me faire à mon tour chanter des vers au bord de mon nid, comme l'oiseau.
Pavais dix ans ; nous vivions à la campagne. Les soirées d'hiver étaient longues. La lecture en abrégeait les heures. Pendant que notre mère berçait du pied une de mes petites sœurs dans son
berceau, et qu^elIc allaitait i*autre sur un long canapé de velours d'Utrccht ronge ei râpé, à l^angle du aalon, mon pm UimU Moi je jouais à teri^p è ses pieds avec des morceaux de sureau que le jardinier avait coupés pour moi dans ie jardin; je faisais sortir la moelle du bois à Taidc d*une baguette de fusii* J*y creusais des trous à distances égaies, j*en refermais aux deux extrémités Po: i- Hce, et j*en taillais ainsi des flûtes que j^allais essayer ie lendemain avec mes camarades les enfants du village, et qui résonnaieoi mélodieusement au printemps sous les saules au bord du ruisseau, dans les prés.
Mon père avait une voix sonore, douce, grave, vibrante, comme les palpitations d^une corde de harpe, où la vie des entrailles aux* quelles on Ta arrachée semble avoir laissé le gémissement d'un nerf animé. Celte voix, qu'il avait beaucoup exercée dans sa jeunesse en jouant la tragédie et la comédie dans les loisirs de ses garnisons, n'était point déclamatoire, mais pathétique. Elle empruntait un attendrissement d'organe et une suavité de son de plus, de l'heure, du lieu, du recueillement de la soirée, de la présence de ces petits enfants jouant ou dormant autour de lui, du bruit monotone de ce berceau à qui le mouvement était imprimé par le bout de la pantoufle de notre mère, et par Taspect de cette belle jeune femme qu'il adorait, et qu'il se plaisait à distraire des perpétuels soucis de sa maternité.
Il lisait dans un grand et beau volume relié en peau et à tranche dorée (c'é!ait un volume des œuvres de Voltaire) la tragédie de Méropc. Sa voix changeait d'accent avec le rôle. C'était tantôt le tyran cruel, tantôt la mère tremblante, tantôt le fils errant et persécuté ; puis les larmes de la reconnaissance, puis les soupçons de l'usurpateur, puis la fureur, la désolation, le cobp de poignard, les larmes, les sanglots, la mort, le livre qui se refermait , le long silence qui suit les fortes commotions du cœur.
Tout en creusant mes flûtes de sureau, j'écoutais, je comprcnais, je sentais } ce drame de mère et de fils se déroulait précisément tout entier dans l'ordre d'idées et de sentiments le plus à la portée de mon intelligence et de mon cœur. Je me figurait Mérope dans ma mère j moi dans le fils disparu et reconnu retombant dans ses bras, arraché de son sein. De phis, ce langage cadencé comme une danse «les mots dans l'oreille, ces belles images qui (ont vorr ce qu'on entend, ces hémistiches qui reposent le son pour le précipiter ensuite plus rapitle, ces consonnances de la fin des vers qui sont comme des échos répercutés où le même sentiment se prolonge dans le même son, cette symétrie des rimes qui correspond matériellement à je ne sais quel instinct de symétrie morale cachée au fond de notre nature, et qui pourrait bîcii
étj^iiiieecinlra<«DpreiAtedererdrediTin,do rbythnie iocréédans rynivcrsi enfin oelle solennité de k toIx de mon père, qui trans* figuraji parole ordinairement simple, et qui me rappelait Taeeent rel%ieax des psalmodies da prêtre le dimanche dans Tcglise de Hllly ; tootcela susettalt vivement mon atteniion, ma curiobiié, mon cmotbn même. Je me disais intérienrement : Voila une langae qoe Je voudrais bien savoir, que je voudrais bien parler quand je serai grand. El quand neuf heures sonnaient à la gfiosse horloge de noyer de la cuisine, et que f avais fait ma prière et embuai mon père, je refiassals en m^endormant ces vers, oomme un homme qui vieni d*èlre ballolté par les vagues sent encore, après être descendu à terre, le roulis de la mor, et croit que son Ul nage sur les Ilots.
Depuis cette lecture de Mirupe^ je cherchais tovû^urs de préférence les ouvrages qui eontenaieni des ver», parmi les volumes oublies sur In table de mon ]icre ou sur le piano de ma mère, au salon. La Iknriàdc toute sèche et toute déclamatoire qu^elle fût, me ravissait* Ce n^était que Pamour du son, mais ce son était pour moi une musique. On me faisait bien apprendre aussi par cœur quelques fables de la Fontaine; mab ces vers boiteux, disloqué», inégaux, sans symétrie ni dans roreille ni sur la page, me rebutaient. D*ailleurs, ces histoires d*auimaux qui parlent, qui se font des leçons, qui se moquent les uns des autres, qui sont égoïstes, railleurs, avafes, sans pitié, sans amitié, plus mccliants que nous, me soulevaient le cœur. Les fables de la Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste d*un vieillard, que la philosophie aimante, généreuse, naïve et bonne d*on enfant : c^est du ficI, ce n^est pas du lait pour les lèvres et pour les cœurs de cet âge. Ce livre me répugnait; je ne savais pas pourquoi. Je Pai au depuis: c*est qu^il n'est pas bon. Comment le livre serailil bon ? rbomme ne rétait pas. On dirait qu'on lui a donné par dérision le nom du bonfo fVmlatna. La Fontaine était un philosophe de beaucoup d''esprit, mais un philosophe cynique. Que penser d^une nation qui commence Téducation de ses enfants par les leçons d^un cynique ? Cet homme, qui ne connaissait pas son iils; qui vivait sans famille, qui écrivait des contes orduriers en cheveux blancs pour provoquer les sens de la jeunesse, qui mendiait dans des dédicaces adulatrices Taumône des riches financiers du tcnnps pour payer ses faiblesses; cet homme dont Bacitie, Comeilk^ BciUau^ Fénelon, Bosmetj les poètes, les écrivains ses contemporains, ne parlent pas, ou ne parlent qu^avec une espèce de pitié comme d'un vieux enfant, n'était ni un sage ni un homme naïf. 11 avait la philosophie du sans-souci et la naïveté de l'égoisme. ppuxe vers sonores, sublimesi religieux â'Aihalief m'effaçaient
Si
LB eoMSBUun DU noru*
roreiUc loates les dgales, Ions les eorbeaax ei lims les renards de eette ménagerie puérile. i*élais né sàrieuz el tendn^ il me làllail dès lors une langue selon mon âme. Jamais Je nVii po, depuis, revenir de mon anlipathie contre les fiibles*
Une autre impression de ces premières années confirma, je ne sais comment, mon inclination d*enfiint pour les Ters.
Un jour que f accompagnais mon père à la chasse, la voix des chiens ^jarés nous conduisit sur le revers d*une montagne boisée, dont les pentes, entrecoupées de ebfttaignicrs el de petits prés, sont semées de quelques âiaumières et de deux ou trois maisonnettes blanchies à la chaux, un peu plus riches que les masures de paysans, et entourées chacune d*un verger, d*un jardin, d*une haie vive, d^une cour rustique* Mon père, ayant retrouve les cliicns et les ayant remis en laisse avec leur collier de grelots, cherchait de Toeil un sentier qui menait à une de ces maisons, pour ni*y Taire déjeuner et reposer un moment, car nous avions marche depuis l'aube du jour. Cette maison était habitée par un de ses amis, vieil officier des armées du roi, retiré du service et finissant ses jours dans ces montagnes natales, entre une servante et un chien. C'était ufic belle journée d'automne. Les rayons du soleil du matin, dorant de teintes bronaées les châtaigniers, et de teintes pourpres les flèches de deux ou trois jeunes peupliers, venaient se réverbérer sur le mur bUnc de la petite maison, et entraient avec la brise chaude par une petite fenêtre ouverte encadrée de lierre, comme pour Tinonder de lumière, de gaieté et de parfum. Des pigeons roucoulaient sur le mur d*appui d*une étroite terrasse, d'où la source domestique tombait dans le verger par un conduit de bois creux, comme dans les villages suisses. Nous appuyâmes le pouce sur le loquet; nous traversâmes la cour*; le chien aboya sans colère et vint me lécher les mains en basant Pair de sa queue, signe d*hospitalité pour les enfants. La vieille servante me mena à b cuisine pour me couper une tranche de i)'iiii bîs, puis au verger pour me cueillir des pèches de vigne. Mon père était entré chez son ami. Quand j*eus mon pain et mes pêrlics dans mon chapeau, hi bonne femme me ramena à la maisof] rejoindre mon pcrc.
Je le trouvai dans un petit cabinet de travail, causant avec son anu. Cet ami était un beau vieillard à cheveux blancs comme la neiî^c, à Paspect militaire, à l'œil vif, à la bouche gracieuse et mé- Iniiroliquc, au geste franc, à la voix mâle, mais un peu cassée. II élait assis entre la fenêtre ouverte et une petite table à écrire, sur laquelle les rayons du soleil, découpés par les feuilles d'arbres, floltnioiil aux ondulations du vent, qui agitait les branches du peuplier comme une eau courante moirée d'ombre et de jour*
Il €OMMiu.iii on PBOrtS.
Deux pigeons apprivoiiés becquetaient les pa^es d*im gros li?re ouvert aotts le ooudc da vieiUanL II y avait sur la table une écritoîre en bois de rose af ec deux petites eoapes d^argeat eiselé* l*upe pour la liqueur noire, Tautre pour le sable d*or« Au milieu delà table, on voyait debellos feuilles de papier vâinblaneeooinie Talbàtre, longoes etlargescomme eellesdesgraods livres de plein- «hant que j*adaiiraîs le dimanehe à Téglisc sur le pupitre du sacristain. Ces leuilles de papier étaient liées ensemble par le dos avec des nœuds d*un petit ruban bleu de eiel qui aurait fait envie aux eollerettes des jeunes Giles de Milly. Sur la première de ces feuilles, ou ta plume à blanches ailes était coucbée depuis l'arrivée de mon père, on voyait quelque ehose d*écrit. C'étaient des impies r^iulières, espacées, égales, tracées avec la règle et le compas, d'une forme et dVine netteté admirables, entre deux larges mai^ blanches encadrées elles-mêmes dans de jolis dessins de fleurs à Tenere bleue. Je n*ai pas besoin d'i^outer que ces lignes étaient des vers. Le vieillard était poète ; et oomme sa n^ocrité n'était pas aussi dorée que celle d'Horace, et qu'il ne pouvait pas payer à des imprimeurs l'impression de ses rêves champêtres, il se laîsait à lui-même des éditions soignées de ses œuvres en manuscrits qui ne lui eoàtaientque son temps et l'huile de sa lampe ; il espérait confusément qu'après lui la gUdre tordtîoe, comme disent les anciens, la meilkure, la plus impartiale et la plus durable des gloires, ouvrirait un jour le coffret de cèdre dans lequel H renfermait ses manuscrits poétiques, et le vengerait du silence et de Tobseurité dans lesquels la fortune ensevelissait son génie vivant* Mon père eC lui causaient de ses ouvrages pendant que je mangeais mes pêches et mon pain, dont je jetais les miette:, aux deux pigconr>. Le vieiilai*d, enchante «ravoir un auditeur inattendu, lut à mon père un fragment du poëme interrompu. CVînit la description <i*uno fontaine sous des châtaigniers, au bord de laquelle des jeunes fiUes dépos9nt leurs cruches à l'ombre, et cueillent des pervenches et des marguerites pour se (aire des couroiines; un mendiant survenait et racontait aux jeunes bergères Thistolre d'Arctimsc, de Narcisse, d'Hylas, des dryades, des naïade^;, de Thétis, d'Amphitrile, et de toutes les nymphes qui ont touché à l'eau douée ou à l'eau salée* Car ce vieillard était de son temps, el en œ lemps-la, aucun poète ne se serait permis d'appeler les ehoses par leur nom. Il fallait avoir un dietionnaire mythologique ioos son chevet, si Ton roulait rêver des vers. Je éuis le premier ^ui ai fût descendre la poésie du Parnasse, et qiîî ai donne à ce qa^on nommait la Muse, au lieu d'une lyre à sept cordes de convention, les fibres mêmes du cœur de l'homme, touchées et émues par les innombrables frissons de l'âme et de la nature.
26 LB CONSBIL&Bil W NUFLl.
Quoi qu'il en soU, mom père, qui étail trop poli pour8*teinuyer de maimis yen tm foyer même du poêle, doiUM quelques éloges aux rimes du Ticillanl, sliDa ses ehieus, elme rameua à la maison* Je lui demandai en ehcmin quelles éniàmA doae ees jolies lignes cgalcs, symétriques, espacées, encadrées de roses, UéesderulMiiis« qui étaient sur la table. Il me répondit que ^^ent des vers, et que notre!liète était un poète. Cette répotue me frappa. Celteseène me fit une longue impression; et depuis ee jeur*la, toutes les fois que ^entendais parler d^nn poète, je me représentais un lieao vieillard assis près d*une fenêtre ouverte à large horison, dans une maisonnette au bord d^ui^ grand bols, au nurmured^une source, aux rayons d*un soleil d*été tombant sur sa f^me, et écrivant entre ses oiseaux et son chien des histoires merveilleoses* dans une langue de musique dont les paroles ehantaioot comme les cordés de la barpe de ma mère, tombées par les ailes invisibles du vent dans le jardin de Milly. Une tdie imago, à laquelle se mêlait sans doute le souvenir des pèches, du pain bis„ de la bonne servante, des pigeons privés, du chien caressant, était de nature h me donner un grand goùl peur les poètes, et je me promettais bien de ressembler à ce vieillard et de faire eo qull Irisait quand je serais vieux. Les beaux versets des psaumes de David, que notre mère nous récitait le dimanche en nous les traduisant peur nous remplir l'imagination de piété, me paraissaleni aussi une langue bien supérieure à ces misérables puérilités de la Fontaine, et je comprenais que estait ainsi qu^on devait parler è Dieu.
Lamarti.nb.
ALMANACll POLITIQUE.
L'année parlementaire n commence par une discussion de politique extérieure sur les îilFaircs dp la Plata.
Le ministcr'c sotimct à la rn li fixation <le rassemblée législative le traité signé cnire Rosas et IVuniral Leprédour. Après une inler- Tention de <lix années par la diplomatie et h coups de canon dans l'inextricable conflit do Montevideo et Bucnos-Ayrcs, le cabinet de Louis Bonaparte désire retirer le nom de la Franee de ce conflit. Tel est le sens du traité de Tamiral Lcprédour.
Ce traité rencontre sur les bancs de la majorité une certaine opposition. La c'onmdssion nommée dans les Imreaux pour en faire un rapport à rassemblée lui est hostile. Le rapporteur, M. Daru. demande nu nom de la conmussion une médiation armée. M. Darn veut arracher à Rosas, par une démonstration énergique, des concessions plus larges à ce qu'il appelle les intérêts français.
Le ministère rrponsse la tendance belliqueuse du rapport. Il y voit une déclnratn»Ti implicite de guerre à trois mille lieues de notre territoire. Il vc vent pas en prendre la responsabilité.
Après avoir prononcé un discours imprégné d'une odeur de poudre à canon h raiijnii «le son rapport, M. Daru finit par revenir à des dispositions plus paciliqnes h la fin de la discussion.
Enfin, après de longues oscillations, après avoir successivement adopté un amendement de M. de Uancé dans le sens des conclusions delà commission, l'Assemblée adojite un second amendement de M. de Rancé qui laisse an cabinet plein pouvoir de poursuivre ses négociations à Tamiable avec Rosas.
M. Thiers a cru devoir se sc|)arer en cette occasion de la majorité, i)our laisser évaporer quelques velléités guerrières a la tribune.
Mais si TAssemblée législative ne croit ))as defoîr poursuivre les gauchos dans les pampas, dtc eroil devoir [K)ursuivro les instituteurs dans les communes.
tt COMSBILLBA BU nUPLC.
Les institutears ont été investis de leur humble el glorieux mandat pour être non-sealement des ministres de venté, mais des mloistres de concorde* lis doivent porter la paix dans les cœurs et la lumière duns les intelligences. Cest là Tcsprit de leur fonction, c*esl là leur de\'oir. Quelques-uns d*cntre eux, nous le savons, n*ont pas eompris la grandeur de leur vocation.
Ils ont introduit de contrebande, par des portes dérobées, les doctrines incendiaires dans leur école. Ils ont failli à leur mission. La société avait le droit de les ramener par ses avis à de meilleures pensées, et si ces avis étaient méconnus, de leur retirer la direction de IVoisnce.
Mais, il n*était pas besoin pour cela d*Qae mesure exception* odle qui bouleverse tons les principes d^onc bonne administration. Nous avons donc rejeté k loi qui tranportall en quelque sorte le ministère de rinstmction publique au ministère de Tintérieur, en mettant les instituteurs sous la juridiction du prafet.
Aussi, ce projet a-t-il tdlement troublé les conscienc&ç, qu*il a d*abord subi un échec au premier choc deit discussion.
L*urgeiioe a été rcpouÂiée à une roi^orilc de trois cents voix contre trois cents; mais la validité du scrutin ayant été contes.tée, TAssemblée a passé une seconde épreuve* L*urgenoe a été alors adoptée à une miyorité de quelques voix seulement»
Ce décret, vivement combattu par M* Pascal Duprjt, et chaudement soutenu par M. Parieu, ministre de Tinstruction publique n*a obtenu les honneurs du scrutin définitif qu^après avoir été atténué dans sa dbpositioo la plus rigoureuse, par un amendement de M« Salmon. Cet amendement impose aux préfets Tobli- ^tîon de pr^idre Pavis des conseils d^arrondissement avant de si^er aucun arrêt de révocation. Hais une nouvelle disposition, proposée par la commission accorde aux préfets le pouvoir de suspendre de leur propre initiative les instftuteurs*
Les instituteurs révoqués ou suspendus ne pourront ouvrir d*écoks dans les communes oà ils exerçaient auparavant, ni dans les communes voisines* Cette loi, essentiellement temporaire, ne doit kvoir qu*une durée de six mois, à partir de sa promulgation*
Elle a été, en quelque sorte, la pré&ce de la grande loi organique de la liberté d*enseignement* Ici le débat devait néoessaireiiicnt s^élever à la hauteur d*une question de principes*
Cette loi, présentée par M* de Falloux à TAssemblée nationale, soumise k une commission, renvoyée au oonseil d*£tat, et rq^riae enfin par la première commission de TAssonblée, est appelée par ses outeurs eux-mêmes une loi de transaction.
i:i!c partage, d'après unearithmétiqueptns ou moins arbitraire, la direction suprême des études entre le clergé et rUnivevsîlé*
Ll CO.XSBILLSR OU PBUPLB.
EUe a \sa prétention d'ctre un nouveau Concordat entre TEglise et TEtel sur ia question spéciale de l'enseignement.
Mais les plénipotentiaires de ce nouveau Concordat ne paraissent pas s'être munis d'avance de la procuration authentique des parties contractantes ; car, d'un côté, l'Université repousse la transaction, et d'un autre côté, une notable pariie du dergé la repousse aussi.
M. Barttiélcmy St-Hilaire est venu porter à la tribune les doléances de l'Université contre le projet, au nom des droits de la raison. Monseigneur Parisis est venu après M. Barthélémy Saint- Hilâire faire contre le même projet ses réserves au nom des droite de l'Eglise. Il veut bien souscrire à cette tentative de conciliation, mais purement par abnégation chrétienne, avec la condition expresse de se retirer de l'épreuve, si l'épreuve ne réussit pas à la satisfaction du clergé.
Malgré ces restrictions, l'abbé Parisis n'a pu rallier l'épiscopat tout entier àson opinion. Plusieurs évéqucs refusent obslinémeut de donner le baiser de paix à rUniversite.
MM. Thiers et de Montalembert, que ia révolution de février a léconciliés, après tant de duels sur la ruine du Sonderbund, ont courageusement présenté à la signature de l* Assemblée leur nouran traité d'alliance dans le projet de loi de Finstruction.
Aussi OQt-ils soutenu cette loi de toute la puissance de leur talent. Ils lui devaient, en effet, ce témoignage de tendresse, car i!^ eo peuvent réclamer plus que personne la paternité. Ils l'ont préparée à frais communs, clucubrée, dictée dans tous ses articles.
Cependant il parait que M. de Motalembert ne s'est pas trouvé commodément placé, pour Tallare de son esprit, sur le terrain de la concorde* Cette fois-ci, sa parole lai a fait détel.
JL Thiers est venu relayer râoqnaDee de son eoreligîonnaîre de pensée. Il a aocusé l*UaiTersité^tiignlitnde, pour nWir pas compris les bienfeits de la noiiyelleloi I son égard* Il a eherehé à pioairer^ par des ealeola de statistique, que les professeurs aufaîeot la majorité dans le nouveau conseil de direetion des études. Enfin, il a montré par péroralsou la philosophie el la religion désormais confondues, grâce au nouveau projet, dans un perpétuel embrassement.
Hais le discours capital de cette discussion a été le discours de M. Victor Hugo. Jamais ia parole de Tillustre écrivain nVivait plus fortement vibré que dans cette séance, où il proclamait, an milieu des murmures, les droits imprescriptibles de la raison. M* Vietur Hugo a défendu Tordre do sa poitrine aux barricades. Il a donné, dans sa vie parlementaire, de nombreux étages à l'esprit de conservation. R n*est pas suspect de fatUesse pour les
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u comiun pu mv^lb*
dodriim d*aiiaTèMe; Mis dans celte grave qucsUoD, qai est la qoeslioii de Hiid^ieiidaDee de la pensée, il ii*a pas cni devoir sacri* fierèdemauTaiMS rénpiseeneoa les plus glorieuses conquêtes de la déoMieratie. 11 aborde fmndieiiienl en ces termes le débat :
•Je prends immédiatement la question dans sa réalité* Eb bien! » k ee point de vue de la situation actuelle, je veux h liberté de » renseignement, mais avec la snrveilhince de l*£tat, mais par » r£tat euinsivemenibique, rElalcommc le comprenait et le von- » lait M« Guisol, et pour cette surveillance je n*admcts que des
• bommfs qui niaient aucun intérél contre Tonité nationale, Cest » vous dire que jen*admotsdansles conseils supérieurs ni évéques, f ni délégués de Téréque. G*est la séparation de FEglisc dVre » nStat, ce que la sag^se de nos pères avait si prudemment établi*
» Ce que je ne veux pas, o*csl de la loi actuelle. La loi actuelle » n*e8t qu^une arme| maiselle vaut suivant la main à laquelle elle » esl confiée. Bkqui s*en saisit ici? c^est là main cléricale.
•(Mais si vous proscrivez bi mabi dâricale etrenseignemcnlclé- » rical, proscrires-vous rensdgnement religieux ? Nullement* Au » contraire, l^enseignenient religieux doit être conservé précieuse-
• ment. Plusrbomme grandit, plus il doit croire. Le mal de notre » époque est une tendance b ne pas croire. Pour moi, je reconnais » que la négationn'esl pas te mal. L*bommea la souffrance; cVst » ime loi de Diea; si vous ijoutes lepoids du néant à bi misère, » vous aceablei le malbenroux*
» U laut tourner tontes les intelligences vers une vie nllérieure » où tout sera récompensé, o& la souffinnce sera oomptée. Lamort » n*eit qu'une résnrrection.Dbm se retrouve à la fin de tout* lln*y « aurait aucune dignité à vivre, et cela n*en vaudrait pas la pebie, n si nous devions ipourir tout entiers. Ce qui fait Thomme beau, I» inlelUgent, c'est d*avoir la perpétuelle vision du monde supé- » rieur devant lui comme bot. Je veux donc rimsfâgnement reli* » gienx, renseignement de FEgUse, mab non d*un parti; rcnsei* » gnenientsincère,mai8 non pas bjrpoerite, ayant pour but le del » et non pas la terre,
• J'ouvre sur les séminaires, sur les oon ^galions , rœil de » PEtat, de TEtut de laiqne, cntendes-vous, de PElat surveillant n Punitc nationale. Je neveux renseignement de l'Eglise que dans » l'Eglise. Je regarde comme dérisoire la sorveilianoe duclergésur » les établissements du clergé. Je veux, en un mot, ce que voulaient
• nos pères : l'Eglise cliez elle, et TEtatchez lui.
» La loi est une loi strntcgiquo du parti clérical. Je ne parle
• pas ici au vénérable cvéquedeLangrcs; on sait qu'il est partisan ^ de la liberté de l'enseigt^ement. Je m'adresse au parti clérical. » Est-il dans cette assemblée? Il est partout, etcomme il arorcille
• fine, il m'entendra* t
LB CONSKILLSa OU PIlIPLI
(« Je nradressc au parti clérical et je lui dis: « Je me défie de vous ■ je ne veux pas vous confier les dcveloppemcnls des gêné* râlions nouvelles j je ne. veux pas vous livrer Taveiiir de laFraaoe; vous le confier , ce serait vous le livrer.
» Il ne suiïil pas que les générations nouvelles nous succèdent^ je suis de ceux qui veulent (ju'elles nous continuent.
« Et voilà pourquoi , h'unmes du parti clérical , je ne veux pas une loi de votre main; je ne veux pas que ce que nos pères ont fait vous puissiez le défaire après uousî je ne veux pasqu*après cette loi en vienne une autre.
u Votre loi a un tort, c'est de dire une chose et d*en faire une autre. C'est la confiscation intitulée damnation. C'est votre habitude. Chaque fois que vous forgez une chaîne, vous dites que c'est une liberté j chaque fois que vous décrétez !ine proscription y vous l'appelez amnistie. ( Ajqjlaudissements à gauche).
«Oh! sur ce point, jesuis pleinementde Pavis du vénérable évéque de Langres : je ne confonds pas l'Eglise avec le parti clérical , pas plus que je ne confonds le gui avec le ehcne. Le parti clérical est la maladie de TEglise. (Interruption). »
Toutes les intelligences dVlite sont nécessairement destinées àse rencontrer dans la région supérieure de la vérité* Jcfferson comme Victor Hugo , Washington comme Lamartine.
Dcja , par cette grave question de l'enseignement qui agite si vivement les esprits depuis dix ans ^ M. de Lamartine avait promulgué les véritables principes de liberté. Il peut être utile de rappeler en ce moment ces principes :
« Pourquoi avait-on tenté une transaction et un partage impraticable de l'empire entre l'Eglise et l'Etat ? Le voici. (Test que l'a* mour de la vérité avait cédé , dans l'Eglise et dans l'Etat , à Pamour de la paix c'est que ni Tun ni l'autre n^ont eu assez de foi pour se résoudre à vivre dans leur indépendance , l'Eglise de sa foi religieuse , l'Etat de sa foi civile , et qu'ils se sont dit tacite* ment : Allions-nous pour subsister cmscmhle. Vous , Eglise , prétez-moi votre ascendant religieux pour moraliser €t discipliner les peuples ! Votts , fitât , prétes-moi votre autorité morale, fetre adminisUiitioii, votre lé^Htôet vea subventions pécttiifairaa,|)Ottr maintenir ma tlomlnation sur les âmes et pour perpétuer mon étaliUaaeiBeiit temporel. — Celait une faiblesse de la part de rJSglise , one faiblesse aussi de la part de Pfitat.
« Simonie des deux paris !
• Ces<leoxfaible8sesseeompreDiient.L*Egli8e sortait d*toe persé* CQtlon, et se trouvait heurruse de s^abritcr modelte et docile sOus le pouvoir civil qui lui offrait protcrtion* L*Btat sortait de Pinarcliieet devait remonter avecardeur vers la source de tout ordre et de toute morale, la religion. L*unionétaitprofanedela part der£-
Digitizea by LiCJOgle
EL COKS£ILI.BB DC P&t'PLB.
gliso; hypocrite de la part deTEtat. Elle manquait à la foi el h la raison tout ensenih'e ; mais elle étaitpolilique. Elle se fit; pouvait-elle vivnî sans que la raison fut sacrifice à l'Eglise contrainte par ]v pouvoir civil ? Pouvait-elle durer sans que TElat ou TEglise fussent absorbés Tun par Tautre, ou sans que la guerre intestine et sourde se déclarât entre les deux puissances?
« Evidemment , non , et c*est ce que nous commençons à voir aujourd'hui.
* L'Eglise dit: Le culte c'est la foi , la foi c'est l'enseignement. \'ûus m'avez donné le culte, vous me devez l'enseignement. Rien de plus rigoureusement logique.
L'Etat dit: L'enseignement c'est l'homme, l'enseignement cVst l'esprit humain j si je vous livre l'enseignement , je vous livn* l'homme, je vous livre l'esprit humain, je vous livre la civilisalion tout entière, en un mot j'abdique. Un certain scrupule me retient encore. Je veux bien vous en livrer les neuf dixièmes, je veux bien vous livrer, par exemple , tout renseignement religieux, tout l'enseignement domestique ; tout renseignement populaire des premières années de l'homme jusqu'à seize ans ; mais laissezmoi renseignement transcendant , l'enseignement public , l'enseipiemcnt, pour ainsi dire, civil. Cela m'appartient du moins. — l/Ei;lise réplique : Non ! L'esprit est à vous; mais je vous réponds des âmes. Si vous ne me laissez pas examiner vos doctrines et contrôler la foi de vos professeurs, je refuse le concours, je me sépare de vous, je ne vous prête plus mon ministère dans vos collèges. — Et encore ici l'Eglise, consciencieuse et convaincue, a raison. Car si elle croit, elle ne peut pas jouer une comédie sacrée en assistant de sa présence l'Etat dans une œuvre qu'elle dit être la perversion de sa foi, ni couvrir complaisammenl de son manteau les fraudes de renseignement philosophique qui lui dérobe ses âmes entre le pupitre et Tautel. C'est indigne d'elle, c'est se jouer des hommes, c*es( trafiquer des enfants, c*est vendre Dieu ! Ses ministres le sentent, et ils protestent en attendant qu'ils frappent. La politique pcuts*en affliger, la foi ne peut que s'en applaudir, et la raison ne peut que s*en féliciter. Ces ministres sont respectables dans leur vigilance, ils sont dans leur droit devant Dieu. Sealraient il» oublient une chose : cVst que, dans h feiufe situation qo*ib ont aœeptée, ils ne sont pas dansleor droit dans TEtat. Ils veulent faire usage de leur liberté, ils ne sont plus libres. Ils ont fait un paete avee ITtat et ils revivent une sonctfon et des trénn du poôvoir eivil , les eontrats sont réciproques. Quand on consent à recevoir, on consent à donner. Quand on a aliéné une part de sa liberté pour un salaire , on ne Ta plus tout entière. 8î PEtat est enchaîné, vous Tètes aussi! SU vous doit les cathédra-
LB eoXSBILLIft OD PlUFLI*
les, les Ovéchés , les trente millions de trailements religieux , les vingt mille séminaristes, les cent millions de propriclé de mainmorte, la nomination aux diocèses, Texécution du concordat , I» protection de vos cérémonies publiques, rempire incontesté de la famille et le règne par la foi; vous lui devez le culte , voilà tout î De deux choses Tune , ou il faut le déchirer ou il faut le tenir. Si vous le tenez , vous abdiquez une partie de la force et de la dignitr de votre foi. Vous avez un autre mattre que Dieu , vous comptez avec le souverain. Si vous le déchirez , vous renoncez h la force des hommes pour vous réfugier dans la force de Dieu. Voyons ce qui vaut mieux pour vous, ponr TElat, pour la foi, pour la raison , pour la conscience, pour renseignement , pour la moralehumaine , ou de cette union politique qui enchaîne TElat à TEglisc , la foi à la raison , la tradition à l'examen , le mouvement à rimmobilitc , ou de rcmancipation frandie et complète des deux pouvoirs, o
El M. de Lamartine conclut à la séparation complète et entière derEgliscet deTEtat ; nous sommes convaincus que la démocratie, le jour où elle aura Tesprit suifîsamoient rassis pour bien juger ce problème, adoptera cette solution.
Le débat qui s'est ouvert sur la première lecture de la loi d'in slructioo publique a été le grand événement parlementaire du mois de janvier. Aprci la disculion générale, TAssemblce a passé aune forte majorilé à une seconde lecture.
LWssemblée a discuté ensuite un projet de loi pour transporter en Algérie les insurgés de juin. Ce projet, qui a vivement excité les passions de part et d'autre, a été volé.
Après ce vole, TAssemblée a repoussé le principe de lu gratuité de renseignement que l'Assemblée constituante avait admis en une certaine mesure pour l'Ecole polytechnique.
Au milieu de celle mêlée parlementaire, qui a exclusivement occupé les esprits pendnnl un instant, la politique cxlcrit ure se rassied, le conflit de la Russie et de la Turquie s'apaise. TEurofJC respire, le Piémont se résigne à acceplcr les conditions de TAutricht'. Le cabinet anglais a remis une note menaçante à Athènes pour exiger le montant de la créance. D'un aulrc côté, le gouvernement autrichien et prussien ont demandé conjointement à la Suisfc rexpulsion des réfugiés Italiens et Allemands qui se trouvent sur son territoire.
Nous ne pensons pas que ces diverses demandes puissent amener des complications sérieuses dans nos relations extérieures. Les Etats ODttropbesoin de repos pourallerchercherlégèrementdf s occasions de coliisions. Tous sont obérés. La Russie, pourcouvrirsesderniers friis d'armement, a été obligée desouscrireà Londres on emprunt.
LB CONSEILLER Dt' PELPLK.
Voici la lettre que Cobden, le grand agitateur de la paix, a cru devoir écrire à ce sujet aux journaux anglais :
u Un nouvel outrage est fait au sens moral du monde civilisé : on dit qu'un emprunt russe va être contracté à Londres, Les hordes cosaques ont achevé leur mission en Hongrie ; témoin ces champs ravagés, ces villages fumants et ces échafauds couverts du sang des plus nobles patriotes. Et maintenant les sauvages instruments de toutes ces dévastations et de ces meurtres viennent demander leurs gages à grand cris ! ^
« Anglais, les capitalistes de Londres vont; il paraît, fournir le prix du sang. S'il en est ainsi, pour l'honneur de notre époque et de nos pays chrétiens, faisons enteiulrc une protestation formelle • contre cette profane et infâme transaclion. Le Comité du congrès de la paix, chargé de faire triompher la résolution prise à Paris pour condamner de pareils emprunts, provoquera, je l'espère, un meeting public dans la Cité, et je m'y rendrai avec joie. Que ce soit le plus tôt possible, vendredi ou samedi au plus tard. •
Nous reproduisons cette lettre comme un témoignage curieux de l'impression qu'ont laissée, en Angleterre, les exécutions de la Hongrie. Evidemment, il se forme partout, en Europe, un grand parti libéral également hostile aux excès du despotisme et aux débordements de Tanarchic. Ce parti ne doit cependant pas oublier que Tiodignation doit avoir, elle aussi, sa gravité de langage.
CONSEILLER DU PËIPLE
JOURNAL
M. A. DE LAMARTINE
FÉVRIER 18bO.
BRUXELLES
KIESSLING ET COMPAGNIE,
26, MoQlagne de la Cour.
Digitizea by Goôgle
LB