‹ Le conseiller du peuple ou Réflexions adressées aux Canadiens-français [microforme]Chapitre 11 sur 39 · EE ET EE · texte numérisé non relu

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pouvait absorber mais ne pouvait rien gagner, la moisson était donc négligée, de même que tous les autres travanx indispensables pour exploiter une terre. Bientôt, celle-ci ne rendit plus aussi abondamment, bientôt elle ne suffit plus aux besoins de cette famille à qui la politique n'arportait rien; les dettes s'accumulaient, les créanciers s’impatientaient ; bref, il fallut vendre cette magmfique terre, abandon-

ner une belle paroisse et aller s'enfoncer dans

le bois, pour exploiter une terre neuve.

Vous allez croire sans doute que cette leçon füt efficace, qu'elle dût guérir mon homme pour toujours de la maladie qui le consumait. Nullement, cette fièvre est incurable. Dans sa nouvelle position, quand la fureur de rejoindre ses illustres camarades le prenait, 1] quittait tout, disparaissait soudainement, et n’hésitait pas à parcourir à pied une distance de plusieurs lheues pour aller traiter des grands intérêts du pays. Pendant cela la famille était dans la détresse et les affaires publiques, bien entendu, n'en allaient pas mieux. Le gouvernement, je pense bien, ne prenait pas acte de tout ce qui se débitait dans ces conciliabules. Que voulez-vous ! il paraît que ce brave homme trouvait un espèce de bonheur à sortir de la voie ordinaire où marche la classe des cultiva-

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teurs à laquelle il appartenait, 1l simaginait se donner par là une certaine importance, il prenait plaisir à se faire admirer par queiques badauds qui disaient : ‘“ Un tel, pour un habitant, c'est run homme qui parle bien.* 11 est vrai qu'en revanche les gens sages levaient les épaules en disant : ‘“ Quelle tête singulièrement organisée !” Et en effet, cet homme n'aurait-il pas eu plus de profit en demeurant chez lui, en surveillant ses propres affaires ? Oui, mes amis, c'est Jà votre meilleure polit.que ; après avoir appris vos devoirs de citoyen, l'usage que vous devez faire de votre droit de suffrage pour vous assurer un bon gouvernement, la politique qui

vous sera la plus avantageuse consiste à bien .

cultiver votre champ, à vous acquérir une honnête aisance pour vous et vos familles ; sur vos vieux jours vous recuillerez de cette sage conduite quelque chose de plus substantiel que ce que vous pourriez gagner dans la carrière politique où vous n'êtes pas appelés.

Cependant la fureur de s'occuper de politique a des résultats encore plus désastreux que celui dont nous venons de citer un exemple.

Si un homme, ainsi égaré ne se faisait du tort qu'à lui-même et à sa famille, ce ne serait que demi mal. Mais qu’arrive-t11 ? C'est qu'un sot en trouve toujours de las sots que lui pour

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l'admirer. On parle de choses que l’on ne connaît pas, on s'échauffe, on fait des dupes qui donnent tête baissée dans toutes les fausses doc‘'ines ‘ue l’on prêche : alors nne espèce de vert: ‘eruipare des populations qui sont prètes : :& iivrer aux plus déplorables excès et sans pouvoir readre compte du dessein qu'elles poursuivent, sans peser les conséquences de leurs écarts. C’est ainsi qu'on arrive aux révolutions sans s’en défier. Quand on aperçoit son erreur iil est trop tard, le mal n'a plus de remède.

Le mot politique dans la bouche des ennemis du peuple est un agent puissant, c'est un mot magique et dont on fait un étrange abus, un mot à l’aide duquel on engage le peuple dans Ces voies funestes à son bien être social. On commence par poser en principe que la religion n’a rien à jaire dans la politique, puis ensuite on couvre tous ses procédés du mot politique, on affirme qu'on veut se renfermer strictement dans les limites de la politique, on se retranche derrière ce rempart et là on prétend qu'on ne peut être attaqué. C’est ainsi qu'on trouve le moyen d'étouffer la voix delareligion qu'on accuse de sortir de ses attributions quand elle parle. Une fois qu’on a fait goûter cette doctrineau peupile,que le flambeau dela

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toi a’éclaire plus ses pas, qu’on l’a rendu sourd à la voix de la religion et à son enseignement, on le fait marcher d’un pas rapide à sa perte,

Puis remarquez bien comme le langage de vos ennemis est toujours vague. La religion na rien à faire dans la politique. Mais vous disent.ils ce que l’on doit entendre pr r politique ? ils s’en gardent bien. La poiti. 1e est l'art de gouverner les peuples, avez nous dit, Or, pourrait-il se faire que Dieu et sin église qui est son organe ici bas, ne fuss ‘nt pour rien dans le gouvernement du monde. Est-ce que les actes de ceux qui gouvernent les peuples ne sont pas soumis aux lois éternelles dela justice et de la morale. S'ils le sont, ne voyezvous pas l’union qui existe entre l’administration du pouvoir politique et la religion ? Est-ce que les gouvernants pourraient fouler au pieds la justice, tyranniser leurs sujets, ceux-ci se révolter injustement contre l'autorité légitime, sans qu'il fût permis à la religiou d'élever la la voix et de condamner ces désordres ? Comment ! vous voulez bannir la religion du domaine de la politique—la religion qui a civilisé le monde—qui a fait disparaître l’esclavage— qui a réhabilité la femme dans ses droits—sauvé la famille, qui—en un mot, a changé la face de la terre—et sans laquelle les hommes privés

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