‹ Le conseiller du peuple ou Réflexions adressées aux Canadiens-français [microforme]Chapitre 32 sur 39 · id | 14 |‘ [114 { FE BE · texte numérisé non relu

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216 LE CONSEITLER

nous ont porté de rudes coups, il nous reste une planche de salut, un remède, mais un remède puissant—la Religion; n’allons pas stupidement nous en départir.

L'oubli de nos devoirs à eu de tristes résultats sur notre bien-être social ; à moins qu'on apporte un remède prompt, efficace aux maux qui déjà rongent la société, bientôt on comptera peu de propriétaires parmi les Canadiens- Français ; leurs biens seront fixés entre ies mains d'étrangers tandis qu'eux, les premiers maitres, seront exilés sur une terre étrangère, au service des Yankees, ou réduits à la dernière misère dans leur propre pays. Ce sol dé- ‘friché par leurs pères et qui devait être leur héritage sera passé à quelques mains étrangères,

Et vous le savez; c'est un grand malheur pour un pays que le sol soit la propriété d’un petit nombre seulement. Rien de plus préjudiciable à sa paix ct à sa tranquillité, comme rien n’assure si bien l’ordre, le bonheur dans une société qne la possession du territoire par la masse de ses habitants. Les êtres turbulents qui fomentent les révolutions ne sont guère les propriétaires qui n'ont rien à gagner et tout à perdre dans ces grandes catastrophes qui boulversent les sociétés. Un citoyen qui a beaucoup tra-

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vaillé pour acquérir une propriété, a à cœur de la conserver. Mais celui qui n’a rien et qui vit au sein d’une société misérable, composée en grande partie de prolétaires toujours disposés à prendre part à tout ce qui tend au désordre, celui qui n'ayant rien, ne court aucun risque de ri:n perdre, celui-là, disons-nous, aime les grandes commotions sociales, il aime la confusion à l’aide de laquelle il espère pouvoir se ruer sur le bien de son voisin. C’est ainsi que les révolutions sont toujours plus à craindre et plus fréquentes dans les sociétés où la masse du peuple ne possède aucune partie du sol. Elles sont préparées par les gredins gene: de plumes, mais qui ne vont jamais plus loin que la porte de leur bureau, et c’est le peuple, qui a été perverti par leurs mauvaises doctrines, qui se charge lui de mettre les théories en pratique, comme c’est lui aussi qui est toujours la victime de ces doctrines funestes et des révolutions qui en sont les conséquences. Il finit toujours par payer de ses peines ou de son sang.

Vous voyez, mes amis, où vous conduiraient les désordres que nous venons de signaler. Le danger vous paraît sans doute encore dans un avenir lointain ; toutefois conjurez le tandis que vous le pouvez, changez de direction, évitez ce

qui peut compromettre votre avenir, emparezvous du sol, conservez précieusement au prix d'un travail constant les propriétés que vous possédez pour les transmettre à vos enfants, et par dessus tout conservez encore plus précieusement, au prix de n'importe quel sacrifice les bons principes, les nobles traditions que vous avez reçues de vos pères et qui peuvent assurer l'existence et le bonheur de la race Canadienne-française dans ce pays.

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