‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 114 sur 115 · ÉPITRE AUX ÉLECTEURS · texte numérisé non relu

ÉPITRE AUX ÉLECTEURS

Par un AMI de la Charte et du Roi.

Voici encore une de ces mille et une brochures que personne ne lit.

C'est une doléance ministérielle, en forme d'é-

pître, dont le but est d'éclairer l'opinion des éiec-

70 teurs. Feu le pauvre chevalier du Juste milieu ne

tint jamais la balance plus égale que ce nouvel

ami de la Charte et du Roi ; son style n'est ni froid,

* Sig-né à la table seulement.

ni chaud; ni grave, ni doux; ni plaisant, ni sévère; ses opinions paraissent être une espèce de terme 75 moyen entre le vrai et le faux, le bien et le mal; c'est-à-dire, qu'à proprement parler, l'auteur n'a pas plus de style que d'opinion.

Si d'un côté il crie aux électeurs^

Aux cris que pousse à droite un orgueil en délire, 80 Opposez la pitié que la faiblesse inspire.

De l'autre, il dit :

A gauche, méprisez des tribuns factieux

Qui vous entraîneraient dans l'abîme avec eux.

Puis,

85 L'un, des lis et du trône outrageant la bannière. Aux antiques abus veut ouvrir la barrière.

Et plus bas,

L'autre, pour liberté, nous offrant la licence. Vers le joug d'un tyran marche avec insolence.

90 Courage, monsieur le ministériel,

En bon ami de cour, N'en épargnez aucun, que chacun ait son tour.

L'auteur a beau se cacher sous le voile de l'anonyme, sa manière le trahit; on reconnaît en lui, 95 sinon l'ami de la Charte et du Roi, du moins l'élève et l'admirateur du premier joueur de bascule du siècle. On peut même dire à la louange du disciple, que, sans avoir encore l'étonnante prestesse

et l'admirable dextérité de son maître, il manie

100 toutefois assez joliment l'instrument ministériel.

Un vers passable sur cinquante mauvais ne forme

pas une juste compensation; telle est cependant la

proportion qu'a observée dans son poème le génie

spéculatif du poète. Quoi de plus difficile que de

io5 garder constamment l'équilibre !

On a demandé souvent : Qu'est-ce qu'un ministériel ? Et cette question est restée sans réponse. Si vous voulez cependant avoir une idée exacte d'une épître aux électeurs, écrite par un homme iio de cette trempe, figurez-vous des vers où, à l'esprit sémillant du Journal de Paris, se trouvent réunies la gaieté du Moniteur et la clarté du défunt Courrier.

^*^ On vient de publier un ouvrage intitulé : His- 1 1 5 toire des Ministres favoris anciens et modernes. M . Vignon, rue d'Aguesseau, n° 12, jaloux de repousser d'avance toute inculpation de plagiat, nous écrit pour nous prier d'annoncer qu'il s'occupe depuis plusieurs années d'un ouvrage intitulé : Histoire 120 ministérielle de France, depuis V origine de la monarchie jusquà nos jours. Cet ouvrage sera publié par livraisons, et le premier volume, qui paraîtra cette année, contiendra l'histoire des maires du Palais, ministres des rois de la première race.

Pages. Introduction v

POESIE

L'Enrôleur politique, satire ; par M. Victor-Marie Hugo. 3 Les Vierges de Verdun, ode couronnée en 1819 par l'Aca-

cadémie des Jeux floraux ; par M. V.-M. Hugo 53

L'Avarice et l'Envie, conte ; par M. V. d'ÂuvERNEY 61

Épitre à Brutiis (Les Vous et les Tu) ; par Aristide 109

Stances à Thaliarqiie ; par M. Eugène Hugo 114

Élégie ; par M. J.-J. Réda ii5

Épigramme ; par M. D. Monières 116

Cacus (Extrait d'une traduction inédite de VÉnéide) ; par

M. V. d'AuVERNEY i63

Les Destins de la Vendée, ode dédiée à M. le vicomte de

Chateaubriand ; par M. V.-M. Hugo 219

Épigramme sur le défunt Mercure; par M. D. Monières. 224 Achéménide (Extrait d'une traduction inédite de rjÉ"-

néide) ; par M. V. d'AuvERNEV 275

Le Désespoir d'Amour, conte; par M. J.-J. Réda 281

PROSE

Du Génie (E.) 167

Le Duel du Précipice, poésie erse (E.) 225

LITTERATURES ÉTRANGÈRES

Littérature anglaise. — Walter Scott. L'Officier de fortune, la Fiancée de Lammermoor (M.) 63

Littérature espagnole. — Juan Melendez Valdes. Poe-

sias escogidas (A.) 285

Essai sur l'Indifférence en matière de religion-, par F. de

La Mennais (D.-B.) 1 1

Œuvres complètes d'André de Chénier (E.) i8

L'Observateur au dix-neuvième siècle; par A,-J.-G. Saint-

Prosper (G. S'-M.) 29

La Jérusalem délivrée; par Baour-Lormian, de l'Acadé-

mie française. — 1" art. (A.) 73

Les Vêpres siciliennes. — Louis IX. — 1" art, (V.) 83

La Panhypocrisiade, comédie épique; par N.-L. Lemer-

ciER, de l'Académie française. — 1" art. (A.) 117

L'Esprit du G?'and Corneille; par le comte François de

Neufchateau, de l'Académie française (M.) 124

De l'Éloquence politique; par P.-S. Laurentie. — 1" art.

La Jérusalem délivrée ; par Baour-Lormian, de l'Académie française. — 2« et dernier art. (A.) 171

Lettres sur la nouvelle traduction de la Jérusalem. —

Observations sur le même ouvrage; par G.-G, (A.) 177

Les Vêpres siciliennes. — Louis IX. — 2' et dernier art.

Réflexions morales et politiques sur les avantages de la

monarchie ; par M"" G. de M***. — i" art. (B.) 193

La Panhypocrisiade, comédie épique ; par N.-L. Lemer-

ciER, de l'Académie française. — 1* et dernier art.

Histoire de France; par Vély, Villaret, Garnier et Du-

FAU. — I" art. (E.) 236

Trois Messéniennes, suivies de Deux Élégies sur Jeanne

d'Arc ; par G. Delavigne (S.) 246

La Famille Lillers; par A.-J.-G. Saint-Prosper, tome I"

Phocion, tragrédie ; par J.-G. Royou (H.) 267

Odes choisies ; par le comte de Vai.ori (S.) 293

Clovis, tragédie; par N.-L. Lemercier, de l'Institut (E.). . 298

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