ÉPITRE AUX ÉLECTEURS
Par un AMI de la Charte et du Roi.
Voici encore une de ces mille et une brochures que personne ne lit.
C'est une doléance ministérielle, en forme d'é-
pître, dont le but est d'éclairer l'opinion des éiec-
70 teurs. Feu le pauvre chevalier du Juste milieu ne
tint jamais la balance plus égale que ce nouvel
ami de la Charte et du Roi ; son style n'est ni froid,
* Sig-né à la table seulement.
ni chaud; ni grave, ni doux; ni plaisant, ni sévère; ses opinions paraissent être une espèce de terme 75 moyen entre le vrai et le faux, le bien et le mal; c'est-à-dire, qu'à proprement parler, l'auteur n'a pas plus de style que d'opinion.
Si d'un côté il crie aux électeurs^
Aux cris que pousse à droite un orgueil en délire, 80 Opposez la pitié que la faiblesse inspire.
De l'autre, il dit :
A gauche, méprisez des tribuns factieux
Qui vous entraîneraient dans l'abîme avec eux.
Puis,
85 L'un, des lis et du trône outrageant la bannière. Aux antiques abus veut ouvrir la barrière.
Et plus bas,
L'autre, pour liberté, nous offrant la licence. Vers le joug d'un tyran marche avec insolence.
90 Courage, monsieur le ministériel,
En bon ami de cour, N'en épargnez aucun, que chacun ait son tour.
L'auteur a beau se cacher sous le voile de l'anonyme, sa manière le trahit; on reconnaît en lui, 95 sinon l'ami de la Charte et du Roi, du moins l'élève et l'admirateur du premier joueur de bascule du siècle. On peut même dire à la louange du disciple, que, sans avoir encore l'étonnante prestesse
et l'admirable dextérité de son maître, il manie
100 toutefois assez joliment l'instrument ministériel.
Un vers passable sur cinquante mauvais ne forme
pas une juste compensation; telle est cependant la
proportion qu'a observée dans son poème le génie
spéculatif du poète. Quoi de plus difficile que de
io5 garder constamment l'équilibre !
On a demandé souvent : Qu'est-ce qu'un ministériel ? Et cette question est restée sans réponse. Si vous voulez cependant avoir une idée exacte d'une épître aux électeurs, écrite par un homme iio de cette trempe, figurez-vous des vers où, à l'esprit sémillant du Journal de Paris, se trouvent réunies la gaieté du Moniteur et la clarté du défunt Courrier.
^*^ On vient de publier un ouvrage intitulé : His- 1 1 5 toire des Ministres favoris anciens et modernes. M . Vignon, rue d'Aguesseau, n° 12, jaloux de repousser d'avance toute inculpation de plagiat, nous écrit pour nous prier d'annoncer qu'il s'occupe depuis plusieurs années d'un ouvrage intitulé : Histoire 120 ministérielle de France, depuis V origine de la monarchie jusquà nos jours. Cet ouvrage sera publié par livraisons, et le premier volume, qui paraîtra cette année, contiendra l'histoire des maires du Palais, ministres des rois de la première race.
Pages. Introduction v
POESIE
L'Enrôleur politique, satire ; par M. Victor-Marie Hugo. 3 Les Vierges de Verdun, ode couronnée en 1819 par l'Aca-
cadémie des Jeux floraux ; par M. V.-M. Hugo 53
L'Avarice et l'Envie, conte ; par M. V. d'ÂuvERNEY 61
Épitre à Brutiis (Les Vous et les Tu) ; par Aristide 109
Stances à Thaliarqiie ; par M. Eugène Hugo 114
Élégie ; par M. J.-J. Réda ii5
Épigramme ; par M. D. Monières 116
Cacus (Extrait d'une traduction inédite de VÉnéide) ; par
M. V. d'AuVERNEY i63
Les Destins de la Vendée, ode dédiée à M. le vicomte de
Chateaubriand ; par M. V.-M. Hugo 219
Épigramme sur le défunt Mercure; par M. D. Monières. 224 Achéménide (Extrait d'une traduction inédite de rjÉ"-
néide) ; par M. V. d'AuvERNEV 275
Le Désespoir d'Amour, conte; par M. J.-J. Réda 281
PROSE
Du Génie (E.) 167
Le Duel du Précipice, poésie erse (E.) 225
LITTERATURES ÉTRANGÈRES
Littérature anglaise. — Walter Scott. L'Officier de fortune, la Fiancée de Lammermoor (M.) 63
Littérature espagnole. — Juan Melendez Valdes. Poe-
sias escogidas (A.) 285
Essai sur l'Indifférence en matière de religion-, par F. de
La Mennais (D.-B.) 1 1
Œuvres complètes d'André de Chénier (E.) i8
L'Observateur au dix-neuvième siècle; par A,-J.-G. Saint-
Prosper (G. S'-M.) 29
La Jérusalem délivrée; par Baour-Lormian, de l'Acadé-
mie française. — 1" art. (A.) 73
Les Vêpres siciliennes. — Louis IX. — 1" art, (V.) 83
La Panhypocrisiade, comédie épique; par N.-L. Lemer-
ciER, de l'Académie française. — 1" art. (A.) 117
L'Esprit du G?'and Corneille; par le comte François de
Neufchateau, de l'Académie française (M.) 124
De l'Éloquence politique; par P.-S. Laurentie. — 1" art.
La Jérusalem délivrée ; par Baour-Lormian, de l'Académie française. — 2« et dernier art. (A.) 171
Lettres sur la nouvelle traduction de la Jérusalem. —
Observations sur le même ouvrage; par G.-G, (A.) 177
Les Vêpres siciliennes. — Louis IX. — 2' et dernier art.
Réflexions morales et politiques sur les avantages de la
monarchie ; par M"" G. de M***. — i" art. (B.) 193
La Panhypocrisiade, comédie épique ; par N.-L. Lemer-
ciER, de l'Académie française. — 1* et dernier art.
Histoire de France; par Vély, Villaret, Garnier et Du-
FAU. — I" art. (E.) 236
Trois Messéniennes, suivies de Deux Élégies sur Jeanne
d'Arc ; par G. Delavigne (S.) 246
La Famille Lillers; par A.-J.-G. Saint-Prosper, tome I"
Phocion, tragrédie ; par J.-G. Royou (H.) 267
Odes choisies ; par le comte de Vai.ori (S.) 293
Clovis, tragédie; par N.-L. Lemercier, de l'Institut (E.). . 298