‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 12 sur 115 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

muses envahi par la politique, ils se sont retirés dans la solitude de leur cabinet... Parmi ces âmes fortes, il faut sans doute placer au premier rang les éditeurs du Conservateur littéraire. Vainement leur criait-on de toute part : Vous voulez faire paraître un nouvel écrit périodique; qu'il traite de politique ou vous ne serez pas lus... Ils sont restés fermes au milieu de la corruption et leur Conservateur est tout littéraire*. »

Prudent, le Conservateur politique mêla, le 3 mars, quelques restrictions à ses éloges^. Ces néophytes l'inquiétaient un peu. Leur doctrine certes était inattaquable, mais la jeunesse a toutes les audaces; ils en prenaient à l'aise avec les gloires consacrées ; Ancelot méritait plus de respect... Sur Victor Hugo, cette prophétie : « C'est surtout vers la satire que son talent paraît se porter. »

Il est naturel qu'Agier goûte particulièrement la verve antilibérale de l'Enrôleur. Sur ce terrain, ces jeunes gens se font les humbles servants de la grande revue royaliste. Leur fermeté politique ne se dément pas. Tout leur est occasion de proclamer leur foi : grand royaliste, grand chrétien, grand écrivain, ce sont là pour eux des qualités solidaires. Le culte qu'ils professent pour Chateaubriand s'adresse aux idées qu'il représente, plus encore qu'à luimême. Les Mémoires sur le duc de Berry apparaissent le couronnement de son œuvre entier^

Par contre, en matière d'art, ils évitent de se prononcer. Les premières polémiques du romantisme les trouvent défiants*. Ils se gardent de tout parti pris; aucun pro-

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