‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 13 sur 115 · Article de V. Hug-o, t. II, livr · texte numérisé non relu

Article de V. Hug-o, t. II, livr

4. « On disait autour de nous, au théâtre, que cette tragédie [la Marie Stiiart de Lebrun] n'était pas du genre classique mais du genre romantique; nous n'avons jamais compris cette distinction. Les pièces de Shakespeare et de Schiller ne diffèrent des pièces de Corneille et de Racine qu'en ce

INTRODUCTION. XVIt

gramme ambitieux. Pour rencontrer une déclaration de principes un peu nette, il faut arriver à la dix-septième livraison*. Dès les premières pages cependant, un air de jeunesse et de vivacité, quelque chose de libre, de spontané, de généreux aussi. S'ils ne se sont pas attachés à une doctrine, on sent à merveille ce qu'ils ont en aversion : la médiocrité sous toutes ses formes, la solennité pédante, la rhétorique surannée de l'école impériale avec ses exclamations, ses métaphores, ses enthousiasmes figés, son « ramage mélodieux* ». A cette élégance banale ils préfèrent la brutalité, même triviale, mais vivante^ Certaines affirmations reviennent avec insistance : des vers durs plutôt que des vers faibles ; — un versificateur n'est pas un poète ; — le génie peut être monstrueux et ridicule, non pas médiocre ; — toute passion est éloquente ; — « les grandes passions font les grands hommes.... de même qu'il y a des passions plus ou moins fortes, de même il existe divers degrés de génie... » ; — « la poésie ne vit que de sentiments et de transports... »*.

Il est facile de reconnaître ici l'influence de Rousseau, « si éloquent, si malheureux, si noblement trompé"' », — de Rousseau dont la revue ne parle guère qu'avec

qu'elles sont plus défectueuses... » (Article de V. Hugo, t. I, livr. 9.)

1. « On veut du romantique en vers et en prose. Les classiques désespérés, chassés de position en position, vont être avant peu forcés dans leurs derniers retranchements. La crise est imminente; ils le sentent, et chaque jour, en signe de détresse, ils tirent le canon d'alarme... » (Article signé S. sur Arindal ou les Bardes... par M. Auguste Bernède.)

2. Articles d'Abel Hugo sur la Jérusalem délivrée de Baour-Lormian, 2' et 4' livr.

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