‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 20 sur 115 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

sauf en ce qui concerne ses fils, est de caractère un peu négligent et, à deux reprises, en i8i3 et 1814, son frère a dû faire des démarches pour savoir ce qu'il advenait d'elle et du général*. Mais, en 1820, le moment semble venu pour un rapprochement dont le Conservateur littéraire sera l'occasion. Ses enfants, d'ailleurs, la dispensent de toute démarche. Le 20 avril, Abel écrit à son cousin Adolphe, en lui envoyant le premier volume : « Nous avons toujours désiré beaucoup connaître des parents dont notre mère ne nous a jamais parlé qu'avec éloge, et tu ne nous aurais pas écrit le premier que nous aurions saisi l'occasion du Conservateur pour faire connaissance avec toi ; on est si heureux de trouver des amis parmi les personnes qu'attachent déjà à nous les liens du sang... » Victor, le môme jour : « Je désire que le Conservateur soit lu avec quelque indulgence par nos bons parents de Nantes et j'espère que tu ne tarderas pas à nous donner des nouvelles de toute la famille... »

Dès lors, la correspondance continue sur le ton le plus affectueux, toute familière de la partd'Abel et de Victor, — un peu plus cérémonieuse, plus exaltée aussi, quand Eugène tient la plume. Et ce sont des causeries sur tous les sujets. Le jeune Nantais est ravi de cette intimité flatteuse. 11 prend modèle sur ses cousins; il partage leurs opinions politiques, il partage leurs goûts. Les études de droit auxquelles on le destine l'intéressent bien moins que les lettres ; il brûle de montrer ce dont il est capable, ïl se risque à des descriptions de paysages, à des récits d'excursions, et ses premiers essais sont accueillis avec cette bonne volonté attendrie qui sera à la mode dans le Cénacle. L'un d'eux surtout a été goûté : une description de l'abbaye de La Meilleraye. A l'unisson, les trois frères prodiguent des encouragements : a Continue toujours... (Abel.) — Continue, mon cher Adolphe, à nous donner

Voy. les lettres publ. par l'abbé Dubois, liv. cit.

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