ETC
^*^ On vient de mettre en vente deux poèmes épiques nouveaux. L'un est de M. Lebrun des Charmettes, et a pour titre : L'Orléanide, et pour sujet Jeanne d'Arc. L'autre intitulé : Solyme con- 5 quise par Titus, est de M. Desquiron Saint-Agnan. Nous rendrons compte de ces deux ouvrages,
^*^ Nous avons reçu la lettre suivante, et pour remplir les intentions de notre correspondant, nous croyons ne rien avoir mieux à faire que d'insérer 10 sa lettre dans le Conservateur littéraire. On y trouvera une bonhomie bien rare chez nos poètes modernes.
« Messieurs,
» J'ai soixante ans, j'habite la province où je suis i5 né, et je n'aurais probablement jamais quitté la maison paternelle sans un motif légitime. Celui qui m'amène à Paris est de faire imprimer un poème épique en vingt chants, de deux mille vers chaque, et que je recommanderai à votre bienveil- 30 lance lorsqu'il sera publié. Il est intitulé : La Conquête de l'empire de la Chine par les Tatars 'îMant-
r* LIVRAISON. — VARIÉTÉS, NOUVELLES^ ETC. 45
chous. Je VOUS fais connaître ce titre, dès à présent, afin qu'à l'occasion vous ayez la complaisance de dire, comme cela s'est pratiqué pour tel poème que
25 je pourrais citer : il nest bruit dans tous les salons que dun magnifique poème destiné à venger la France du reproche de manquer d'épopée, cest à \ qui recevra [37] r auteur pour lui entendre lire le 1 9" chant de son superbe poème. Vous pourriez même ajouter : Vam-
3o hassadeur de S. M. t empereur de la Chine en ayant entendu la lecture, et après avoir pris les ordres de sa cour, ajait re7nettre à r auteur une tabatière en or enrichie de brillants et Qrnée du portrait de S. M, chinoise. Ces petits mensonges ne font de mal à
35 personne, et font le plus grand bien à un pauvre auteur. Vous me feriez plaisir d'annoncer ensuite que je n'attends plus que des souscripteurs pour mettre au jour cet important ouvrage, et qu'on souscrit chez moi pour les deux volumes qui pa-
40 raîtront au i" janvier 1 821. Le prix est de i5 francs payés d'avance.
« Je suis, etc.
« Lelong,
« Poète épique, 4S « Rue du Grand-Hurleur, n* 110. »
^*^ M. Delavigne, auteur des Vêpres Siciliennes, vient de recevoir de la munificence royale une pension de 1.200 francs. On dit qu'une pareille somme sera partagée entre MM. Ancelot et D... d'Agen, 5o auteurs des deux tragédies de Saint Louis.
^*^ Les cours du Collège de France vont bientôt recommencer pour la jeunesse studieuse. Un des
rédacteurs de la Minerve, que l'on crut propre a enseigner la poésie latine, parce qu'il a fait de
55 mauvais vers français, prépare déjà le discours qu'il doit improviser dans cette circonstance. Ce professeur faible en humanités, mais fort en libéralisme, ce qui vaut bien mieux pour expliquer VEnéide, ne manquera | pas de parler de mission-
60 naires à propos de pius Eneas. 11 ne laissera point passer la description de la tempête qu'essuie le fils d'Anchise, sans faire une touchante allusion au vaisseau de l'état battu par l'orage, car des vents ennemis soufflent sur la loi des élections.
65 **^ A vendre. — Fonds de littérature.
Un homme de lettres, connu par de nombreuses productions, désire vendre son cabinet.
On y trouve une collection complète de documents sur toutes les parties des connaissances 70 humaines, extraits des meilleurs auteurs, et copiés sur de petits carrés de papier qui sont enfilés par ordre de matières dans de petites broches de fer. Le détail de quelques-unes de ces broches fera connaître cette précieuse collection.
75 Broche des oiseaux.
Id. des poissons, le grand serpent de mer
compris.
Id. des roses. Id. des coutumes anglaises.
80 Id. des Flibustiers.
Id. des chiens célèbres, Munito et le chien de Terre-Neuve y viennent d'être ajoutés.
Id. de la vertu conjugale depuis Lucrèce.
r' LIVRAISON. — VARIÉTÉS, NOUVELLES, ETC. 47
Broche du désintéressement; broche peu garnie. 85 Id. de la bravoure. (Cet article, comprenant les campagnes de toutes les armées françaises, occupe plusieurs broches.) Id. de la cuisine des anciens, etc., etc.
L'homme le moins intelligent peut, à l'aide d'un 90 répertoire, et sans peine, confectionner de suite tous les ou|vrages d'éducation et autres qui lui se- {391 raient commandés. Il suffit de copier textuellement à la suite les uns des autres les documents conservés sur ces petites broches à l'article demandé. 95 L'homme de lettres qui désire vendre ce fonds de littérature n'a pas employé d'autre moyen pour la confection des nombreux ouvrages qui lui ont été commandés et dont aucun n'est resté invendu. On pourra traiter avec lui de divers ouvrages 100 qu'il a à fournir, et dont il désirerait sous-affermer la fourniture.
S'adresser à M. Gh" Boneau, rue des Mauvaises- Paroles, n" I.