‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 9 sur 115 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

débuts triomphanfe! En mai, il obtient ses premiers succès aux Jeux Floraux, soulignés en juillet par l'article du Lycée français. En septembre, l'ode les Destins de la Vendée soulève les colères du Courrier et de la Renommée^. Mais le poète n'est pas ému de quelques railleries ; il réplique en octobre par la satire le Télégraphe. « Voici un jeune homme, écrit La Quotidienne, qui ne se laisse pas effrayer par le discrédit où est tombée la poésie. Il entre dans la carrière en brave chevalier et armé de toutes pièces... M. Hugo annonce de grandes dispositions et un véritable talent pour la poésie; nous l'engageons à poursuivre; les bons vers et les nobles sentiments, quoi qu'en puissent dire MM. les libéraux, seront toujours bien reçus en France'... » Déjà Victor Hugo a pris position comme poète, il a choisi son parti, il a soulevé des polémiques. Le Conservateur littéraire, en décembre, ne peut passer inaperçu.

Et c'est l'année encore des belles espérances d'amour. On connaît les débuts de l'idylle et comment Adèle et Victor se sont trouvés engagés l'un à l'autre. Le 26 avril, les paroles décisives ont été prononcées, — avec quelle émotion presque religieuse! « Je ne vis au bonheur et au malheur que depuis ce moment-là », dira-t-il deux ans plus tard'. Durant les soirées silencieuses de l'hôtel Toulouse, le jeune poète s'abandonne à ses rêves d'avenir. Il a désormais une raison nouvelle — plus puissante — de conquérir la gloire. Des difficultés sont à surmonter, mais son courage ne s'effraie pas. Sa jeune revue lui sera précieuse encore pour en imposera l'humeur un peu

1. « Tant que M. Hugo chantera sur ce ton, il ne fera la réputation de personne, pas même la sienne. La trompette de M. Hugo n'est pas celle du jugement dernier; nous la croyons propre à endormir les vivants, mais non pas à réveiller les morts... » (La Renommée, 3 octobre 1819.)

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