‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 8 sur 115 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

suffisait plus de s'amuser à quelques traductions, ou de copier sur des cahiers jalousement conservés de nobles alexandrins. Pour s'imposer, un journal aurait un autre pouvoir...

Le 25 janvier, Abel, Eugène et Victor signèrent avec J.-J. Ader et L.-A. Marteau un acte d'association. Il s'agissait de publier, sous le titre de Lettres bretonnes, un recueil hebdomadaire « sur les événements politiques et littéraires dignes de fixer l'attendon du public ». Voici, d'après M. G. Simon, la distribution de la madère, semblable à peu près à ce qu'elle sera dans le Conservateur : « Politique spéciale, sciences, questions politiques. — Littérature. — Mœurs. — Spectacles et nouvelles théâtrales. — Variétés, chronique et nouvelles du jour. — Poésie*. »

Les difficultés commencèrent quand il fallut trouver un éditeur. Abel avait une certaine expérience en la matière. En janvier 1817, il avait publié avec Ader et Malitourne cet amusant Traité du mélodrame qui est déjà comme une parodie de la future doctrine romantique; il croyait pouvoir compter sur son ancien imprimeur. Mais celui-ci, sans doute, se déroba et \es Lettres bretonnes ne furent jamais offertes à l'admiration des foules.

Le petit groupe cependant ne voulut pas se dissoudre. Eugène et Victor ayant quitté le collège en août, on organisa une série de réunions périodiques. Ce fut le Banquet littéraire... Médiocres banquets, à vrai dire, — 2 francs par tête, au restaurant Edon, rue de l'Ancienne-Gomédie. Mais des lectures accompagnaient les repas et c'était, au sens propre du mot, une manière de Cénacle. Le D' Véron se souvient avoir assisté à l'une de ces fêtes'.

Le Banquet littéraire semble avoir vécu jusqu'aux premiers jours de 1819. — 1819, l'année, pour Victor, des

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