Littéral, et Philos, mêlées, t. I, p
83 Beaucoup d'écrivains nous ont lassés — 84-86 cette originalité-là. Il faut aussi éviter de tirer — 92 et qui dernièrement encore
éloges. Le prologue du chap. vu du roman que nous annonçons, convaincra nos lecteurs que nos
\ !M louanges n'ont pas été plus grandes que le mérite du livre.
« Je ne puis m'empêcher de gémir sur la déplorable condition des sages ici-bas. 11 semble que le destin jaloux de la perfection à laquelle ils veu-
n: lent atteindre, ne soit occupé qu'à les placer dans des circonstances propres à démentir la sublimité de leurs doctrines. Ainsi un philosophe de l'antiquité* ose-t-il nier la douleur, à l'instant il est saisi de la goutte. L'austère Caton veut-il prouver
120 à sa république l'excellence du désintéressement; celle-ci, qu'il étourdissait depuis longtemps, l'envoie gouverner Chypre, et voilà que, malgré lui, il devient presque aussi riche qu'un ministre des finances, chargé de négocier des emprunts.
125 Un seul souverain' a la bonne pensée de faire un livre contre les conquêtes injustes : au moment même où toutes les fortes têtes de l'Europe sont dans l'extase, il est condamné, par l'intérêt de son peuple, à voler une province, que depuis il n'a
i3o jamais trouvé l'occasion de rendre. D'après des autorités aussi imposantes, mes lecteurs voudront bien pardonner à M. de Lillers, si quelquefois il paraît en contradiction avec ses théories ; ils examineront surtout, avant de décider, si ce n'est pas
i35 par un attachement trop scrupuleux à ces mêmes
théories, que l'honorable gentilhomme | semble [189] s'en écarter. Au reste, pour éviter tout jugement