‹ Le Conservatoire national de musique et de declamationChapitre 100 sur 473 · ANNEXES PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

ANNEXES PIÈCES JUSTIFICATIVES

A, Pièces relatives au citoyen Lays.

Extrait des procès- rerbaux de l'administration du Conservatoire. — Séance du 8 germinal an 7.

Les inspecteurs de l'enseignement transmettent à l'adminisl ration une lettre du citoyen Lays, professeur; suit la teneur de cette lettre :

Paris, le G germinal an 7.

Citoyens,

L'expérience me confirme tous les jours que ma place de professeur au Conservatoire de musique est incompatible avec mes études particulières et mes travaux dramatiques au Théâtre des Arts : je suis fâché d'être obligé de renoncer au plaisir que je me promettais de donner à votre établissement quelques élèves dignes de lui, veuillez bien agréer mes regrets, ainsi que les sentiments de considération que je vous porte. Salut et fraternité : Lays.

Voyant avec peine la retraite du citoyen Lays, l'administration, considérant la perte qui en résultera dans l'enseignement de la partie qu'il professe au Conservatoire, Arrête :

Le citoyen Lays sera invité à sacrifier à l'intérêt de son art l'incompatibilité qu'il annonce exister entre ses travaux dramatiques et l'exercice de ses fondions au Conservatoire de musique, en employant tous les moyens qui sont en son pouvoir pour concilier ces deux services; L'administration déclarant qu'elle n'acceptera la démission donnée par le citoyen Lays qu'avec le plus grand regret, et lorsque ce professeur aura médité de nouveau sur la possibilité de continuer ses fonctions au Conservatoire. La présente délibération sera adressée au citoyen Lays. Signé au procès-verbal : Lesueur, Martini, Méhul, Gossec, Cherdbim, Ernest Assmann, Méon, Duret, Sarrette , commissaire du Gouvernement.

Séance du a8 germinal an 7.

Le citoyen Lays répond à la transmission de l'arrêté précité par la lettre suivante sous la date du 22 germinal : Citoyens,

Je désire autant que vous continuer mes fonctions au Conservatoire , mais je vous réitère mes regrets que j'éprouve, depuis ma rentrée au Théâtre des Arts, de ne pouvoir faire preuve d'un zèle égal pour ces deux établissements, si intéressants l'un et l'autre aux yeux du Gouvernement qui les protège d'une manière particulière. Si cependant je dois faire quelque sacrifice à l'art que je professe, le prix que vous semblez mettre à mes leçons devient plus que suffisant pour me déterminer à vous proposer le moyen qui pourrait encore me rendre utile à l'enseignement : si vous accédez à ce que je continue de professer chez moi, je garderai avec plaisir le titre ad honores de membre du Conservatoire, et je serai jaloux de le mériter en donnant, avec le temps, quelque élève qui m'en rende digne. Voilà, citoyens, mes intentions; puissent-elles s'accorder avec les vôtres! Je me rendrai, si vous le désirez, un jour à votre assemblée; c'est là où je pourrai plus aisément justifier ma conduite en ce moment , cl vous détailler les raisons impérieuses qui la garantissent de tout blâme. Signé : Lays.

En conséquence de cette lettre , l'administration invite le citoyen Lays à se rendre à sa plus prochaine séance. Ont signé au procèsverbal : les citoyens Lesueur, Mkhil, Cherubini, Martini, Gossec, Méon, Duret, Ernest Assmann, Sarrette, commissaire du Gouvernement.

Séance du 8 floréal an 7.

Le citoyen Lays, en conséquence de sa lettre en date du 22 germinal, se présente à la séance; il est invité à conférer avec l'administration sur les moyens de concilier son service au Conservatoire avec celui du Théâtre des Arts. Le citoyen Lays témoigne combien il est sensible au prix attaché par l'administration aux fonctions qu'il exerce au Conservatoire; mais il craint que l'ordre établi pour le service de l'enseignement n'ait à souffrir des dérogations que la conciliation de ces deux fonctions pourra nécessiter; il assure que son zèle sera toujours le même pour le succès de l'établissement; d'ailleurs il voit impossibilité absolue de se rendre au Conservatoire le jour et le lendemain d'une représentation dans laquelle il aurait un rôle.

Diverses propositions sont faites; par leur résultat l'arrêté suivant est adopté.

L'administration, vu la nécessité de concilier, pour l'utilité de l'art, les fondions du citoyen Lays au Conservatoire avec son service au Théâtre des Arts , Arrête :

i° Le citoyen Lays est autorisé à continuer sa classe chez lui jusqu'au premier prairial ;

2° A dater du premier prairial, ce professeur donnera, autant que possible, ses leçons au Conservatoire; il est autorisé à les donner chez lui, lorsque son service au théâtre l'exigera;

3" Le citoyen Lays fournira chaque mois au bureau de surveillance des classes les feuilles de présence de ses élèves aux leçons données chez lui. Signé au procès-verbal : Lesueur , Cbercbini, Gossec, Martini, Duret, Méon, Sarrette, commissaire du gouvernement.

Deux mois et demi après, le citoyen Lays adressa une lettre, qui fut communiquée à l'administration dans sa séance du 28 thermidor.

Suit la teneur de cette lettre :

Paris, 18 thermidor an 7.

Aux citoyens inspecteurs et administrateurs du Conservatoire de musique.

La manière amicale avec laquelle vous avez déjà refusé la démission de ma place au Conservatoire excitera toujours ma reconnaissance: mais je croirai manquer à moi-même et au sentiment généreux qui vous inspirait alors si je jouissais plus longtemps de

la prérogative par laquelle vous me permettez de donner mes leçons chez moi. Je sens combien cet avantage doit déplaire aux autres

professeurs, et le bon ordre qu'il est nécessaire que vous mainteniez dans l'établissement qui vous est confié exige que je renonce

incessamment à un pareil privilège . . .

Les motifs de ma dernière démission subsistant toujours, je vous prie de nouveau de pourvoir à mou remplacement, et d'agréer

les regrets que j'éprouve de ne pouvoir plus continuer à joindre mon zèle au vôtre pour le succès de l'art musical. Signé : Lays.

/ D'après celte pièce itérative de la démission donnée par le citoyen Lays le 6 germinal dernier, et refusée par l'administration en sa

séance du 8 du même mois :

L'administration accepte avec le plus vif regret la démission reproduite par le citoyen Lays, et invite le commissaire chargé de l'organisation du Conservatoire à proposer au Ministre de l'intérieur les moyens de concilier la conservation de cet intéressant artiste avec les motifs qui, l'empêchant de professer actuellement au Conservatoire, ont déterminé sa démission. Ont signé au procès-verbal : Cheiiubini, Martini, Méhul, Ernest Assmann, Duret, Méon, Sarrette, commissaire du gouvernement.

En conséquence de l'invitation faite au commissaire du gouvernement par l'administration en sa séance du 28 thermidor, relativement à la retraite du citoyen Lays, le cit. Sarrette écrivit au Ministre de l'intérieur la lettre suivante sous la date du 9 fructidor an 7.

Citoyen Ministre,

J'ai l'honneur de vous adresser quatre pièces cotées n" 1 , a , 3 , h : la première, adressée par le citoyen Lays, professeur au Conservatoire, aux inspecteurs de l'enseignement de cet établissement, exprime l'intention dans laquelle était ce professeur de donner sa démission en germinal dernier; la seconde contient le refus par l'administration du Conservatoire d'accepter cette démission ; la troisième contient les mesures adoptées par l'administration pour concilier le service de cet artiste au Conservatoire et au Théâtre des Arts : la quatrième est une lettre à l'administration et aux inspecteurs de l'enseignement , dans laquelle le citoyen Lays renouvelle l'acte de sa démission.

En cet état de choses, les inspecteurs de l'enseignement considérant que la place de professeur de chant au Conservatoire, devenant vacante par la démission du citoyen Lays, ne pourrait être utilement remplie par aucun des professeurs connus existant actuellement dans la République ; j'ai l'honneur de vous proposer la décision suivante: Le citoyen Lays, membre du Conservatoire de musique, est dispensé de professer en cet établissement jusqu'au temps où, soit que ce service puisse se concilier avec celui que cet artiste remplit au théâtre des arts, soit autrement, il pourra vaquer au service de l'enseignement au Conservatoire de musique.

En conséquence, le traitement du citoyen Lays sera suspendu à dater du premier fructidor an 7 jusqu'à l'époque à laquelle ce professeur pourra rentrer en activité de service.

Le citoyen Lays, auquel j'ai communiqué la proposition que j'ai l'honneur de vous faire, y accède avec reconnaissance , parce que l'espoir d'être encore utile à son art dans l'enseignement lui est présenté en même temps que l'assurance de faire toujours partie intégrante du Conservatoire, dont il s'honore d'être membre. Signé : Sarrette.

B. Pièce relative au citoyen Solié.

Paris, le 4 messidor an 10.

Je déclare qu'il est faux que le citoyen Sarrette, Directeur du Conservatoire, m'ait éloigné du Conservatoire de musique; la vérité est que, lors de sa création, il m'offrit une place de professeur de chant, et que depuis elle m'a été proposée plusieurs fois. Si je ne l'ai point acceptée, c'est que mon état et les soins qu'il exige m'ont fait voir l'impossibilité de la remplir avec l'exactitude et les soins que mérite un établissement aussi utile et si digne de la protection du Gouvernement. Signé : Solié, artiste du théâtre Feydeau.

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