‹ Le Conservatoire national de musique et de declamationChapitre 20 sur 473 · ET ÉDUCATION PUBLIQUES EXISTANTS; 26 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

ET ÉDUCATION PUBLIQUES EXISTANTS; 26 SEPTEMBRE

Article 1". Tous les corps et établissemens d'instruction et d'éducation publiques, existant à présent dans le royaume, continueront provisoirement d'exister sous leur régime actuel, et suivant les mêmes lois, statuts et règlemens qui les gouvernent

L'ÉCOLE ROYALE DK CHANT. 1791. /iô

LU. PÉTITION DES PROFESSEURS M PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE POUR L'OBTENTION DES PONDS NÉCESSAIRES

M FONCTIONNEMENT DE L'ECOLE; l5 NOVEMBRE 1 -j () 1 .

Demande de MM. les Professeurs de l'iùole de ninsii/iie des Menus. Monsieur le Président,

Par le décret <lu 18 février 1 7g 1, il esl dit qu'il sera l'ait un fonds au Trésor public, pour la dite année, tant par les revenus ordinaires de l'Etat que par les impositions générales et communes d'une somme de 283,700,000 livres pour acquitter toutes les dépenses attribuées au culte, à la liste civile. ... à l'Ecole des Menus, etc.

Les professeurs ayant toujours continué l'instruction de leurs élèves, et l'Assemblée constituante ayant statué parmi décret du 37 septembre dernier que tous les établissemens publics continueroient leurs fonctions dans le mode où ils se trouvoient jusqu'à ce que l'Assemblée se soit occupée de leurs organisations, se présentent plains de confiance en l'Assemblée nationale pour demander la fixation de la quotité qui peut leur appartenir sur la somme totale: conformément à l'article 5 du même décret, en vertu duquel on doit solliciter un second décret pour obtenir cette fixation, et il esl dit it qu'aucune dépense de la présente année 170,1 n'emportera l'approbation d'aucun article de dépense particulière, aucune dépense sur les fonds publics ne pouvant être faite et allouée que d'après les décrets que l'Assemblée a rendus ou rendra sur chaque article ».

La dépense totale de l'Ecole «les Menus ne monte annuellement qu'à la somme de 3a, 000 livres depuis que les professeurs ont abandonné, au mois d'avril 1700, le quart de leurs appointemens pour le soulagement du Trésor public. depuis celle époque, le Roy, au mois d'avril 1791, ayant fait annoncer aux professeurs par l'Intendant de la liste civile. qu'il ne comprendra pas l'Ecole des Menus dans la dépense de sa maison, à compter du 1" juillet.

Les professeurs réclament provisoirement la somme de 10,000 livres pour les si\ derniers mois de l'année 1791 et l'attendent avec la confiance due à l'Assemblée nationale qui a manifesté son amour pour les sciences et les arts.

Les professeurs suplient l'Assemblée nationale de renvoyer leur demande au Comité d'Instruction publique.

I Inscriptions marginales): Reçue le iô novembre. — Du 18 novembre 1791. Renvoyé au Comité de liquidation et à celui de l'Instruction publique.

[Arch. nat., F17, 1O99.]

lui. pétition des professeurs de l'école de chant al président dl comité d'instruction publiql e .

relative al payement des dépenses de l'école; 19 novembre 1 79 1 .

Monsieur le Président,

L'Assemblée nationale constituante a reconnu dans sa sagesse que les sciences et les arts faisoientla gloire et la richesse des empires. Elle a consacré ce principe par la loi du 36 septembre portant que ftous les établissemens publics continueroient leurs fonctions dans le mode où ils se trouvoient, jusqu'à ce que l'Assemblée se soit occupée de leur organisation ».

L'Ecole de musique des Menus, unique établissement que le gouvernement ait fait en faveur d'un art si nécessaire à la splendeur des grandes cités et si utile à leurs embellissemens et à leur commerce, créée en 1783, a reçu de l'Assemblée constituante la certitude de sa conservation, puisqu'elle est comprise dans la loi du 18 février 1791 qui dit rqu'il sera fait un fonds, etc., des Menus, etc.» L'article 5 du même décret porte rqn'aucune dépense de la présente année 1791,11 etc.

En conséquence de l'article cy-dessus, les professeurs de l'Ecole des Menus ont fait la demaude le 1 5 du courant à M. le Président de l'Assemblée nationale, à l'elFet d'obtenir qu'il soit alloué à la dite Ecole la somme de 3a, 000 livres pour ses dépenses annuelles jusqu'à son organisation définitive, et, attendu que ce n'est que du 1" juillet 1791. qu'elle n'a pas été payée sur le Trésor public, il soit l'ait fond de 1(1,000 livres pour l'acquit des six derniers mois de la présente année.

Les professeurs de l'Ecole de musique des Menus prient Monsieur le Président et les membres du Comité d'Instruction publique de vouloir bien prendre en considération leur juste demande : ils ont l'honneur d'observer qu'ils ont fait

individuellement le sacrifice du quart de leurs appointeniens et qu'ils ont opéré des chaugemens tendant à diminuer les dépenses et à procurer l'instruction sur un plus grand nombre d'élèves. Ils offrent aux membres du Comité tous les éclaircissemens et détails pour éclairer leur justice et justifier la légitimité de leur demande.

(Note marginale) : Reçu le 19 novembre.

[Arch. nat., F'7, 1G92.]

LIV. MÉMOIRE CONCERNANT LES PROFESSEURS DE L'ECOLE DE MUSIQUE DES MENUS ( UTILITE D'UNE ECOLE;

ORGANISATION ET COMPOSITION DE L'ECOLE ROYALE DE 17,84 À 1 79 1 ; PROJET DE REORGANISATION).

Les lettres et les arts font distinguer les nations policées et illustrent particulièrement le gouvernement où ils fleurissent davantage. Parmi les arts libéraux, on peut remarquer que celui de la musique est le plus généralement adopté. Il annonce et accompagne toutes les fêtes publiques et fait une partie essentielle des éducations particulières; fie là son influence sensible sur le goût et sur les mœurs de chaque nation, dont elle peint le caractère. Parmi les Grecs, qui furent le peuple le plus instruit de l'antiquité, on lui attribua des miracles. Leurs législateurs surent profiter de cette opinion générale pour porter jusqu'au plus haut degré dans tous les cœurs l'amour de la patrie. Qui pourra croire, après une expérience si connue de tous les Français qui sont instruits, que l'art de la musique soit sur le point d'être abandonné sans retour parmi eux? Tout concourt cependant pour rendre cet établissement favorable aux yenx de ceux qui s'intéressent à la gloire de la nation, si l'on est disposé à lui donner le dernier degré d'utilité dont il est susceptible; il est facile de s'en convaincre.

Considérons que l'Assemblée nationale vient d'ériger un Panthéon pour les grands hommes qu'elle déclarera dignes de cet hommage. Rappelons-nous qu'elle a consacré, par une solennité annuelle, le jour où la France a recouvré sa liberté. Ces augustes cérémonies pourront-elles se faire avec l'éclat qui leur convient, si elles ne sont pas précédées, accompagnées et terminées par une musique analogue à ces solennités, qui sont des fêtes purement nationales? Ces cérémonies si intéressantes pour nous, ne perdront-elles pas une partie de l'intérêt qu'elles doivent nous inspirer, si les travaux de nos propres artistes ne contribuent pas à leur éclat. La poésie française ne s'empressera-t-elle pas elle-même de prêter son secours à la musique. Les musiciens étrangers, sans s'attacher à notre patrie, corrompront notre langue et dénatureront notre goût. On ne les verra jamais s'assujettir à chercher le rythme le plus propre à la langue française, ni observer avec exactitude la quantité fixée pour les différentes syllabes des mots ; les règles de notre prosodie seront sans cesse violées dans leurs compositions faites sur des paroles françaises. Les oreilles délicates en seront d'abord blessées, mais le long usage forcera ceux qui ont le goût le plus difficile à s'y accoutumer. La pureté de la langue française sera bientôt altérée et cette corruption devenant générale influera sur les éducations particulières.

U est donc avantageux, ou pour mieux dire nécessaire, que nous ayons uue musique vraiment nationale, et pour y parvenir avec succès, nous avons besoin d'une Académie de musique.

Le nom d'académie désigne par lui-même un lieu servant d'école pour y donner des leçons; d'après cette acception fondée sur l'origine même du nom, et généralement connue, nous pouvons dire que toutes les académies modernes sont improprement nommées, puisqu'aucune n'est établie pour enseigner une science quelconque. L'Opéra, formé sous le nom d'Académie royale de musique, n'est pas une institution musicale : on y exécute des ouvrages de musique, mais on n'y exerce point l'art de l'enseiguer. Il est donc permis de demander qu'il soit établi sous le titre d'Académie de musique une véritable École.

Le Gouvernement, sachant qu'il n'en existoit point sous cette forme, créa en 1784 une École royale de chant et de déclamation qui fut attachée aux Menus. Elle parut destinée pour former des sujets utiles à l'Opéra; aussy, dès son origine même, on borna son utilité; consacrée pour l'Opéra, que le Roy avoit pris sous sa protection, elle parut en être une dépendance, sans cependant être à sa charge. Celte École de chaut fut composée d'un directeur, de dix-sept professeurs et de deux sous-maitres. Les exercices consisloienl eu leçons de musique, de chaut, de clavecin et d'accompagnement, de violon, de basse, de déclamation, de danse, d'armes et de langue française qui comprenait la géographie, l'histoire et la mythologie ; le nombre des élèves éloit fixé à trente.

Une école de musique, telle qu'on la conçoit et qu'on la propose aujourd'hui , doit comprendre généralement tout ce qui appartient à cet art, et tenir de très près à l'éducation musicale des conservatoires d'Italie. Elle ne doit donc dépendre d'aucun théâtre puisque l'art musical est un tout dans son genre; le théâtre doit, au contraire, en être une dépendance comme faisant partie de ce tout. La musique ainsi considérée est un art assez étendu et assez important pour être applicable, avec tout l'avantage possible, à tous les spectacles, religieux ou profanes, à toutes les fêtes, publiques ou particulières, à toutes les cérémonies, joyeuses ou lugubres. C'est ainsi que les Grecs l'ont envisagée; et d'après ces grandes vues Us la firent entrer dans les différens plans de leur gouvernement, comme un art qui a une influence sensible sur le caractère et sur les mœurs dune nation.

Le Roy n'étant plus chargé de l'Opéra a jugé à propos de retrancher l'Ecole de chant de sa liste civile. Nous observons icy que sa dépense annuelle ne monte pas au delà de 32,ooort depuis que les professeurs ont abandonné indéfiniment, au mois de janvier 1790, pour l'avantage de la patrie, le quart de leurs appointemens. Comme il s'agit de tirer de l'École de musique le plus grand avantage possible, nous dirons qu'elle ne laissera rien à désirer, si, aux professeurs de L'Ecole des Menus qui continuent de donner exactement leurs leçons dans le même lieu qui leur a été accordé par l'Intendant de la liste civile, on veut ajouter seulement les professeurs dénommés au quatrième tableau cy joint.

L'Ecole ainsi formée sera en état d'instruire cent élèves. Si l'on se bornoit à la considérer comme un établissement propre seulement pour perfectionner des sujets, le but d'une si belle institution seroit manqué. D'où pourroient lui venir des sujets eu état d'être perfectionnés, d'après qu'il n'existe plus d'institutions musicales dans les cathédrales du royaume? L'Ecole des Menus, établie depuis sept ans et demi, n'est-elle pas actuellement le seul établissement où l'on enseigne en France la musique, depuis les premiers élémens jusqu'à son degré de perfection; c'est la continuité et l'enchaînement de ses principes qui rendent les leçons de cette École plus avantageuses, et les progrès des élèves plus assurés.

L'Ecole des Menus délaissée par son fondateur met toute son espérance en l'Assemblée nationale. Elle se rappelle avec confiance que cette auguste assemblée s'est déclarée authentiquement la protectrice des arts, et qu'elle a même paru vouloir assurer la conservation de cette École, en la comprenant dans l'article 1" de son décret du 18 février 1791, qui est ainsi conçu : rrll sera fait un fonds au Trésor public, etc.* (Voir p. 44.) Le titre V ajoute que "Le décret prononcé sur la dépense à faire en 1791 n'emportera l'approbation d'aucun article de dépense particulière; aucune dépense sur les fonds publics ne pouvant être faite et allouée qu'après les décrets de l'Assemblée rendus et à rendre sur chaque article.»

L'École des Menus attend aujourd'hui de la sagesse et de la bienfaisance de l'Assemblée nationale non-seulement la confirmation de son institution, mais encore la fixation de la somme que l'on jugera à propos de déterminer pour la soutenu". Il sera sans doute permis de rappeler icy que l'Assemblée nationale en accueillant favorablement la demande de l'Ecole gratuite de dessin s'est porté d'elle-même à ajouter i5,ooo livres au traitement que cette Ecole demandoit.

L'art de la musique mérite d'être assimilé aux autres arts libéraux , avec lesquels û peut soutenir avantageusement toute comparaison. Cet art si désiré, et qui, dans tous les tems, a paru joindre l'utilité aux charmes les plus séduisans, pourroit-il ne pas obtenir la même faveur, dans une auguste assemblée, où l'on trouve les esprits les plus éclairés et les âmes les plus sensibles.

1" Tableau des Professeurs de l'Ecole royale de chant 2d Tableau des Professeurs en exercice à ladite Ecole royale

lors de son établissement au 1" avril ij8â. de chant, abandon du quart de leur traitement au 1" jan-

KOMS ET EMPLOIS. TEMS QU'ILS T BMPLOtAIEBT. àPPOIX- Vier lJyO.

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