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SES DÉPENDANCES AL SERVICE DU CONSERVATOIRE

->5 AVRIL i85o.

Au nom du Peuple français, le Président de la République, sur le rapport du Ministre de l'intérieur ; vu l'article 5 de l'arrêté du i3 messidor an x, portant que nul édifice national ne pourra, même sous prétexte d'urgence, être mis à la disposition d'aucun Ministre qu'en exécution d'un arrêté du Gouvernement : vu l'article 1" de l'ordonnance du 1/1 juin 1 833 , ainsi conçu :

ffl.es ordonnances qui auront pour objet d'affecter un immeuble appartenant à l'Etat à un service public de l'État seronl concertées entre le Ministre qui réclamera l'affectation et le Ministre des finances ; l'avis du Ministre des finances sera toujours visé dans ces ordonnances, qui seront contresignées par le Ministre du département au service duquel l'immeuble devra être affecté: elles seront insérées au Bulletin des Lois.»

Vu la lettre du Ministre des Finances, en date du 98 janvier i85o, relative à l'affectation au service du Conservatoire national de musique, de la salle des concerts et de ses dépendances, faisant partie de l'hôtel des Menus-Plaisirs, laquelle lettre porte consentement à ce que ^'affectation dont il s'agit soit effectuée selon les "termes de l'ordonnance réglementaire du 1/1 juin i833; vu le plan des lieux ; le Comité du Conseil d'Etat entendu, décrète:

Article 1". La salle de conçoit dos Menus-Plaisirs et la partie dos bâtiments qui la précède, donnant sur la rue Bergère,

ainsi que les foyers et les loges d'acteurs à la suite du théâtre, sont affectés au service du Conservatoire national de musique et de déclamation conformément au plan ci-annexé.

Art. 2. Los Ministres de l'intérieur et des travaux publics sont chargés de l'exécution du présont décret.

Fait à Paris, à l'Elysée national, le a5 avril i8.r)<>.

Le Président, de lit République, L.-N. Boxapvrte.

[Arch. du Ministère de l'Intérieur. |

DVIII. — PROCÈS-VERBAL DE REMISE DES BATIMENTS: l5 JUILLET l85o.

L'an i8r>o, le i5 juillet, entre les soussignés F. Clerc, inspecteur des Domaines, etc., chargé de mission par ordre de service du directeur, du 10 du mois courant, d'une part; El G.-E.-D. Monnais, commissaire du Gouvernement près les théâtres lyriques et le Conservatoire de musique, chargé df mission par M. le Ministre de l'intérieur, suivant délégation donnée sous la date du

Moi, inspecteur des Domaines, ai remis à M. Monnais, qui en a pris possession au nom du Conservatoire national de musique et de déclamation établi à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, n" 11,

Un terrain joignant cet établissement, partie en cour et partie en bâtiments comprenant la salle des concerts, ce qui la précède, ainsi que le foyer et loges d'acteurs à la suite du théâtre, faisant partie de l'hôtel des Menus-Plaisirs donnant sur la r\\f Bergère; le tout en conformité du décret rendu par M. le Président de la République, du 3 5 avril dernier, et du plan y annexé.

Désignation :

Los terrains dont M. Monnais a pris possession sont limités à t'Est par le Conservatoire de musique et par des propriétés particulières portant les n"5 19, 91 , 93, a5, 97 et 99 sur le faubourg Poissonnière; à l'Ouest par le surplus des bâtiments, cours et jardins de l'hôtel dit des Menus-plaisirs; au Nord par le mur qui sépare la salle des magasins do la conservation du mobilier; et au Sud par la rue Bergère.

La contenance totale desdits terrains remis à M. Monnais esl d'environ 1,660 mètres carrés, dont en constructions, environ 1,974, et le surplus en deux cours ou terrains non bâtis.

Les constructions consistent : i° sur la rue Bergère, au rezde-chaussées en un vestibule, deux loges du concierge et leurs dépendances et cage de l'escalier, \u-dossus le logement de l'ancien inspecteur du mobilier de la couronne; 3" à la suite, porche conduisant de la cour de l'hôtel dos Menus-Plaisirs à celle du Conservatoire de musique; 3" à la suite encore, an grand vestibule conduisant à la salle du concert ou du théâtre et à dos dépendances; A° la salle du théâtre elle-même précédée

iCTES OUCANIQl ES.

pur un grand escalier à double rampe, deu\ autres escaliers qui font le service de la salle, laquelle se compose de baignoires, pourtour, parterre et amphithéâtre; au premier étage, une galerie en avant des loges; au second étage, une galerie divisée en loges; au-dessus et au fond, un amphithéâtre; le théâtre lui-même a un dessous et un gril ; au fond du théâtre il y a foyer pour les artistes et loges; 5° entre les deux cours ou terrains une bâtisse, et à l'Ouest se trouve jusqu'à la limite des terrains concédés à M. Monnais, ès-mains qu'il agit, une portion de l'hôtel des Menus-Plaisirs, ayant cave, rez-de-chaussée, entresol, icr étage, 9° étage et combles.

Fait double à Paris, les an, mois et jour que dessus, etc.

|Arch. du Ministère de l'intérieur et Arch. des Domaines.]

DIX. PROJET DE LOI RELATIF A LA RECONSTRUCTION El

À L'AGRANDISSEMENT DU CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE ET DE DECLAMATION, ANNEXE N° 62; 1 k NO- VEMBRE l88l.

XPOSE DES MOTIFS.

Messieurs, le programme inscrit par la Convention nationale dans la loi du 16 thermidor an m, programme complété par le règlement du i5 messidor an iv, est depuis longtemps réalisé par le Conservatoire de musique et de déclamation.

L'importance de son enseignement, de sa bibliothèque et de son musée s'est successivement accrue dans des proportions considérables, en sorte qu'aujourd'hui les locaux affectés à notre grande école lyrique et dramatique ne sont plus en rapport avec ses besoins nouveaux ; l'insuffisance des bâtiments est devenue un obstacle non seulement au développement normal des différents services, mais encore à la régularité de leur fonctionnement.

Depuis dix ans, l'enseignement a pris une très grande extension; de nouvelles classes et des cours publics ont été créés, et les salles destinées aux leçons ne sont ni assez nombreuses , étant donné le nombre des classes, ni assez spacieuses, eu égard à la quantité des élèves.

Deux fois par an, pendant la période des examens qui ont lieu dans la petite salle, l'administration est obligée de suspendre les cours où le public est admis; la grande salle même, construite à une époque où le Conservatoire comptait moins de trois cents élèves, est devenue tout à fait insuffisante, maintenant qu'il en reçoit plus de six cents.

Cette salle, qui a des qualités exceptionnelles d'acoustique, doit être conservée, mais il sera nécessaire, à un moment donné, d'en construire une seconde, plus vaste et plus en rapport avec les scènes où les élèves sont destinés à se faire entendre.

D'un autre côté, la bibliothèque et le musée, dont les précieuses collections tendent à s'augmenter continuellement, sont, dès à présent, encombrés et ne peuvent plus recevoir ni un livre ni un instrument. Déjà même, un grand nombre d'ou-

vrages et d'objets d'art ont dû être relégués dans des magasins obscurs, où ils ne peuvent être visités et étudiés.

11 faut ajouter que les salles du musée se prêtent mal à l'exposition des instruments, dont quelques-uns sont d'une rareté exceptionnelle, et qu'elles sont humides et difficiles à chauffer. Ces conditions rendent presque impraticable l'étude des modèles qui attirent les artistes.

Nous devons dire encore qu'une partie des constructions se. trouve dans un état de délabrement tel, qu'on ne peut plus les utiliser; que les dangers d'incendie sont réels, et que l'ensemble même des bâtiments est d'un aspect véritablement peu digue d'un grand établissement national.

Tandis que beaucoup de villes de province et de l'étranger, notamment Toulouse, Genève, Bruxelles, Vienne, ont fait construire des édifices spéciaux pour loger leurs écoles de musique; tandis qu'à Paris même de si notables perfectionnements ont été apportés dans l'installation matérielle de toutes tes grandes écoles de l'Etat, le Conservatoire national de musique et de déclamation est resté, seul, en dehors de ce grand mouvement de progrès et de rénovation.

Sans doute, on a cherché, à diverses reprises, depuis un certain nombre d'années, à remédier à ce fâcheux état de choses; des réparations partielles ont été entreprises à grands frais; mais, comme il ne s'agissait que de pourvoir aux plus urgentes nécessités, il n'était pas possible de suivre un plan d'ensemble, si bien qu'aucun service de l'établissement ne se trouve encore convenablement installé, malgré des dépenses relativement considérables. Le système suivi jusqu'à ce jour a été ainsi onéreux pour l'Etat, sans avantage sérieux pour l'Ecole, et, aussi bien dans l'intérêt du budget que dans celui du Conservatoire, le moment est venu de renoncer aux réfections partielles et de procéder à la reconstruction complète des bâtiments.

Dans ce but, Messieurs, l'architecte de l'Opéra national et du Conservatoire, M. Ch. Garnier, a été invité par M. le Ministre des travaux publics, le i4 mars 1878, à mettre à l'étude deux projets : l'un d'agrandissement du Conservatoire, sur place; l'autre, de reconstruction de cet établissement sur un autre emplacement.

Ces projets ont été soumis à l'examen de la sous-conunission nommée par la Commission supérieure des bâtiments civils et palais nationaux, pour examiner les questions se rattachant à l'agrandissement et à l'appropriation des bâtiments civils.

Cette sous-commission, dans sa séance du 9 décembre 1878, après une discussion approfondie, s'est prononcée en faveur de l'agrandissement et de la reconstruction des bâtiments, sur l'emplacement actuel , et l'architecte a été invité à étudier un projet complet, comprenant tout l'îlot circonscrit entre la rue du Faubourg-Poissonnière, la rue Sainte-Cécile et l'emplacement actuel, mais pouvant se restreindre, quant à présent, aux travaux à exécuter sur les terrains occupés par les maisons situées rue du Faubourg-Poissonnière, n°" 19, 21 et a3.

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