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ET LES CLASSES MILITAIRES

Une expérience de quinze aimées a suffisamment démontré qu'il y a eu un double inconvénient à supprimer le Gymnase musical militaire et à envoyer au Conservatoire les élèves-soldats qui recevaient autrefois leur éducation dans un établissement spécial , relevant directement des Bureaux de la guerre.

En effet, cette Administration trouvait alors, pour ses élèves, les a\antages réunis, dans un même local, de la caserne et de l'école : la discipline et le travail.

Les heures des leçons, des répétitions, de l'étude, celles des repas, du lever, du coucher, tout était prévu et combiné de façon à emplovor utilement la journée; à un coup de cloche, un professeur pouvait réunir tout un orchestre et la lecture ou la répétition d'un morceau se faisait, au profit de tous, sans la plus petite perte de temps.

Aujourd'hui, au contraire, les élèves militaires casernes de différents côtés de Paris, doivent venir prendre leurs leçons au Conservatoire; de là, des allées et venues qui sont de continuelles occasions de trouble pour les études et de manquements à la discipline, si bien que deux années d'études faites dans de telles conditions au Conservatoire, ne valent pas une année de travail continu à la caserne-école.

Malheureusement les élèves militaires ne sont pas seuls à souffrir de cet état de choses : on comprend que 6o militaires étant admis dans une école civile où les élèves hommes et femmes se trouvent déjà à l'étroit, il en résulte au moins un trouble matériel que la surveillance d'un sous-officier ne peut utilement réprimer.

Un inconvénient plus grave encore est celui de l'admission des élèves militaires dans des classes civiles : connaissant la situation souvent intéressante de ces jeunes gens, sachant surtout que le temps de leurs études est limité, le jury se trouve parfois entraîné à leur accorder plus facilement les récompenses

ACTES ORGANIQUES

qu'ils partagent avec les élèves civils, ce qui en diminue de beaucoup la valeur.

Il y aurait donc tout avantage, pour les élèves militaires et pour les élèves civils, à revenir à l'ancien système d'une école musicale militaire séparée ou à trouver au moins une combinaison propre à sauvegarder les intérêts artistiques du Conservatoire.

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