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RAPPORT AL MINISTRE DE L'INTERIEUR, PAR LA COMMISSION DU CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE
ET DE DÉCLAMATION, SLR LES MODIFICATIONS À INTRODUIRE DANS LE REGIME DE CET ETABLISSEMENT1; l8 JUILLET l8A!
Monsieur le Mimstiie, Les membres du Conservatoire national de musique el de déclamation ont l'honneur de remettre en vos mains un travail qui leur a é!é demandé par le membre du Gouvernement provisoire auquel était échu le Département de l'intérieur, lorsqu'ils sont venus offrir au nouveau Gouvernement leur adhésion et le concours de leurs services. L'appel spontané par lequel ce Ministre a provoqué l'expression de leurs vœux pour les améliorations que comporte le régime de cet établissement les a vivement sollicités. Conformément à ce désir, ils se sont immédiatement réunis en assemblée générale, et ont formé une commission prise dans leur sein, pour étudier leurs besoins et soumet- Ire à l'Administration leurs requêtes. L'élection a dans sa forme la plus étendue, a été la base de leurs choix. Les professeurs de tous les degrés, de loules les spécialités, les employés de tout grade, ont élé admis à nommer leurs délégués. Tons ont été appelés à voler sur chacun, et le scrutin a désigné pour représenter auprès de vous tous les intérêts de l'école :
.M. Alber, directeur, élu par acclamation président de la commission; M. Halévï, professeur de composition, pour les classes de composition; M. Lecouppey, professeur d'harmonie, pour les classes d'harmonie ; M. Panseiion, professeur de chant, pour les classes de chant; M. Levasses, professeur de déclamation lyrique, pour les classes de celte spécialité; M. Benoist, professeur d'orgue et d'improvisation, pour les classes d'orgue, de piano, de harpe, de clavier; M. Girard, professeur de violon, pour les classes d'instruments à archet ; M. Meifred, professeur de cor, pour les classes d'instruments à vent; AI. Marmomtel, professeur de solfège, pour les classes élémentaires; M. Bazin, professeur d'harmonie, pour représenter particulièrement les intérêts des professeurs adjoints; M. Samson, professeur de déclamation , pour les classes de cette spécialité ; M. Provost, professeur de déclamation , pour le comité des études dramatiques; M. Louis Pehrot, membre du comité d'enseignement, pour le comité des éludes musicales; M. Betï caissier, pour le personnel administratif.
Os choix ont été communiqués au Ministre, qui, par une décision du j h mars dernier, a bien voulu les rajilier, et auto-
riser la commission ainsi constituée à commencer ses travaux.
Elle s'est mise à l'œuvre immédiatement. Pendant un mois elle a consacré une séance quotidienne de plusieurs heures à l'examen des questions nombreuses dont elle avait à préparer la solution. Ici, qu'il soit permis à celui qu'elle a désigné pour son rapporteur, et qui seul est étranger aux fonctions actives du Conservatoire, de vous dire, Monsieur le Ministre, que tous les membres de cette commission, dont la plupart sont peu ou point rétribués, ont, dans leur zèle pour les intérêts de l'école, fait trêve à leurs occupations et à leurs travaux pour sacrifier une partie de leur journée à des séances interrompues seulement par la nécessité de consulter ensemble et séparément leurs collègues.
Animée du désir scrupuleux de résumer dans son travail, d'une manière sincère et exacte, tous les vœux de l'école, la Commission ne s'est pas crue suffisamment investie par le fait de son élection du droit de trancher les questions qu'elle avait à examiner. Elle a voulu retremper plusieurs fois ses inspirations dans la source même de son mandat. Dès le début, chacun de ses membres a été invité à conférer avec ceux dont il était le représentant, à reporter à la Commission leurs observations personnelles, écrites ou verbales, sur la spécialité comme sur l'ensemble de l'enseignement elsur les intérêts généraux de l'Ecole. En outre, chaque professeur, chaque employé a été invité à se mettre en rapport avec la Commission elle-même. Elle a de plus communiqué son travail, à peu près terminé, aux membres d>'s divers services, a pris de nouveau et mis en discussion leurs représentations et leurs désirs. Enfin, pour dernière consécration , elle a soumis son projet de règlement à la même assemblée générale de qui elle tenait ses pouvoirs, et elle en a obtenu un vote d'assentiment unanime. Elle peut donc aujourd'hui se dire autorisée à vous déclarer que le travail qu'elle vous présente est le résultat d'une intervention générale el non d'une initiative limitée ; que c'est l'œuvre de tous et non de quelquesuns, el que c'est vraiment le Conservatoire loul entier qui vient vous apporter l'expression de ses vœux collectils el les recommander, sous votre patronage, à la protection bienveillante du Gouvernement.
Le texte du projet de roulement est imprimé en italiques. (C.P. )
ACTES ORGANIQUES
Le Conservatoire croit avoir des droits à rotte protection. 11 date d'une époque féconde en grandes choses, el doit sa création à cette fameuse assemblée qui, au milieu de ses immenses labeurs politiques, a étendu ses préoccupations sur les sciences, les lettres et les arts, et a marqué de son sceau la plupart des institutions qui les régissent encore aujourd'hui. Le décret organique de la Convention du îG thermidor an ni, qui, développant le germe contenu dans un décret du 18 brumaire an 11, instituait le Conservatoire national de musique, est un titre auquel il se rattache avec orgueil. Il n'avait pas attendu les travaux de cette commission pour réclamer, par l'organe de son directeur, un droit qui, dans le principe, fut un des objets de sa fondation, celui de concourir à l'éclat et à la magnificence des fêtes nationales. Aujourd'hui que le mot de privilège est banni du langage, c'est du moins un devoir et un honneur qu'il est jaloux de conserver et qu'il revendique, comme l'aîné de tous les établissements du même genre. Il sera lier de montrer, aux grands jours des cérémonies populaires, cette jeunesse intelligente et enthousiaste, sortie des rangs du peuple, initiée à la connaissance d'un art qui, suivant l'expression du poète républicain devant la Convention nationale, gagne les batailles et fait les délices de la pair. En effet, quels accents pourraient, mieux que ces jeunes voix, convenir au concert des joies ou des douleurs nationales, et s'unir dans ces chants patriotiques que la France évoque à toutes ses manifestations solennelles !
La Commission, pénétrée de la vérité de ces principes, a reporté le Conservatoire à l'esprit de son origine, en plaçant en tête du projet de réorganisation exposé ci-contre l'institution de classes pour l'enseignement populaire du chant.