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JV. PROJKT DE DÉPENSE ANNUELLE POUR L'ECOLE DE MUSIQUE

4u directeur général, bon musicien et homme de goût, pour rendre compte 2,4oott

Un premier maître, pour la perfection du chant 2,4oo

Deux maîtres de solfège, pour l'intonation, à i,5oott chacun 3,ooo

Deux maîtres, faisant en même temps le service de l'Opéra, à 2,ooott 4.ooo

Un maître de déclamation 1,800

Un maître de grammaire et de fable 1,200

Un maître de clavecin et d'accompagnement 2,000

Un maître de danse 600

Un maître d'armes 600

Traitement de i5 élèves, à raison de 6oott chacun 9,000

Un concierge, non-seulement pour le soin de la maison, mais pour surveiller encore les élèves en attendant

l'arrivée des maîtres, et chargé de faire faire les distributions de bois, chandelles, etc 1,200

Un domestique pour allumer les feux, entretenir la propreté des écoles et faisant en même temps les fonctions de portier 600

Bois et chandelle, environ 1,200

Total 3o,ooott

Art. 1". Les différons professeurs seront choisis parmi les personnes les plus expérimentées dans l'art musical: on donnera la préférence à ceux qui auront de la voix, et qui toucheront, non des pièces de clavecin, mais qui pourront accompagner la voix sur cet instrument, alin d'aider et même de remplacer le maître d'accompagnement en cas d'absence ou de maladie.

A*t. '2. Dans le nombre des sujets qui se présenteront pour l'Opéra ou qu'on pourra découvrir, on en choisira 1 5 et jamais davantage, savoir : 8 garçons et 7 filles; la ligure, la voix et les dispositions apparentes seront des qualités préalablement nécessaires pour déterminer ce choix.

Art. 3. Ces 1 5 sujets seront pris , autant que faire se pourra , à làge où la voix et la figure ne peuvent changer que par des accidens extraordinaires; on exigera d'eux qu'ils sachent bien lire et écrire passablement et. s'il est possible, qu'ils aient aussi quelques premiers principes de musique.

Art. i. Le Directeur général de l'Ecole, assisté de maîtres, fera le choix des sujets, mais ne les arrêtera point que d'après le compte qui sera rendu par écrit, signé du Directeur et des maîtres, au Ministre ou à son représentant, des dispositions des sujets proposés , de leur âge , figure , et des personnes à qui ils appartiennent , la préférence à mérite égal devant être accordée aux enfants de personnes honnêtes et qui seront en état de les entretenir dans les bons principes que l'on tâchera d'inculquer dans l'Ecole; ainsi qu'aux enfants des personnes déjà ; (tachées au service du Roi, ou à l'Académie Royale de musique.

Art. 5. Du moment qu'un sujet de l'un ou l'autre sexe aura été agréé par le Ministre, ses parents contracteront, avec l'Académie, un engagement de 5 ans, pour que l'élève ne puisse se refuser à tout ce qui sera jugé nécessaire, non seu- 1 ement pour son avancement, mais encore pour le service de l'Opéra, et l'élève recevra 5o fr. d'appointemens par mois, cjui seront remis à ses parents par le caissier de l'Académie pour son entretien, l'intention étant que les «'lèves soient mis proprement et modestement.

Devoirs et fonctions du Directeur général et des maîtres.

Article 1". Le directeur général de l'École veillera sur tous les élèves et sur tous les maîtres, pour qu'ils remplissent exactement leurs fonctions. H se fera rendre compte par chacun d'eux , toutes les semaines . et par écrit , des progrès de chacun des élèves et jugera par lui-même si les comptes rendus sont exacts: le Directeur général rendra pareillement compte , tous les quinze jours , par écrit , au représentant du Ministre ; dans le cas où le Directeur et les maîtres ne seraient

pas contents d'un élève pour cause de mauvaise conduite et d'incapacité reconnue, il sera renvoyé d'après le compte rendu

par écrit et signé du Directeur général et des diflerens maîtres.

Art. 2. Les maîtres d'intonation tiendront classe tous les matins et en toutes saisons, depuis 8 heures du matin jusqu'à 1 1 heures et le soir depuis 3 heures jusqu'à 6. Si ces maîtres sont attachés à l'Opéra pour les chœurs, alors les leçons n'auront pas lieu l'après-midi les jours d'opéra; mais l'école du matin commencera ces jours-là à 8 heures jusqu'à midi, et les autres maîtres donneront ces jours-là leçon aux élèves l'après-midi , ainsi qu'il sera dit cy-après.

Leurs fonctions seront de faire faire l'échelle aux élèves, de leur placer la bouche, d'assurer les sons de leur voix, de leur faire prendre les intonations justes, enfin de tirer de l'organe de la voix le parti dont il sera susceptible.

Art. 3. Les maîtres de musique tiendront leurs classes dans deux chambres séparées tous les jours, depuis 9 h. du matin jusqu'à midi; les jours qu'il n'y aura pas de répétition ou opéra, ils resteront dans leurs classes depuis 3 h. jusqu'à 6 de l'après-midi et y continueront leurs leçons.

Us seront tenus d'apprendre la musique aux élèves en observant de ne pas faire dénommer les notes; ils ne leur permettront pas de chanter leurs leçons à pleine voix; ils auront attention que leurs intonations soient de la plus grande justesse, de les faire chanter sans gène, de rendre leurs sons flexibles en les accoutumant de réserver les éclats pour ces raomens rares où il faut surprendre et déchirer: eniin ils ne négligeront rien pour leur former l'oreille; en conséquence, ils se serviront uniquement du clavecin, l'usage de tout autre instrument devant être sévèrement interdit.

Les maîtres de musique montreront à leurs élèves lorsqu'il en sera temps quelques rôles, mais seulement musica-

,ï L'ÉCOLE ROYALE DE CHANT, 1783.

lement, en ayant attention que ces rôles soient propres à leurs voix, et du genre qui convient à la nature de leur organe. Les jours qu'il y aura opéra ou répétition, ces deux maîtres de musique seront chargés de conduire les chœurs, d'avertir des entrées, etc. Et pour cela ils seront dans les coulisses la partition à la main. Ces jours-là il n'y aura pas d'école de musique l'après-midi pour les élèves, ainsi qu'if a été dit ci-devant.

Art. h. Les maîtres de chant et de goût tiendront leurs classes, depuis 9 heures du malin jusqu'à 1 heure, tous les matins seulement. Quand les maîtres d'intonation auront suffisamment assuré la voix d'un élève et que cet élève aura appris des maîtres de musique quelques rôles comme il a été dit ci-dessus, les maîtres de chant commenceront à lui donner leurs soins et à lui montrer le goût du chant.

Tous les acteurs et actrices de l'Opéra chargés des rôles en double et en triple, quand ils auront appris leurs rôles, seront tenus de venir les répéter avec les maîtres de goût et d'apprendre d'eux à les bien chanter.

Les maîtres de musique seront tenus de voir de temps en temps , les après-midi , ceux des premiers sujets qui pourront désirer leurs conseils sur la manière de chanter leurs rôles dans l'opéra qui serait à l'étude.

Art. 5. Les maîtres de grammaire et de déclamation tiendront leurs classes, tous les jours d'opéra, sans exception , depuis 3 heures jusqu'à 8 heures du soir; ils seront obligés d'apprendre à leurs élèves à lire les vers, à prononcer exactement, à bien articuler, à entendre et à bien concevoir ce qu'ils diront ou prononceront, à déclamer, à faire des gestes justes et arrondis, etc.; ils leur feront apprendre par cœur des opéras qu'on leur fera déclamer soit en entier, soit par rôles diférens séparément et ensemble; ensuite on les leur fera répéter sur le théâtre de l'école en présence des personnes qui voudront venir les entendre afin de les accoutumer à paraître en public.

Le maître de déclamation ira le matin chez les acteurs ou actrices chargés des rôles en double ou en triple dans les opéras que l'on jouera ou qui seront à l'étude pour bien faire connaître, à ceux qui le désireront, l'esprit et les nuances de leurs rôles et les leur faire déclamer sans musique; d pourra, en outre, se trouver aux grandes répétitions générales pour fixer, d'accord avec les auteurs et les premiers sujets, les entrées et les sorties des acteurs ainsi que les positions théâtrales et donner l'intelligence des scènes particulières.

Art. 6. Le maître de clavecin pour l'accompagnement et la composition, celui de danse et le maître d'armes donneront régulièrement leurs leçons aux heures convenues avec le Directeur général de l'École et les maîtres dont il est parlé cy-dessus, et le maître de clavecin se rendra aux écoles pour l'accompagnement aux heures prescrites pour les maîtres de chant.

Art. 7. Le Directeur général de l'École veillera avec une sérieuse attention à ce que les différents maîtres ne se servent jamais et sous aucun prétexte que ce puisse être d'aucuns termes injurieux ou qui pourraient blesser la décence et la politesse; devant emploïer toute autre manière pour corriger les élèves. Ledit Directeur aussi veillera à ce que les deux sexes soient séparés l'un de l'autre pour leurs éludes, et ne se réunissent que dans le cas où il sera question de leur donner des instructions communes et ne pourront resler ensemble que sous les yeux des maîtres qui ne permettront aucune familiarité, ni propos indécens, sous peine de renvoi.

Les mères ou autres personnes qui accompagneront les jeunes filles se tiendront, pendant les leçons et études, dans une pièce qui leur sera destinée sans y rien faire qui puisse troubler le bon ordre des écoles, à peine d'être congédiées.

Devoirs des Elevés.

Article 1e'. Les élèves à l'essai étant appointés, on a droit d'exiger d'eux du moins une conduite dont les apparences soient décentes et honnêtes. Ainsi tout élève qui se livrera à la crapule, homme ou femme, et particulièrement ce dernier S3xe sera renvoyé d'après le compte qui en aura été rendu, n'ayant rien à attendre ni à espérer d'un pareil sujet.

Art. 2. Les élèves se rendront tous les matins à 8 heures précises à la classe des maîtres d'intonation; après que chacun d'eux aura pris sa leçon, ils se rendront avec la permission desdils maîtres dans la classe des maîtres de musique et y resteront jusqu'à ce que la leçon soit finie sans en pouvoir sortir qu'avec permission. Dès qu'elle leur sera donnée, s'ils ne sont point envoies aux maîtres de goût, comme n'étant point encore en état de prendre leurs leçons, ils se rendront

à la salle de danse et d'armes où ces maîtres seront tenus de leur apprendre à marcher et les élémens seulement propres à leur assurer le maintien et leur donner de la grâce, l'objet n'étant point dans cette école dé former des danseurs ni des maîtres d'escrime.

Art. 3. Quand les maîtres d'intonation et de musique jugeront qu'un élève est en élat de recevoir les leçons des maîtres de chant et de goût, ce qui se fera toujours ainsi que c'est dit ci-dessus d'après le compte qui en aura été rendu au directeur de l'Ecole et qui en décidera, alors on enverra auxdils maîtres de chant l'élève, et afin qu'il ne perde pas un temps précieux , les maîtres de musique commenceront toujours leurs leçons par celui ou par ceux qui doivent passer à la classe des maîtres de chant.

Art. 4. L'élève prendra non-seulement sa leçon de chant, mais encore il assistera à toutes celles que les maîtres de chant donneront, afin qu'en profitant des avis qu'on donnera aux autres, ses progrès soient plus rapides.

Art. 5. Comme il est à présumer que les élèves de l'école de chant seront assés avancés dans leurs instructions pour n'avoir plus besoin des maîtres à danser et d'armes, ils seront dispensés de passer dans leur salle, et l'on emploiera alors ce temps à les perfectionner.

Art. 6. Tous les jours le maître de déclamation et celui de grammaire et d'histoire donneront leçons. Tous les élèves des deux sexes se rendront à leurs classes à l'heure fixée et y resteront tout aussi longtemps que les maîtres tiendront classe; les élèves pouvant également profiter de la leçon qui leur sera donnée personnellement et de celles qui seronl données à leurs camarades.

Art. 7. Les élèves ne pourront se dispense]' sous quelque prétexte que ce soit, hors la raison d'incommodité bien constatée, de se rendre aux classes aux heures fixées et encore moins de s'en absenter. En cas de négligence de se rendre à l'heure, l'élève sera à l'amende de 2 4 s. qui seront retenus sur ses appointemens du mois; s'il manquait tout à fait de se rendre aux classes, l'amende serait de 3 tt; et au-delà de trois fois qu'il aurait encouru la peine de l'amende, s'il s'abstenait encore, il serait renvoyé sans rémission après le compte qui en aurait été rendu au représentant du Ministre.

Art. 8. Au moïen de cette instruction suivie et soignée, six mois paraissant plus que suÛlsans pour mettre l'élève en état de faire juger de ce qu'on pourait attendre de lui, si les premiers six mois expirés , on voyait que l'élève n'eût pas fait les progrès qu'on aurait lieu d'en attendre, soit par faute d'application de sa part, soit par raison d'incapacité naturelle, dans ces deux cas il serait renvoyé et l'on choisirait à sa place un nouvel élève.

Art. 9. 11 sera recommandé aux parents des élèves de veiller à ce qu'ils étudient chez eux les jours où il n'y aurait

point d'école et de veiller aussi à leur conduite pour qu'ils ne se mettent pas dans le cas de perdre leurs voix et consé-

quemment tout le fruit de leurs études.

[Arch. nat., 0'626.]

V. NOTICE SUR LE CHOIX D'UN LOCAL POUR L'ETABLISSEMENT D'L NE ECOLE POUR L'ACADEMIE ROYALE DE MUSIQUE1.

Comme il n'est point question pour l'Ecole de l'Opéra de former un établissement aussi considérable que les conservatoires d'Italie, attendu que cela deviendrait trop dispendieux pour le Roi, il conviendrait donc de se borner à un local suffisant pour pouvoir être distribué en différentes classes, où les maîtres pussent donner leurs leçons sans s'interrompre les uns les autres, et où les élèves soient commodément pour leurs études; car il ne s'agit point de se charger des logemens et de la nourriture des élèves comme en Italie, non que cela ne fût mieux, mais parce qu'il en résulterait dans ce pays-cy des dépenses considérables, qui même pourraient peut-être bientôt dégénérer en abus, surtout l'Ecole devant être pour les deux sexes.

Il faut aussi établir celte école dans un quartier qui ne soit pas trop cher, ni même trop à portée du bruit et des distractions ; l'on croit l'avoir trouvé dans une maison qui fait le coin de la rue Bergère et de la rue Poissonnière *; la

1 Notice importante à rappeler au Ministre, pour avoir sa décision, 2 Ancienne dénomination du faubourg Poissonnière, qu'on appe-

lle pouvant rien arrêter sans cela. lait aussi rue Saine-Anne. (G. P.)

dite maison est mitoïenne à l'hôtel des Menus, et conséquement d'une grande commodité pour l'Ecole: cette position diminuerait d'autant les liais de l'établissement et les frais annuels, ainsi que l'on le verra cy-après.

Cette maison appartient au sr Le Noir, architecte, qui la fait réparer pour la mettre en vente ; soit qu'il la vende soit qu'il la garde, lui ou les acquéreurs ne manqueront pas de profiter du terreiu qui est actuellement en jardin, pour y construire des maisons; dès lors les murs de ce nouveau bâtiment boucheront tous les jours de l'atelier des tailleurs et ouvriers qui travaillent journellement dans cette partie pour les spectacles de la Cour; et cette crainte est d'autant plus fondée, que depuis longtemps on avait projette d'acquérir une partie de ce jardin; on y a pensé plus sérieusement depuis que le Roi a ordonné l'ouverture d'une nouvelle nie de communication de la rue des Petites-Ecuries du Roi à celle de Provence ', et que l'on a par conséquent fait détruire une grande partie des magasins des Menus pour faciliter l'ouverture de la dite rue, avec ordre de reconstruire dans l'intérieur de l'hôtel des Menus d'autres magasins et hangards, ce qui est déjà fait en partie et ce que l'on promettait d'achever sur le terrein du jardin de la maison cy-dessus dite en cas que l'on put s'en procurer une partie.

Lu des objets le plus essentiel dans l'établissement de l'Ecole est d'y avoir un théâtre pour pouvoir y former et y exercer les élèves, ainsi que l'on l'a déjà dit dans le mémoire concernant l'Ecole, ce théâtre servirait en même temps à l'École de danse, enfin aux répétitions de la Cour.

Il faut observer cependant qu'il y en a un à l'hôtel des Menus, et c'est celui qui était autrefois à l'Opéra Comique de la Foire Saint-Laurent et qui a été transporté avec ses loges ; cette partie est très-bonne, mais elle avait été placée dans un local destiné auparavant à faire un atelier et magasin à décoration dont le pourtour des murs était très léger, pour éviter une plus grande dépense, mais néanmoins suffisants pour l'objet auquel ils étaient destinés, ils se sont trouvés depuis insuffisants non-seulement pour la surcharge de la salle intérieure mais encore parce que cette salle et les murs se trouvaient sur un terrein rapporté et conséquement plus assez fort pour cette bâtisse: il en est même résulté de si fréquentes réparations, que l'année dernière l'on s'est occupé de replacer ailleurs ce théâtre indispensable pour le service , et de rendre le local qu'il occupe à sa première destination, c'est-à-dire à le faire servir d'atelier pour les ouvriers et de magasin tant pour les décorations du Roi (pie pour celles de l'Opéra, les murs de cet emplacement devenant alors assez forts, n'étant plus surchargés par la pesanteur de la salle intérieure, ni ébranlés par le grand nombre de personnes qui v viennent aux répétitions que l'on fait pour les spectacles de la Cour.

Comme il est démontré qu'U faut joindre à l'Ecole un théâtre et qu'il parait aussi indispensable de reconstruire une nouvelle cage en murs plus forts au théâtre des Menus si on veut le conserver dans le même local , ce qui entrènerait ailleurs la construction des hangards et magasins pour retreuver ceux que l'on a perdu pour la nouvelle rue, il semblerait beaucoup plus économique, si Ion se déterminait à acquérir la maison susdite pour l'Ecole, de construire dans la partie du jardin une cage en mur, dans laquelle on transporterait le théâtre et les loges des Menus comme l'on l'a fait de la Foire Saint-Laurent aux Menus. Ce théâtre aurait en-dessous une profondeur suffisante sans dépenses, le terrein du jardin se trouvant plus bas que le sol de la maison ; ce théâtre serait placé de manière à ne point fermer le jour des alteliers; il communiquerait à l'Hôtel des Menus pour le transport des décorations et autres objets nécessaires aux petits spectacles et répétitions, et les mêmes garçons et manœuvres journaliers employés à l'Hôtel des Menus feraient sans augmentation de frais, et le service des Menus et celui de l'Ecole; enfin les consommations de la dite Ecole en bois, chandelles, meubles et usteucilles seraient surveillées par le Garde-Magasin géuéral des Menus et les inspecteurs; ainsi il ne faudrait point attacher d'autres personnes à appointements pour ces différents objets de l'Ecole.

Conclusion.

En adoptant ce projet , qui conduirait à l'établissement d'une école démontrée si nécessaire pour le soutien de l'Opéra, si désirée depuis si longtemps, qui pourrait même former des sujets pour le service de la chapelle, et qui enfin, à quelques réserves près, formerait un établissement aussi solide et au moins aussi comode que ceux des conservatoires des pays étrangers, il paraîtrait: i° que la dépense à faire ne consisterait que dans l'acquisition de la maison et jardin;

1 II s'agit de la rue Richer actuelle, autorisée en 178s. (C. P.)

2" qu'il suffirait de disposer cette maison seulement d'une manière convenable pour l' arrangement des écoles, et avecmoins de dépenses possibles ; 3° de construire une cage ponr y placer le théâtre actuel des Menus : dès lors il ne serait plus question de faire dans l'intérieur des Menus d'autres magasins et hangards, l'emplacement que laisserait vuide le théâtre transporté, devenant alors suffisant sans aucune dépense, pour le service du Roy et même celui de l'Opéra, toul le temps que ce spectacle sera à la salle provisoire1; enfin on trouverait, par l'exécution de cette proposition, économie pour la manutention intérieure de l'Ecole et les consommations , les personnes attachées actuellement aux Menus pouvant faire l'un et l'autre service sans déplacement , au moyen de la communication naturelle de la maison à l'hôtel.

Telles sont les réflexions que l'on a cru pouvoir avoir l'honneur de mettre sous les yeux da Ministre comme pouvant être utiles au bien du service et plus économiques pour le Roi, dans un moment surtout où il s'agirait de faire des dépenses à l'Hôtel des Menus pour remplacer les magasins et hangards détruits pour l'ouverture de la rue nouvelle.

[Arch. nal., ()' 6*6.]

VI. PROJET POUR L'ÉTABLISSEMENT DES DIFFERENTES PERSONNES ATTACHEES A L-ECOLE

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