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L'ÉCOLE ROYALE DE CHANT ET DE DÉCLAMATION

I. EXTRAIT D'UNE LETTRE DU BARON DE LA PERTE, INTENDANT DES MENUS PLAISIRS, AU MINISTRE.

97 avril 1783.

Le Gros doit a\oir l'honneur de vous voir demain et de vous présenter un mémoire; il m'a fait beaucoup de peine hier, il est réellement très affecté et mérite vos hontes vu ses anciens services; je pense même qu'il serait bon que vous songeassiez à le mettre à la tète de Pccofe de chant qu'il faudra bien un jour établir

[Arch. nat, O1 687, p. n3.] II. NOTICE PAR L'INTENDANT DE LA KERTE (EXTRAIT RELATIF AU PROJET DE CREATION DE L'ECOLE).

'\° Un des objets encore les plus importants est de s'occuper très sérieusement de l'établissement de l'École de chant et de danse ; en conséquence, il conviendrait que le ministre se fit rendre compte par écrit de ce qui s'est passé à cet égard dans cette année et de ce que l'on se propose de faire à cet égard pour l'année prochaine; ce projet aura besoin d'être examiné attentivement pour que des protections et des préventions pour ou contre ne nuisent point au bien que l'on «loit se proposer dans un établissement aussi essentiel, et d'où dépend absolument la conservation de l'Opéra ; ainsi les directeurs doivent être choisis après le plan qui aura été adopté, de visiter souvent les écoles pour pouvoir rendre compte, par écrit, toutes les semaines, des sujets admis auxditles écoles el de la manière dont les maîtres remplissent leurs fonctions, des programmes

[Arch. nat., O1 634.]

III. EXTRAIT DU TRAVAIL QU'ON A EL L'HONNEUR DE METTRE SOUS LES YEUX DU MINISTRE LE 3 DECEMBRE I783.

Nota. —H contient plusieurs réflexions importantes qu'il est impossible de rapporter dans rot extrait. On y traite de la manière d'instruire non-seulement les élèves el de les rendre utiles à l'Opéra, mais encore de perfectionner les talents de ceux (pii sont déjà à ce spectacle, en les obligeant à venir répéter leurs rôles à l'Kcole.

3° Un mémoire sur la nécessité démontrée de P établissement d'une Kcole de chant, désirée depuis longtemps par les amateurs et par le public à l'instar des conservatoires d'Italie. Ce mémoire, qui est peut-être volumineux vu les détails où on a été forcé d'entrer, contient différentes réflexions dont il serait à désirer que le ministre pût avoir le loisir de prendre connaissance.

On a présenté, à la suite de ce mémoire, un projet de règlement pour cette École, lequel contient, en même temps, les frais annuels de cet établissement, évalués à 3o,ooott. On rappelle à la fin du grand mémoire le droit exclusif accordé par Louis XIV à l'Académie royale de musique de chanter et faire chanter, non-seulement à Paris, mais encore par tout le royaume, à moins d'un consentement exprès de l'Académie donné aux directeurs de province, au moyen d'une rétribution

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envers l'Opéra. Ce droil esl si constant, que la Comédie italienne, le Concert spirituel, les spectacles des boulevards et foires, où l'on chante, le Waux-hall et les bals où Ton paye, doivent une rétribution à l'Académie royale de musique et la payent en effet. Elle peut donc exercer ce même droit incontestable vis-à-vis de tous les spectacles de province où l'on joue l'opéra ou l'opéra-comique. H y a lieu de croire (pie cette juste rétribution peu considérable pour chaque spectacle de province, en particulier, serait plus que suffisante pour fournir aux frais de l'École proposée, laquelle deviendrait elle-même, par contre-coup, utile à ces spectacles puisque de cette École il sortirait des sujets dont la voix ne se trouverait pas être d'une assez grande étendue pour le théâtre de l'Opéra en auraient cependant une suffisante pour qu'ils allassent jouer l'opéra-comique en province, où ils porteraient, avec une connaissance profonde de la musique, le bon goût de l'exécution d'après les bons principes de l'éducation qu'ds auraient reçue dans l'École de chant.

Il sortirait également de la même École des sujets propres à la musique du Roi et de la Reine, et, par la suite, des compositeurs habiles, qui auraient appris leur art sous des maîtres du plus grand mérite et dont les talents seraient connus. Enfin, l'on démontre, dans le grand mémoire, que cette juste rétribution des spectacles de province envers l'Académie royale de musique ne lèzerait en rien les droits de MM. les gouverneurs et commandants de provinces, puisqu'ils seraient toujours les maîtres d'accorder les privilèges aux directeurs qui leur seraient le plus agréables.

Nota. — Il faudrait attribuer à cette Ecole le sr Piccinni, qui joiut à son talent l'art de bien montrer et qui pourrait ainsi former d'excellens compositeurs pour l'avenir sans être obligé d'eu faire venir d'étrangers. Ainsi les bienfaits du Roi se répandraient sur ses propres sujets. Le choix des maîtres mérite la plus grande attention.

4° Ou a eu l'honneur de présenter au ministre un projet concernant l'établissement de l'Ecole dans un local qui soit économique pour les finances du Roi, et même pour l'Opéra. On a même cru démontrer dans ce projet que la dépense que l'on serait forcé de faire, et que l'on se préparait à faire ci-devant à l'hôtel des Menus, n'aurait plus lieu alors par les raisons déduites dans ce projet.

Nota. — Il est à désirer que ce mémoire peu étendu puisse être lu eu entier par le ministre. On donnera un détail au projet de dépense.

[Arcb. nat., Ol6a6.]

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