‹ Le Constructeur. Tables, formules, règles, calculs tracés es renseignements pour la construction des organes de machines. Aide-Mémoire à l'usage des ingénieursChapitre 3 sur 278 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX

Observations préliminaires.

La Résistance des Matériaux a pour objet l’étude des forces moléculaires (pii se développent dans les corps solides sous l’action des efforts extérieurs auxquels ils se trouvent soumis. Nous réunissons ici les termes les plus usuels de cette science, en précisant le sens que nous y attacherons dans cet ouvrage.

La Charge par unité de. surface est le quotient obtenu en divisant la pression totale exercée sur une surface par le nombre d’unités contenues dans cette surface (1).

La ('harpe limite est celle qui correspond h la limite d’élasticité. Suivant qu’il s’agit d'efforts de tension ou de compression, cette charge est dite Charge limite de traction ou Charge limite de compression.

Le Coefficient ou Module de rupture est la tension qui détermine la rupture d’une fibre moléculaire.

Le Coefficient ou Module d' Elasticité, qui mesure le pouvoir d’élasticité d’un corps, est la tension sous laquelle un corps

(1) Cette définition suppose que la pression est uniformément répartie. Dans le cas contraire, la pression en un point est exprimée en fonction des coordonnées de ce point et la charge par unité de surface est la dérivée de Cette fonction (N. d, T.).

H e u I e a u x , le < un, tracteur. 1

RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX

prismatique, soumis à un effort dans le sens de sa longueur, s’allongerait d’une quantité égale à sa longueur primitive, en supposant que eet allongement soit possible.

La Résistance théorique est la force qui, dans un corps soumis à un effort quelconque (traction, pression, torsion, flexion), détermine, dans la fibre la plus chargée, une tension correspondant à la charge limite; en d’autres termes, c’est la charge sous laquelle un corps travaille à sa limite d’élasticité.

La Résistance pratique, qu’on désigne souvent, mais à tort, simplement sous le nom de Résistance, est celle qui correspond au cas où la tension précédente n’est poussée que jusqu’à une limite arbitraire, considérée comme admissible, et inférieure à la limite d'élasticité.

Le Coefficient de Securité, pour la traction ou la compression, est le rapport entre la résistance théorique et la charge réelle du corps, ou, ce qui revient au même, entre la tension correspondant à la limite d’élasticité et la tension maximum réellement développée.

La Charge de rupture est la force qui détermine, dans la fibre la plus chargée, une tension égale au module de rupture ; cette force est précisément celle qu’il faut développer pour rompre, déchirer, cisailler, etc., un corps donné.

Le Coefficient de Sécurité contre la rupture est le rapport entre la charge de rupture et la charge réelle.

Dans la Construction des Machines, on admet comme règle pratique que, pour une pièce soumise à des efforts statiques, il convient de doubler le coefficient de sécurité correspondant à la matière employée et dont on trouvera plus loin la valeur. Toutefois, on peut, suivant les circonstances, s’écarter, soit en plus, soit en moins, de la règle précédente et prendre un nombre d’nutant plus rapproché du coefficient de Sécurité qu’on aura calculé plus exactement chacune des forces statiques eu jeu; or, cette détermination exacte des forces statiques est souvent facile, surtout si l’on fait usage des méthodes de calcul graphique. — On ne doit jamais, dans la pratique, charger une pièce de machine au-delà de sa résistance théorique. Cependant, il semble que pour certains matériaux, le fer forgé notamment, il n’y ait aucun inconvénient à les soumettre à des charges d'épreuve temporaires qui dépassent la limite d’élasticité, sans approcher trop de la charge qui détermine la rupture. (Voir § 2.)

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