PIÉDESTAUX ET CHAPITEAUX DES COLONNES MÉTAIJJQUES
La fig. 375 représente, en coupe et en élévation latérale, le mode de liaison d'une tête de colonne avec une poutre en bois et la base d’une colonne de l’étage supérieur. Une boite en fonte, surmontant le chapiteau, enveloppe la poutre, qui souvent présente un joint à l’intérieur. L’emploi d’une poutre métallique permet de réduire notablement la largeur de eette boite. La colonne supérieure se fixe directement sur la boite, au moyeu de boulons qui traversent les rebords.
.Vu point de vue du stj le, les ehapiteaux peuvent recevoir une très -grande diversité de formes et ils offrent, par suite, des ressources qn’oii ii’utilisc pas toujours comme elles mériteraient de l’être. L’architecture fournit, dans ce cas, une très -grande variété de modèles, qu’un choix judicieux permet d’utiliser, pour obtenir, même par des procédés très - simples , un asjicct satisfaisant.
Pour tes étages inférieurs des grands bâtiments d’usines et, d’une manière générale, pour toutes les colonnes métalliques qui ont à supjiorter des charges considérables, une des formes les plus convenables est celle du chapiteau simple, qui a reçu de si nombreuses applications dans les constructions du style roman. La fig. 376 représente un chapiteau de cette espèce. De même, pour les colonnes très- chargées, mais en même temps trèsélancées, on peut recourir au chapiteau normand, fig. 377.^ On obtient un aspect, à la fois plus léger et plus gai, au moyen du chapiteau gothique, réduit â la forme simple, que représente la fig. 378. Pour ces trois formes, l’opération du modelage et celle de la coulée sont très - simples.
Fig. 376.
Fig. 377.
350 rrtDESTATIX et (niAPITEAlTC DES COIA INNES MÉTAU.IQI^ES.
Üans la conatrui'tiuii de inaehines, le chapiteau qn’on emploie le plus ordinairement eat celui (|ue représente la iig. 379 et qui est intermédiaire entre le chapiteau toscan et le chapiteau dorique romain ; il se compose essentielleiiient d’une partie à section carrée (l’ahaquc), d’un modilloii et d’un astnij'ale, qui constitue la li^e de séparation entre le chapiteau proprement dit et le corjis de la colonne. Kn augmentant ou eu diminuant la distance de l’astragale au niodilloii , on arrive facilement il donner à la colonne un aspect ])lus on moins élancé. Iaîs formes sévères du stjle doricjue grec ne conviennent pas jioiir les colonnes métalHipies; aussi les rencontre t’on très - rarement dans la construction des machines. On emploie, au contraire, avec avantage, dans les coustructious en fer, les colonnes corinthiennes, auxquelles on donne la forme, à la fois sinqile et gracieuse, i|ue reproduit la figure 3«(i.
J'iK- 379.
Kig. 380.
Fig, 381.
Le chapiteau se corai)osc d’une corniche, formée d’un certain nombre de cannelures (21), dont l’ensemble constitue une surface concave à la jiartie inférieure, convexe à la partie supérieure, et d’un astragale qui le sépare du corjis de la colonne. .Si on supprime les cannelures, comme on l’a fait sur la moitié de droite de la figure, on obtient une fonne plus simple, qui est également très - employée (v. fig. 357). Les cannelures du chapiteau, au moins pour certains cas particidiers, se trouvent d’autant mieux justifiées que souvent on n’hésite pas à en établir sur le corps ’ meme de la colonne. Le chaiiiteau cannelé est d’une exécution facile, è la condition de le considérer comme une euvclo])])C,
PIÉDESTAUX ET f'HAPITEATrX DES COUENNES MÉTALLIQUES. 3.01
qui part de la uaissance des cannelares au - dessus de l’astragale, et de rapporter la pièee fondue sur le noyau de la colonne.
La fig. ;S81 représente un chapiteau, terminé par un abaque octogonal, qui se rapproche de la forme Renaissance et qui convient très -bien pour les colonnes élancées.
La jonction avec les poutres, en fer ou en bois, exige souvent l’interposition d’une plaf|uc d’une certaine longueur entre la colonne et la poutre; tout eu conservant ti cette pièce une grande simplicité, il convient cependant de lui donner une fonne qui soit en rapport avec le style de la colonne. I.a fig. 382 donne une disposition qu’on peut employer avec le chapiteau roman, c’est-à-dire dans le cas oii il s’agit de colonnes d’une grande simplicité de formes.
Fig. 384.
352 PIÉDESTAUX ET CHAPITEAUX Dra COLONNES MÉTALLIQUES.
La fig. 383 représente un ehapiteau plus léger, dans lequel la partie supérieure, qui a la tonne d’une boite, est allongée de chaque côté pour recevoir une poutre; la tig. 384 indique une disposition encore plus légère et. plus élancée. Cette même tigurc montre l’emploi d'un stylobate, ou d’un piédestal d’une assez grande hauteur, jiour les eolounes, qui ont une longueur relativement très -grande par rapport à leur diamètre. La section de ce piédestal est souvent otdogoindc, comme l'indiiiue la ligure et, sous ce rapport, il rentre dans le style gothique; assez souvent aussi on lui donne une forme circulaire, (.'onformémciit aux principes de l’architecture, le diamètre du corjis de la colonne doit aller en sc rétrécissant vers la partie supérieure. Ou obtient un aspect satisfaisant, en prenant pour le diamètre, eu ce point.
Fi((. Fig. .386. Fig. 387.
(XASSIFICATrON DES HODES.
Ü,S ou 0,7 (lu diamètre à la l)asc, (|ui doit être conservé sur le tiers environ de la hauteur.
1.ÆS colonnes à nervures en croix, dont nous avons déjà parlé, sont d’un emploi assez répandu dans les bâtiments industriels. Comparées aux colonnes creuses, elles présentent cet avantafte ((u'ellcs ne sont pas exposées, comme ces dcniières, à venir délectueuses à la tonte, par suite d'un déplacement du noyau ou que, du moins, des vices de ce {çenre, s’ils viennent à se produire, ne peuvent pas être dissimulés. Les fiji. :(K5 à 3S7 représentent des colonnes à nervures en croix.
La forme de la %. .‘îs.ô est celle des colonnes de la f^are du cliemiu de fer de S*. (Jermain. !a*s iierMin^s rè;;nent ici sur toute la longueur du corps, ce (pii 8im])lifie l’exécutiou du piédestal et du chapiteau; au milieu de sa longueur la colonne j)réseiite un renflement.
La forme, représentée par la fig. est l)eaucoup plus élégante que la précédente; elle est duc à l’ingénieur Itollaud, qui l’a employée, pour la première fois, dans la constniction de la manufacture des tabacs de Sfraslwnrg. l’un des étages, ces colonnes reposent sur un socle assez élevé, à section rectangulaire. La partie inférieure de la tig. 387 montre la liaison de la colonne avec le socle, et la partie supérieure, celle du chapiteau, d’un entaldeinent en fonte et d’nne colonne établie directement au-dessus. On voit par là qu’il est possible d’obtenir, avec les colonnes à nervures, une forme qui présente à la fois un aspect agréable et une grande solidité.
La question des formes à donner aux colonnes est une des plus intéressantes et des plus variées de la construction; les cxem))les, que nous venons d'indiquer, bien qu’en assez petit nombre, peuvent suffire cependant pour fournir un jioint de départ à ceux qui uttacbent un certain jirix à la beauté des fonnes dans les machines.