‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 176 sur 300 · CHAPITRE xav · texte numérisé non relu

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contre nous. C’est que l’opinion du inonde est faite par la France ou par l’Angleterre. Nous aurions donc tout à redouter sans l’énergie et la puissance de la nation. La postérité dira que si de grandes et critiques circonstances se sont présentées, elles n’étaient pas au-dessus de la France et de moi. »

Sans doute, si la guerre devenait nationale. Par quel mobile exciter l’enthousiasmé de la nation, fatiguée, épuisée par une lutte de vingt ans, depuis lu fondation de l’Empire réduite à l’obéissance? Pour quel intérêt espérer qu’elle se passionnât au point de se dévouer corps et biens dans le jeu sanglant des batailles? N’était-il pas à prévoir que lorsque le ressort qui la comprimait perdrait de sa force , elle réagirait contre lui ? que le sentiment de la liberté , et les espérances du royalisme seraient ranimés par les revers de l’Empire et les malheurs de Napoléon? que l’étranger profiterait de ces dispositions natu- ^ relies pour séparer de lui la nation , flatter tous les partis, souffler la division, paralyser les forces de la France et lui dicter la loi?

Un sénatus-consulte du 1 5 novembre mit à la disposition du gouvernement trois cent mille conscrits des années 1 8o3 et suivantes jusques et compris 1 8 1 4« pour être , la moitié mise en activité sur-le-champ, l’autre moitié employée à former des armées de réserve à Bordeaux, Metz, Turin, Utrecht et sur les points où elles pourraient être nécessaires pour garantir l’inviolabilité du territoire de l’Empire.

En présentant ce sénatus-consulte , Régnault de

lil-1 EMPIRE. Ajy l8l3.

Saint-Jean>d’Angely , parlant de la rupture du pont sur l’£lster, dit qu’elle avait ajouté aux avantages de l’ennemi, heureux encore une fois d’obtenir un triomphe sans combat , des trophées sans danger et des succès sans gloire. Il vanta la modération de Napoléon et sa générosité. Il annonça que les paroles qui sortiraient de la salle du sénat pour appeler aux armes les descendans de ces mêmes Francs qui, à tant d’époques glorieuses , avaient repoussé l’ennemi de la terre des braves, de la patrie des arts , du centre de la civilisation, seraient répétées par tous les pères, par toutes les mères, par toutes les épouses, par tous les frères.

Le sentiment de l’indépendance nationale vivait toujours dans les cœurs; mais ces phrases sonores et pompeuses ne produisaient pas l’enthousiasme. Il y avait dans les sacrifices plus d’obéissance au pouvoir que de dévoûment.

Tout fut mis en mouvement pour la défense des places, des défilés, des passages, pour les remontes, la fabrication des armes , la confection de l’habillement, de tout le matériel de la guerre. L’Empereur fit vereer dans le trésor public trente raillions par le domaine extraordinaire. Les conseils d’administration se succédaient d’heure en heure aux Tuileries.

Un autre sénatus-consulte du même jour convoqua au a décembre le Corps-Législatif, prorogea les pouvoiis de la quatrième série expirant au i'’ janvier 1 8 1 4 , supprima la liste des candidats pour la {(résidence, et déféra le choix du président à l’Etn-

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