CHAPITRE XCIV
pereur. Cette dernière disposition, envahissement inutile et choquant, fut motivé par les plus puériles considérations. « Il pouvait arriver, dit l’orateur du gouvernement, Molé, que quelque honorables et distingués que fussent ces candidats , ils n’eussent jamais été connus de l’Empereur. Il était dans le palais des étiquettes et des formes qu’il fallait connaître, et qui, faute d’étre bien connues , pouvaient donner lieu à des méprises, à des lenteurs que les corps interprétaient toujours mal. Tout cela était évité par la mesure proposée. » Elle annonçait une méfiance que le passé ne justifiait pas, et qui fut d’un mauvais' effet. L’Empereur nomma président , Reynier , duc de Massa. LeCorps-Législatif fut profondément blessé.
La petite opposition existant dans le sénat vota contre les sénatus-consultes. Il y eut six non et quatre biUets blancs.
Depuis que le pape avait rétracté son consentement au concordat de Fontainebleau, le clergé s’était enhardi dans son hostilité au gouvernement. Des troubles sérieux avaient éclaté en Belgique. L’Empepereur, étant à Dresde , avait ordonné d’envoyer à l’armée des séminaristes atteints par la conscription.
Avec toute sa résignation. Pie VII ne manquait pas une occasion de réclamer la restitution de ses ' états. Apprenant qu’un congrès se réunissait à Prague, il avait écrit secrètement à l’empereur d’Autriche, le i[\ juillet. Le congrès fut dissous avant que la lettre ne fût parvenue.
Embrouillée par le mélange du temporel et du
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spirituel , envenimée par les passions politiques, la lutte de la puissance impériale et de la puissance ecclésiastique ne laissait pas entrevoir une conciliation, une issue.' Dans la situation où se trouvait l’Empereur, la présence du pape à Fontainebleau était une complication extrêmement embarrassante. Il voulut rouvrir des négociations. Duvoisin , évêque de Nantes, en mourant, l’avait conjuré de rendre la liberté au chef de l’Église. Madame de Brignole,dame d’honneur de l’Impératrice, vint à Fontainebleau, de la part de Talleyrand, faire une première ouverture au cardinal Consalvi. Le pape et les cardinaux répondirent que ce n’était ni le temps, ni le Heu pour traiter des affaires de l’Église. En effet ils auraient craint de mécontenter la coalition, dont les succès présageaient une issue favorable à leuis intérêts ; ils voulaient lui faire oublier et surtout aux Bourbons la condescendance dont Pie VII avait usé pour le sacre de Napoléon. M. de Beaumont, évêque de Plaisance, ne vint pas moins à Fontainebleau comme négociateur. Le pape lui répondit, que rien ne pouvait le faire changer de sentiment, qu’il était décidé à ne traiter qu’à Rome.Les choses en restèrent là. Après deux campagnes désastreuses, refoulé dans l’ancienne ‘France, réduit à la triste nécessité de se défendre il’une invasion , le vainqueur de l’Europe , semblait courber sa tête sous le joug du-cathoUcisme. Il n’y avait plus , disait-il , d’autre croyance possible. Le Temple de la Gloire, le Panthéon , il fallait les convertir en églises, y dire la messe, en donner la garde