CHAPITRE XCV
trouva menacé à*ia-fois du côté de la mer, de 111 • lyrie et du Tyrol, car la fidélité de la Bavière chancelait. I^e général Hiller s’avançait avec soixante mille hommes, exhortant les Italiens à secouer le joug du tyian commun, à se lever pour l’affranchissement (le l’Europe, et à seconder les puissantes armées qui venaient leur rendre leur indépendance. C’était le mot vague et sonore avec lequel chaque parti cherchait à se les rendre favorables. Le prince Eugène occupait avec le gros de ses forces les fameux défilés de Tarvis et de Laybach, tandis qu’un détachement gardait la vallé'e de l’Adigc jusqu’à Prunecken. Hiller, repoussé àVillach età Rraimbourg eut quelques succès vers Fiume. Eugène y porta la division Pino, 4e* général Nugent fut battu. Hiller, renforcié, |)assa la Drave, le ig septembre, et obtint quelques avantages sur les divisions Verdier et Gratien. Eugène se maintint à Tarvis. Mais les Dalmates et les Croates s’étalent soulevés, l’Istrie et l’Iliyrie étaient perdues; dès le commencement d’octobre, la Bavière avait accédé à la coalition. Hiller fila avec son corps de bataille en remontant la Drave sur Prunecken, pour joindre sa droite dans la vallée de l’Adige, et porter le théâtre de la guerre par Trente sur Vérone; sa gauche resta dans le Frioul. Eugène ne pouvait plus tenir dans les montagnes. Il résolut de se replier. Alors commencèrent ses alarmes. A Gradisca il décréta une levée de quinze mille conscrits en quinz<; |ours et adressa une proclamation aux peuples d’Itali(^, leur parlant de gloire et aussi d’indépendance;
EMPIRE. — AN l8l3.
mais ces mots ne produisaient aucun effet. Le découragement, une force d’inertie paralysaient toutes les ressources. Le 1 1 octobre , il commimiqua ses inquiétudes au ministre de la guerre de France, et lui demanda des fusils , des renforts et des instructions sur ses opérations. ,
Clarke ne savait rien de l’Italie. L’Empereur lui avait seulement prescrit de faire préparer sur la frontière des Alpes, tout ce qui était nécessaire pour une armée qui s’y réunirait dans la supposition où l’Italie serait perdue, et pour pouvoir, en cas d’évènement, rester maître de tous les débouchés. On ne pouvait y envoyer des armes et des hommes, à cause des besoins pressans des armées d’Espagne et d’Allemagne. Le ministre estimait qu’Eugène pouvait faÉikment porter son armée à quatre-vingt mille hommes, que par conséquent il n’avait rien à craindre. Quant à sa manière de manoeuvrer , persuadé que l’Empereur lui avait donné carte blanche, Clarke ne pouvait se permettre de lui donner des instructions. Eugène dut se contenter de ses ressources.
De l’Izonzo il se replia sur la Piave, l’ennemi se montrait en force à Bassano. Il n’y avait pas un moment à perdre. Il fallut livrer une sanglante bataille de deux jours, le 3i octobre et le i" novembre. La ville resta à l’armée italienne qui y passa la nuit. Traversant Padoue et Vicence , elle alla prendre position à Verone et à Legnagno. Elle avait fait des pertes difficiles à réparer. Les Autrichiens allaient se renforcer. "Vingt-cinq mille hommes sous Klenau, envoyés *
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