‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 189 sur 300 · CHAPITRE XCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCV

envoyés après la reddition de Dresde, filaient par la Bavière et le Tyrol sur l’Adige. Le maréchal Bellegarde venait prendre le commandement en chef. Dans cette situation critique, Eugène ne désespéra point de la cause qu’il servait et déploya activité et courage. Il courut en Tyrol, chassa l’ennemi de Brescia, le culbuta dans un engagement sérieux à Caldiero; mais ces combats n’étaient pas décisifs.

La coalition fit un autre genre de guerre à Eugène et tenta son ambition. Vers le i5 novembre, un parlementaire autrichien se présenta aux avantpostes pour lui remettre des papiers très importans. Il s’y rendit et trouva un aide-de-camp du roi de Bavière, chargé de la part du roi de lui faire les plus belles propositions, et de l’assurer que les souverains coalisés approuvaient qu’il s’entendît avec son beaupère pour s’assurer la couronne du royaume d’Italie. Eugène repoussa ces propositions flatteuses et en rendit compte à l’Empereur. La vice-reine cessa toutes relations avec sa famille ». Eugène n’eut pas de royaume, mais il conquit de nouveaux droits à l’estime de ceux qui avaient en vain cherché à ébranler sa fidélité.

Au fond de l’Italie , l’Empereur avait un allié , le roi de Naples, Murat, son beau-frère. Il pouvait faire une diversion importante; malheureusement il y avait sur ses dispositions des bruits qui n’étaient pas rassurans. A Mayence, pendant le séjour qu’il y

' I.ettre d’Eugène à m «œur Horteose, Vérone, ig novembre.

EMPIRE. AN l8l3.

fit en novembre , Napoléon reçut des rapports sur Murat, d’après lesquels il aurait dit qu’il allait organiser son armée, la réunir, et attendre les évènemens; qu’il ne voulait point se perdre avec l’Empereur, que s’il ne faisait pas la paix , il s’allierait avec les ennemis; qu’il voulait avant tout conserver son royaume. Napoléon demanda à Daure , ordonnateur en chef de l’armée, qui avait été ministre de la guerre à Naples, s’il croyait Murat capable d’une semblable conduite. Daure se borna à répondre qu’il ferait tout pour conserver son trône. « Mais enfin, répliqua l’Empereur, c’est moi qui l’ai fait roi de Naples; c’est à sa femme qu’il doit son royaume. S’il n’avait pas été mon beau-frère, je n’aurais jamais pensé à lui; tous les autres maréchaux avaient autant de droits Je ne puis croire à tant d’ingratitude Et pourtant, rien n’est plus vrai ( En effet

il s’était ouvert à Ney avec lequel il était venu A Mayence). Au reste, il y a deux hommes qui ne m’ont jamais pardonné d’être roi de France, Bernadotte et Murat. On dirait que je me suis mis à leur place*. » Si Murat, chemin faisant, n’ébaucha pas conditionnellement, en Allemagne, son accession à la coalition , en traversant lltalie , il dit hautement aux uns , qu’il viendrait au secours du prince Eugène, et secrètement à des amis de l’indépendance, qu’il embrasserait leur cause. Dès qu’il fut arrivé dans ses états, il renoua sur-le-champ les négociations

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^ Mémoires de Bausset.

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