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CHAPITRE XCIX

les deux maréchaux passèrent l’Ourcq, serrant de près l’arrière-garde de Kleist.

Blücher ne savait pas encore où et comment il traverserait l’Aisne , lorsqu’un hasard imprévu vint lui en offrir le moyen et le tirer d’embarras. Le i*' mars,, il avait donné l’ordre aux corps de Bulow et de Wintzingerode , venant de Belgique à travers la Picardie, de s’avancer sur Soissons. Ils parurent, le 2 , •

devant cette place, l’investirent, établirent des batteries, et la canonnèrent. La garnison était composée du régiment de la Vistule, fort de quatorze cents hommes ; les remparts étaient garnis d’artillerie. Le feu de la place fut aussi vif que celui de l’ennemi.

Le canon se faisait entendre sur l’Ourcq , c’était celui des deux maréchaux qui poursuivaient Kleist. Bulow et Wintzingerode savaient que l’armée de Silésie était en retraite , et allait être acculée sur l’Aisne. U n’y avait pas un moment à perdre. Avant de tenter l’assaut , l’ennemi fit une sommation. Le général Moreau capitula , à la condition de se retirer, avec la garnison et l’artillerie, à Villers-Cotterets.

Ija place fut remise le 3 à midi. Les colonnes deBlucher marchèrent pendant toute la nuit. Le ù huit heures du matin , son armée fut réunie sous les murs de Soissons et passa l’Aisne.

li’Empereur apprit la reddition de cette place en arrivant à Fismes. L’armée fit éclater son indignation. Non-seulement l’armée de Silésie échappait à une bataille désastreuse , mais elle se trouvait portée de soixante mille bômmes à cent mille. La perte de

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cette place changeait toute la face des choses, et fut la principale cause des désastres de la campagne. La lâcheté et l’impéritie d’un général furent plus fatales à la France que toutes les forces réunies des puissances. C’est une vérité attestée par l’ennemi.'

L Empereur rendit à Fismes ce fameux décret motivé sur la déclaration des généraux ennemis, qu ils feraient fusiller tous les citoyens pris les armes à la main : il portait que tous les citoyens français étaient non-seulement autorisés à courir aux armes, mais qu’il leur était ordonné de le faire; de sonner le tocsin quand ils entendraient approcher le bruit du canon français; de se réunir, de parcourir les bois ; de rompre les ponts , de couper les routes et d attaquer les flancs et les derrières de l’ennemi; que chaque citoyen français, prisonnier de guerre, qui serait exécuté , serait immédiatement vengé , en représailles , par la mort d’un prisonnier ennemi.

Des maires , des magistrats , loin d’encourager les citoyens, les détournaient de s’armer pour faire le plus de mal possible à l’ennemi , qui ne les épargnait pas. Un décret déclara que ces fonctionnaires seraient considérés comme traîtres et traités comme tels.

Ces mesures ont été l’objet d’accusations contre l’Empereur. S’il y avait un reproche à lui faire , c’était de les avoir prises trop tard , et seulement par représailles. La plupart appartenaient à la levée en

‘ «apport de Bulow Plotho.

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