CHAPITRE XCIX
masse du peuple français , qui aurait dû précéder l’ouverture de la campagne et l’invasion
Si la reddition de Soissons à l’ennemi était un évènement funeste pour les opérations militaires, les négociations n’offraient pas une perspective plus consolante. Les commissaires nommés pour la conclusion d’un armistice, n’avaient rien terminé, et le 27 février les conférences avaient été rompues. Napoléon , disaient les alliés , avait mêlé à la question militaire, des questions qui ne pouvaient être traitées qu’au congrès de Châtillon , et paraissait avoir eu bien moins en vue de conclure un armistice, que de diviser les alliés, en reproduisant, surtout contre l’Angleterre, les mêmes reproches et les mêmes accusations qui, depuis dix ans, avaient servi de prétexte pour perpétuer la guerre. Cependant ils n’étaient que trop fondés.
Au congrès de Châtillon, les affaires n’étaient pas en meilleur état. Une quatrième conférence se tint le a8 février. Les plénipotentiaires des alliés demandèrent à Caulaincourt une déclaration distincte et explicite sur le projet de préliminaires de paix qu’ils avalent présenté le 1 7, et basé sur l’offre faite par lui, dans sa lettre du 9, à Metternich. Si, à l’expiration d’un terme convenu, il ne donnait pas une réponse d’accord en substance avec le projet, la négociation serait regardée comme terminée. Le plénipotentiaire autrichien ajouta qu’on n’écouterait aucune proposition qui différât essentiellement du sens de l’offre déjà faite par Caulaincourt , et que si
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pareille prétention était mise en avant par la France, les alliés seraient obligés, quoique’à regret, de remettre la décision au sort des armes.
L’Autriche fut chargée de faire cette menace, pour ôter tout espoir à Napoléon de l’intéresser à sa cause, et pour répondre à une lettre qu’il avait écrite à son beau-père. Elle avait été communiquée aux cabinets alliés par Mettemich, elle y avait été déclarée insidieuse et récriminative.
Caulaincourt se rejeta sur la haute importance des questions qu’embrassait le projet et les retards qu’éprouvaient ses courriers pour communiquer avec son gouvernement. Le terme pour la remise de la réponse fut fixé au lo mars.
Le lendemain de cette quatrième conférence. l’Autriche, la Russie, l’Angleterre et la Prusse, signèrent, le 2 mars, à Chaumont, un traité d’alliance défensive. Les alliés promettaient de tenir constamment en campagne chacun cent cinquante mille hommes; l’Angleterre fournissait un subside de cinq millions de livres sterling, payable par égale partie, à chacune des trois autres puissances, mensuellement, pendant l’année i8i4-Dansle cas où les états de l’une des parties contractantes seraient menacés d’une attaque de la France, les autres viendraient immédiatement à son secours , chacune avec un corps de soixante mille hommes dont dix mille de cavalerie. L’Angleterre se réservait de fournir swi contingent en troupes étrangères, à sa solde, ou de payer annuellement une somme d’argent au taux