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CHAPITRE XCIX

combat de Reims n’était pas propre à le rassurer; il était difficile à concilier avec la défaite totale de l’Empereur, dont les rapports prussiens s’étaient vantés. Pour être en mesure dans tous les cas, le généralissime prit un terme moyen. Sans abandonner le passage de la Seine, qui venait de lui être cédé, il étendit son armée vers sa droite sur une longue ligne dont la droite était couverte par des corps détachés dans toutes les directions par lesquelles on pouvait attendre Napoléoh.

S’il n’avait pu triompher k Laon de l’excessive supériorité de l’armée de Silésie, il l’avait jetée hors de sa ligne d’opérations, et l’année française, occupant Soissons, Reims et Châlons, coupait la communication entre les deux armées ennemies. Mais Schwarzenberg , malgré la timidité de ses mouvemens, gagnait du terrain et menaçait Paris; c’était donc sur lui qu’il fallait maintenant marcher. On pouvait espérer, par un mouvement rapide, de rencontrer un point faible dans la longue ligne qil’il occupait.

L’Empereur fit passer l’ordre au général Dututte de tirer douze mille hommes des places de la 3' division , et de venir joindre l’armée à Chàlons. Le maréchal Ney offrit d’aller organiser la levée en masse dans les départemens de la Meurthe, de la Moselle et des Vosges. Mais l’Empereur ne le voulut pas, pour ne pas sans doute se priver des sérvices d’un de ses lieutenans aussi bcave que déVôüé. ‘

Pour masquer son mouvement et couvrir Paris au

EMPIRE. AW 1814.

besoin , il laissa sur l’Aisne les corps de Mortier et Marmont, montant à environ treize mille hommes d’infanterie et six mille chevaux. Il ne conserva avec lui que dix mille hommes d’infanterie et moins de six mille de cavalerie. Il attendait quatre mille cinq cents hommes d’infanterie et quinze cents chevaux de la garde , que Lefebvre-Desnouettes lui amenait de Paris. Il comptait être rejoint sur l’Aube, le 20,' par Macdonald avec vingt-deux mille hommes d’infanterie et plus de neuf mille chevaux. C’était donc une armée de cinquante-cinq mille hommes , dont plus de dix-sept mille de cavalerie. La totalité des troupes que l’Empereur avait à opposer à Blücher et à Schwarzenberg , n’était plus que de soixante-dixsept mille hommes.

Cette situation était très critique , l’Empereur ne se le dissimulait pas. C’est ce que prouve la lettre que, le 16 mars, il écrivit, de Reims, à son frère Joseph; lettre qui, quelques jours après, motiva une résolution à laquelle on a attribué un effet fatal pour lui et pour la France.

« Conformément ■ aux instructions verbales, lui mandait-il , que je vous ai données, et à l’esprit de toutes mes lettres , vous ne devez pas permettre '.que, dans aucun cas , l’Impératrice et le roi de Rome tombent entre les mains de l’ennemi. Je vais manœuvrer de manière qu’il serait possible que vous fussiez plusieurs jours sans avoir de mes nouvelles. Si 1 ennemi s’avançait sur Paris avec des forces telles que toute résistance devînt impossible , faite»

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