‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 273 sur 300 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

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de Paris qu’il appartenait, dans les circonstances actuelles , accélérer la paix du monde. Son vœu était attendu avec l’intérêt que devait inspirer un sî immense résultat. Elle n’avait qu’à se prononcer , et dès ce moment l’armée qui était devant ses murs deviendrait le soutien de ses décisions. Les Parisiens connaissaient la situation de leur patrie, la conduite de Bordeaux , l’occupation amicale de Lyon , ils trouveraient dans ces exemples le terme de la guerre étrangère et de la discorde civile; ils ne sauraient plus le chercher ailleurs.

La conduite de Bordeaux! c’était de proclamer les Bourbons. La proclamation sortait de chez Talleyrand.

L’Europe en armes sous les murs de Paris , rien de préparé pour sa défense, de mauvais tambours en charpente aux ponts de Saint-Maur, de Charenton, de Neuilly et aux barrières; aucun ouvrage de campagne sur les hauteurs qui dominent la ville au nord.

D’après les ordres de l’Empereur, il devait y avoir à Paris deux cents bouches à feu pour l’armement des différens ouvrages , et des pièces de gros calibre sur les hauteurs de Montmartre ; il ne s’en trouvait ' que soixante-douze, dont un tiers de huit et deux tiers de quatre. Quarante-quatre pièces, dont vingt de huit, furent réparties entre les douze grandes barrières. Les vingt-huit autres formèrent deux réserves, dont l’une à la barrière de Fontainebleau, l’autre à la barrière du Trône.

En suite du décret du 8 janvier, la garde nationale de Paris était de trente mille hommes. Le tiers seulement était armé , quatre mille ne le furent même que du 29 au 3o.

Après l’avoir répartie en détachemens pour le service intérieur, pour la garde des barrières, et en ré- . serve pour porter secours aux points menacés, il en sortit environ trois mille , sous le commandement du maréchal Moncey, pour prendre rang dans l’armée.

Depuis le départ de l’Impératrice à qui on donna par un luxe criminel ou absurde une escorte de mille hommes de cavalerie pris dans le dépôt de Versailles, quinze cents hommes d’infanterie et trois cents chevaux de la garde , l’armée ne comptait plirs que dix -huit mille fantassins et cinq mille cinq cents cavaliers. C’était tout ce qu’on allait opposer à cent vingt mille hommes d’infanterie et vingtsix mille de cavalerie, suivis de près par de fortes réserves. Dans les dépôts situés à une ou deux marches de Paris, il y avait environ vingt mille hommes, savoir à Versailles deux mille, et dans le dépôt général des remontes cinq ou six mille cavaliers, dont bon nombre d’officiers ; on ne les fit pas venir.

Le magasin 'de Grenelle contenait deux cent cinquante milliers de poudre en barils, cinq millionsde cartouches d’infanterie, vingt-cinq mille cartouches à boulets, trois raille obus chargés. Les munitions manquèrent le 3o, et l’étranger, qui n’en avait plus, les trouva le léndemain fort à propos. Lâche et sotte imprévoyance, négligence calculée, trahison, tout

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