‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 272 sur 300 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

6ui

se replia sur la route de Paris , et prit position à Claye, où il fut joint par trois bataillons de la jeune garde sous les ordres du général Guye, par quatre cents cuirassiers et quatre cents lanciers polonais. Attaqué par les Prussiens , Compans prenant despositions , disputant le terrain , et leur faisant éprouver des pertes , notamment à Grosbois et à Ville-Parisis , se retira à Boudy.

Mortier et Marmont, parvenus ensemble à Nangis, s’étaient séparés. Le premier avait pris le chemin de Guignes, le second celui de Melun. Schwarzenberg poussa , par là roule de Lagny, deux colonnes sur Meaux.

Le aq , de bonne heure , la cavalerie prussienne ' d’avant-garde s’engagea avec le général Vincent. Peu d’instans après, se présentèrent aux avant-postes, en parlementaires , un aide-de-camp de Blücher et un officier d’état-major de l’empereur Alexandre , chargés de porter des paroles de paix au gouvernement à Paris. D’après les ordres de Compans, Vincent reçut les dépêches; elles étaient adressées au duc de Feltre y ministre de la guerre. Que contenaient-elles ? On l’ignore. Mais les coalisés savaient très bien que la régence n’avait pas le pouvoir de décider du sort de la France , et qu’elle ne pouvait que référer à l’Empereur de toute ouverture qui serait faite. Ils n’avaient donc pour but que d’ébranler la fidélité de ses principaux fonctionnaires , d’encourager les .traîtres à se mettre en action , et d’emporter la capitale par terreur et surprise. Après le

6aa

AN l8l4-

renvoi des parlementaires, le général Yorck insista pour une suspension d’armes de quelques heures ; elle fut convenue, à condition que les années resteraient dans leurs positions respectives. Mais les éclaireurs de Vincent ayant prévenu que les colonnes prussiennes manoeuvraient pour couper le générai Compans, il se replia sur Paris et s’établit à la butte de Beauregard, à la tête de Belleville. Le général Ornano, avec les dépôts de la garde, éclairait, depuis le matin , la route d’Allemagne , et était en avant du faubourg de la Villette. Mortier et Marmont, réunis à Brie, repassèrent, à midi ^ la Marne à Charenton.; ils occupèrent Saint-Mandé, Vincennes, Charonne , Montreuil , Charenton , Conflans , Bercy et Picpus. L’armée alliée, de son côté, compléta au nord-est l’investissement de Paris.

Une proclamation de Schwarzenberg , du quartier général de Bondy, le ag, annonça aux habitans son arrivée. Le but de la marche des alliés était fondé sur -l’espoir d’une réconciliation durable et sincère avec la France. Depuis vingt ans l’Europe était inondée de sang et de larmes; les tentatives faites pour mettre un terme à tant de malheurs avaient été inutiles , parce qu’il existait dans le pouvoir même du gouvernement qui opprimait les Français, un obstacle insurmontable à la paix. Quel Français ne serait convaincu de cette vérité? Les souverains alliés cherchaient de bonne foi une autorité saluttiiré en France qui pût cimenter l’union de toutes les nations et de tous les gouvernemens.U’était à la ville

Page 1