‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 275 sur 300 · CHAPITRE CL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CL

Suites de la manœuvre de Napoléon. — Terreur panique de l’empereur d'Âutriche. — Arrestation de personnages diplomatiques. — Mission donnée à Weissenberg par Napoléon.— Combat de Saint-Dizier. Napoléon accourt sur la capitale. -

Bataille devant Paris Capitulation. — Napoléon arrive à

Fromentau, et se retire à Fontainebleau. — L’armée évacue Paris. — Entrée des coalisés. — Leur déclaration. — Talleyrand pour les Bourbons. — Gouvernement provisoire. — Le sénat prononce la déchéance de Napoléon. — Déchaînement des royalistes.

Dans un moment aussi critique , il fallait un homme , il ne se trouva pas. Celui qui avait absorbé toutes les individualités, qui faisait tout mouvoir, était éloigné; que faisait-il? Le il\ mars, il était à Vassy. Le à Doulevent. Wintzingerode le suivait. De Vassy , Napoléon avait dirigé la division Jacquinot vers Bar-sur-Aube et la division Piré vers Chaumont. Ce mouvement jeta l’épouvante au quartier pacifique de l’empereur d’Autriche ; il s’enfuit avec un gentilhomme et im domestique ; il fit d’une seule traite treize lieues dans la traverse , et se réfugia a

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Dijon , où il resta trente heures réellement prisonnier. Le parc général d’artillerie et les gros bagages s’enfuirent vers Béfort, harcelés par la levée en masse qui détruisit beaucoup de voitures et de détachemens isolés , et prit des convois d’évacuation d’hôpitaux, plusieurs officiers d’état-major et agens (hplomatiques. On distinguait parmi eux Weisseuberg, ambassadeur d’Autriche en Angleterre, revenant de Londres , le général suédois de Brandt , le conseiller de guerre Peguilhem, Tolstoy et Markoff, officiers russes. Vitrolles, envoyé par Talleyrand auprès des souverains , et qui s’était rendu ensuite auprès du comte d’Artois , fiûsait partie de cette capture j il se fit passer pour domestique et s’échappa. Les paysans crurent avoir pris le prince lui-méme pour qui des relais étaient commandés sur cette route.

Napoléon profita de cet accident pour tenter une démarche directe auprès de son beau-père. Il en chargea Weissenberg. Il fut remis en liberté, avec ses compagnons, on leur rendit leurs papiers, et on leur procura des chevaux. C^e mission n’eut aucune suite, puisque, ddns ce moment, l’empereur d’Autriche était entraîné par une terreur panique à Dijon , et qu’il était loin de Paris lorsque tout s’y décida.

Deux lettres que, le même jour, Caulaincourt écrivit de Doulevent à Metternich, font présumer le but de cette mission. Napoléon lui avait remis ses derniers ordres pour la conclusion de la paix, et

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tous les pouvoirs nécessaires pour la négocier de la manière la plus franche et la plus positive, et la signer avec les ministres des cours alliées. Il était donc prêt à se rendre à leur quartier général. « Ne laissez pas à d’autres, mon prince, écrivait-il, le soin de rendre la paix au monde. Il n’y a pas de raison pour qu’elle ne soit pas faite dans quatre jours. Si votre bon esprit y présidé , si on la veut aussi franchement que nous, saisissons l’occasion et bien des fautes et des malheurs seront réparés. Votre tâche est glorieuse , la mienne sera bien pénible . mais puisque le repos et le bonheur de tant de peuples en peuvent résulter, je n’y apporterai pas aoins de zèle et de dévoûment que vous. » ‘

- Ces lettres n’apprennent encore rien sur l’étendue des sacrifices auxquels s’était résigné l’Empereur. Elles eurent du reste le même sort que la mission de Weissenberg. Chez les . coalisés il n’était plus question de paix.

Informé, le 26, par Macdonald que, jusque-là, l’arrière-garde n’avait vu que de la cavalerie , Na- ' poléon résolut de revenir sur ses pas , et, en forçant le rideau que l’ennemi avait jeté devant ses colonnes, de reconnaître si l’armée coalisée le suivait. L’avantgarde fut culbutée et rejetée derrière la Marne. Winfzingerode, en bataille au-delà de la rivière, fut attaqué et mis en pleine déroute sur la route de Barsur-Ornain. Ondinot entra à Saint-Dizier et pour-

* Lettres du aS. .

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