‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 276 sur 300 · CHAPITRE CI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CI

suivit les ennemis. Ils perdirent plus de deux mille hommes, dont cinq cents prisonniers, neuf canons, un équipage de pont et tous leurs bagages.

Le combat de Saint-Dizier démontra à l’Empereur qu’il n’avait été suivi que par un corps détaché, et confirma le rapport des prisonniers ennemis que les armées coalisées marchaient sur Paris. Abandonnant la capitale à sa destinée , Napoléon était maître de ses mouvemens , rien ne l’empêchait plus de rallier les garnisons du Rhin et de la Moselle, d’organiser la levée en masse, de fermer les routes et de rompre les communications des armées ennemies engagées au cœur de la France. Depuis l’ouverture de la campagne , il n’avait cessé de prévoir cette rude extrémité et s’était familiarisé avec elle. Ses plans étaient, faits , il n’y avait plus qu’à y persister et à les exécuter tête baissée. Mais au moment d’agir tout changea ; la considération des dangers de Paris l’emporta. On fatiguait continuellement Napoléon de ce tableau. Il céda, et se décida à marcher au secours de la capitale.

En prenant, sans perdre un instant, la route la plus courte, il est douteux qu’il fut arrivé à temps. Le 27 au matin, l’armée se dirigea sur Vitry. Le commandant fut en vain sommé de se rendre, on renonça à une attaque de vive force. Alors recommença l’incertitude. Il décida enfin que l’armée reviendrait sur Saint-Dizier d’où elle se dirigerait sur Troyes et de là sur Paris par la gauche de la Seine. Le mouvement commença de suite; mais c’était une journée

-63o ' EMPIBK. AN l8/4-

perdue et une forte marche de plus pour les soldats. Pour comble de malheur l’armée était disséminée, Toute la cavalerie légère avait été jetée sur Chau* mont : Oudinot avait poussé jusqu’à Bar-suiOmain. Lorsqu’il revint à Saint-Dizier, il rapporta qu’il avait poussé des partis en avant , pour avoir des nouvelles du général Durulte; qu’il était sorti le 26 de Metz, qu’il se trouvait, le 27 à Thion ville; que les populations de la Meuse, de la Moselle et des Vosges, déjà en partie insurgées et armées, demandaient et n’attendaient que le signal de la levée en masse. Oudinot réclama l’autorisation de faire cet appel. Berthier s’y opposa, sous le prétexte qu’il faudrait de la cavalerie pour soutenir cette levée, et qu’il était impossible d’en détacher de l’armée. Son avis prévalut. La cavalerie n’était pas nécessaire dans un pays de bois et de nmntagnes. Mais on ne voulait pas de mouvement populaire.

Le 28, l’Empereur se porta à Montierender.Leaq, étant en route pour Vandœuvre , et sans nouvella de Paris depuis dix jours, il rencontra un émissaire de Lavalette, porteur d’un simple papier portant ; « Les partisans de l’étranger, encouragés par ce qui se passe à Bordeaux, lèvent tête; des menées secrétes les secondent. La présence de Napoléon est nécessaire , s’il veut que sa capitale ne soit pas livrée a l’ennemi. Il n’y a pas un moment à perdre.» U expédia son aide -de - camp, le général Dejean pour annoncer son retour. Au pont de Doulencourt on trouva une troupe de couniers et d’estafettes qui

Page 1