‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 69 sur 300 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

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déchus du trône, et nommait une commission de ciuq membres pour exercer provisoirement le pouvoir exécutif; des lettres de service par lesquelles ' elle chargeait Malet du commandement des troupes de la première division et de la place de Paris ; un arrêté qui lui conférait le grade de général de division; l’épuration des autorités; le remplacement du ministre de la police générale et du préfet de police par les généraux Lahorie et Guidai, ennemis du gouvernement , détenus à Paris ; tout fut prévu , calculé, préparé. Malet projetait, Lafon soignait la rédaction et la forme, Rateau faisait les expéditions. Ce travail, qui devait être secret, renfermé entre trois personnes , était considérable, il dura plusieurs mois, et ne se trouva terminé qu’au commencement d’octobre; le moment était favorable, depuis quinze jours Paris était sans nouvelles de l’armée de Russie. Alors Malet se décida à agir. Il réunit , chez le prêtre espagnol Caamagno , autre connaissance de prison , place Royale, tous ses documens, des armes, un uniforme de général pour lui, un d’aide-de-camp pour le caporal Rateau, et une ceinture de commissaire de police. Il s’assura de deux chevaux et de leur harnachement. Il fixa l’exécution de son plan à la nuit du a 2 au 2 3 octobre.

A onze heures du soir, Malet et Rateau se rendirent chez Caamagno , prirent leurs costumes , allèrent rejoindre leurs chevaux, et se dirigèrent successivement aux quartiers du a® régiment d’infanterie delà garde <le Paris et de la 10* cohorte des gardes nationales.

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JVfalet montra toutes ses fausses paperasses aux deux chefs, Rabbe et Soulier, qui eurent la bonhomie d’y croire et de mettre leurs corps à sa disposition. Malet les harangua , leur annonça la mort de l’Empereur, les résolutions prises par le sénat, et envoya plusieurs détachemens au trésor, à la Banque, à la poste aux lettres et à l’Hôtel-de-Ville.

A la tête du reste de ses troupes, il se dirigea vers la Grande^ Force , où les généraux Lahorie et Guidai étaient détenus, les délivra, leur expliqua en peu de mots l’état des affaires, leur remit leurs nominations, et leur donna à chacun un détachement en leur recommandant d’aller promptement occuper leurs postes, et d’envoyer dans leurs places, à la Force, les deux fonctionnaires auxquels ils succédaient. Un Corse , nommé Boccheciampo , fut aussi mis en liberté, et nommé préfet de la .Seine.

Malet marcha ensuite à la place Vendôme, il faisait grand jour; il entra chez le général Hullin, loi annonça les nouvelles, et lui déclara qu’il le remplaçait et qu’il était chargé de le faire garder à vue : Hullin lui demanda de représenter ses ordres; Malet tira un pistolet et le lui déchargea au visage, Hullin tomba baigné dans son sang.

Malet se porta à l’état-major de la première division militaire, situé aussi place Vendôme, fit arrêter le chef de bataillon Laborde, entra chez l’adjudantcommandant Doucet, chef de l’état-major de la place, lui remit ses pièces, et l’informa de ce qu’il avait

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