‹ Le Contrat Collectif De TravailChapitre 9 sur 51 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

dérable : dans bien des usines, dans bien des fabriques, dans bien des métiers, au lieu de l’ouvrier isolé louant individuellement son travail, il s’agit d'accords syndicaux, de sentences arbitrales, de tarifs adoptés de part et d'autre par les patrons et les ouvriers : en un mot, à côté de l’ancienne forme du contrat de travail individuel, où le patron seul embauchait l’ouvrier isolé, est apparue une forme nouvelle, l'accord entre des collectivités à propos du travail.

Quelle est cette nouvelle forme, quel est ce nouveau droit avant la lettre? Le contrat collectif répond-il à un idéal de justice sociale supérieur ? Convient-il de le réglementer et pour cela est-il possible d'en faire la raéore ? Ne présente-t-il pas un terrain suffisamment large pour réunir comme partisans tous les amis sincères de l’ouvrier ? Ne serait-il pas un remède aux lacunes du vieil individualisme et aux insuffisances de l'Ecole libérale, sans nous jeter dans un Etatisme toujours grandissant? Est-il un rêve ou la réalité bienfaisante de demain que nous devons appeler de tous nos vœux ?

Le but de cette étude serait de rechercher simplement et de bonne foi quelque essai de solution à toutes ces questions qui nous envahissent en présence de ce nouveau venu...

Certes la tâche est des plus complexes et des plus ardues : la matière n’existe que d’hier et son indéniable actualté en rend l'étude difficile et dangereuse : quelles que soient nos préférences ou nos espoirs, le plus sage est encore de tenter et de vouloir résolument faire œuvre scientifique, sur le solide terrain des faits : seuls, ils peuvent permettre d’asseoir utilement quelques hypothèses ou quelques théories, quelques projets ou quelques désirs. Le reste est livré aux disputes humaines.

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