INTRODUCTION
Chaque époque comporte de nouveaux problèmes ; chaque siècle fait naître de nouvelles relations sociales qui ne doivent laisser indifférents aucun de ceux qui les constatent : la solidarité seule de tous les membres du corps social, par laquelle chacun subit le fait de tous comme tous se ressentent du fait de chacun, devrait suffire, à défaut de charité ou d'amour du prochain, à attirer l'attention sur ces graves problèmes. Mais ce sont l’économiste et le juriste qui observent avec un intérêt croissant ces cas nouveaux qui viennent dans la sphère de leurs études.
Or il est parmi ces relations sociales nouvelles, parmi ces cas récents, un problème particulièrement attachant, non seulement par son originalité et par ses difficultés techniques, mais surtout par son extrême importance pratique, par ses conséquences susceptibles de modilier profondément le régime du travail, je veux parler des relations entre patrons et ouvriers groupés à l’occasion du contrat de travail, du contrat collectif.
Sans doute aucun article du Code, aucune loi nouvelle, du moins en France, ne réglemente ces relations juridiques et ne les fait passer, par la cristallisation des textes, de l’état de relations sociales indéterminées dans la série de nos types juridiques connus. Mais le contrat collectif a
pris depuis une vingtaine d'années une extension consi-