‹ Le contre de l'or et du silenceChapitre 18 sur 46 · DE I. OH · texte numérisé non relu

DE I. OH

Réduisirent el les pressurèrent; et les êtres de violence souffrirent.

Jl n'est nulle pari un navre sur pour qui vil Ion sa conscience et la vraie loi; pourtant les ges ne meurent pas tout entiers; si leur lamp brise sous le poing du plus fort, plus tard repris le parchemin qu'ils lisaient, lues les tablettes qu'il remplissaient.

Toute la science est dans le désir de la toute intelligence dans l'étude de l'intelliu toute vertu est d'aimer son intelligence dans l'intelligence universelle. La primordiale obscurité, le chaos où rampaient les êtres informes, ne point abolis par une structure postérieure el supérieure de L'homme el de l'univers. Ils existent aux

âmes basses absorbées par les fonctions du vivre.

toujours la foule se saisira du contemplateur

taciturne et doux, pour le battre de verges "il poulie mettre à mort. Le devin ignorant prescrira le crime et les plus heureux parmi ceux de l'idée traîneront par le momie la vie déshéritée.

Ces! ainsi que vinl mourir ici, miraculé

ment sauvée des poings el des pierres d'une populace el toute froissée du nombreux aie d'une

foule, Théano la sa\ ante, qui vécul et p imme

un homme, (leux de sa ville la d» '-lestaient pour sa

beauté, parce qu'elle était éclairée d'un reflet d'intelligence [dus puissant «pie die/ lesautres femmes,

et que ses grands yeux noirs scintillaient d'une durable goutte de ciel, que cette beauté était distante des agréments de celles qui filent la laine et aussi de celles qui se promènent indolemment devant les jeunes marchands. Ils la haïssaient de ne la point comprendre , car, outre l'élévation de son esprit, elle était diverse. Elle expliquait longuement aux jeunes hommes qui cherchaient la vérité, les naissances et les jeunesses de Punivers, puis elle chantait les souffrances endurées du Titan et la beauté de celle dont le sourire naquit dans une aube de nacre sur la mer.

Quand les aïeux chantaient, disait-elle, les Immortels hantaient la feuillée légère, ils circulaient dans la nuée, et la caresse de la brise gonflée de tendresse sous les étoiles c'était leur méditation et l'allure de leur bonté. Leur courroux tonnait dans la rafale et leur bénignité donnait l'arbre aux campai: nés, et le blé; et tout devenait dieu pour avoir apparu. L'homme couché sous la main des dieux rêva d'abord les sources de bonheur et se réjouit de les voir maîtres du feu qui le réchauffait, et des troupeaux qui le nourrissaient; il les pria

les longues années d'errance et les remercia de sa cité commode; puis, comme les orages sont plus fréquents que les jours de pureté albe, et que le malheur visite plutôt les maisons, demandant humblement l'hospitalité et fuyant sournoisement,

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parmi l'éclat des pleurs, *|u«* le bonheur qui vient au son des flûtes et des gaies sonnailles, ils les craignirent. 0 terreur lourde de celui dont une arbitraire colère des dieux peut disperser la chimère, comme des pailles qui dansent folles à tous les coins de l'horizon! 0 terreur de l'homme qui ne peut vivre sans l'invisible témoin et qui entend par la nuit noire rapproche rauque «les Euménides, cherchant le péché dans la ville endormie!

Les dieux iils des hommes devaient disparaître. Jupiter est fils de Minerve, la déesse de l'Intelligence, la parure constellée d'étoiles de notre mil Cest Minerve qui le bâtît sous nos veux, statue colossale dont le front touchait le fronton du plus haut temple, en symbole de l'idole énorme que peut construire l'immensité de nos terreurs et l'exiguïté de notre science. Cest un débile rameur pleurant dans l'ouragan, <pii\it se lever Neptune échevelé, c'est un poltron embarrassé «le son bouclier dans le bois obscur qui rêva que Diane lançait des flèches, el entendit dans les chênes agités par le vent le hurlement formidable de Mais. Il n'est de dieux ou de déesses «pie la Beauté; la

conter encore qu'elle naquit dans l'anhe de nacre de la mer, el la Sagesse, laisse/ conter encore

qu'elle protégea le subtil Ulysse, car il faut rêver

tout haut, et que les autres qui nous écoutent révent aussi, mais vc\cv de la joie et non de la ter-

ET DU SILENCE I l3

reur. Écoutez la voix fabuleuse de Marsyas; si quelqu'un court les bois si fort qu'on l'entende de toutes les cités c'est lui, car il est le bois luimême, ses oiseaux, ses bonds de bêtes et l'agilité des bergers, et leur chanson.

Déchirez vos robes de terreur! Vous ne suppliez que des pierres non spécieuses; déchirez vos robes de terreur! car personne ne veille d'un œil jaloux sur toutes vos actions ; le ciel de cristal clouté d'étoiles d'or est vide et sans regard. Seul votre esprit va se cogner à la coupole solide. Vivez dans la contemplation, vivez dans l'esprit. Les minutes de l'esprit sont fécondes et le bonheur naît de vous-même. Laissez passer les brillants cortèges, avec les corbeilles de fleurs odorantes reposant sur des têtes jolies, et les chariots ornés, et les prêtres heureux, car là est toute la religion. C'est un chant à certains jours. Déchirez vos robes de terreur !

Il n'est de dieu et de déesse que la Naissance, et que la Mort et que l'Esprit. Vous ne mourez pas, vous finissez, vous repartez dans la course bondissante des atomes et vous virez selon des curiosités recommencées. Les champs de la mort sont clairs et dorés, ils sont ceux de la connaissance. Il n'est point de Tartare ni de juges à son seuil, il n'est que Léthé et que Champs-Elysées. Vivez et mourez pour apprendre, pour marcher aux sentiers de la connaissance qui ne descendent

I i'| LE CONTE DE L OR

point dans les abîmes, niais montent en Man collines vers l'infini bleu. L'âme, de son feu hien-

vei liant, vous éclaire, vous enveloppe, vous conduit. La lampe inextinguible de L'âme dure. Elle reste seule et identique; que t'importe de n'être plus le même, ne pas te souvenir des travers que tu

subis en ta ville, des injures des sots. .1 lions (h^ riches, du 1er de l'ennemi, de (a faim, on de l'apaisement de ta faim, si tn te réveilles vers une antre aurore sans souvenir d'hier. La mort sciait le guide bienveillant qui te conduit vers

une antre facette du monde. Ne crains jamais.

Demeure dans la vie, puisqu'à cette heure ton intelligence y vit parmi des aubes embaumées et des crépuscules éphémères; ne désespère jamais. L'éternité est. une clepsydre qui Be vide et se renouvelle, et c'est le même sable toujours; n'espère jamais, ne t'attriste jamais; tu peux découvrir demain les mêmes Qeurs d'un cœur tellement plus chaud qu'elles fapparattronl pins belles. Le monde

est mi auvent où l'on voit passer l'heure en i

de pierreries, en voile de regret ; demeures-y. Seuls tes mouvements et tes voyagea sont cause de souffrance; honore la beauté; la pensée se doit mouvoir calme dans 1'éther, comme la trirème foule les

blanches ('(aunes. Protée doit toujours reprendre

sa \raie forme <'t redevenir un vieillard évasif et pensif. Protée, l'âme humaine dans les

gouttes liquides et innombrables de l'existence.

Il n'est point de hasard; il n'est point de destinée particulière; il est un univers qui meurt et s'engendre à tous les instants. Attends donc tranquille que l'instant t'apparaisse ou plus agréable ou plus grave...

Le scribe ne sait rien d'autre de celle qui vint mourir ici, sinon qu'elle ne priait les dieux de sa nation et pourtant les avait célébrés dans ses vers comme des statues clans les jardins de sa race. Elle était belle, savante et fut persécutée...

Joseph d'Arimathie reposa le papyrus qu'il déroulait, où de vieilles annales étalaient les ors surannés des vies disparues, et il murmura : Mobed, Glyphtis, Théano.

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