‹ Le Contrôle de la guérison des blennorragiesChapitre 26 sur 43 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observations inédites

dues à l’obligeance du docteur Guépin

I — Monsieur G..., âgé de 40 ans, était atteint de cystite que le médecin traîtant croyait tuberculeuse, parce qu’on ne découvrait aucun germe pathogène. Il n’y avait pas d'écoulement urètral, et les méthodes de provocation restaient sans action.

On soupçonne la nature gonococcique.

Culture du sperme, pratiquée par M. Ferrari le 29 mars 1921.

Le liquide recueilli après une miction est épais, filant et contient des filaments fins et opaques. On y aperçoit quelques spermatozoïdes dont quelques-uns sont mobiles, de très nombreux polynucléaires neutrophiles parfois en petits amas avec du mucus granuleux abondant; de rares cellules urètrales superficielles; quelques prostatiques intercalaires. Les cultures seules permettent d’y apercevoir les germes contenus: gonocoque (culture appréciable) micrococcus fallax, entérocoque

Le malade, traité, est guéri depuis la disparition des gonocoques.

II —— Monsieur D.., 45 ans, a été longtemps soigné pour une urètrite remontant à la jeunesse. Sa femme a présenté des accidents du même ordre.

Le malade était considéré comme guéri par les médecins, mais se plaignait encore de vagues sensations dans l’urètre et la prostate, taxées . de névropathiques.

1re analyse (18 février 1921)

Bactériologie urinaire. Filaments fins, opaques et denses dans le premier jet, contenant de nombreux polynucléaires neutrophiles, des cellules urètrales, quelques vésicales.

A l'examen direct, nombreux cocci prenant le Gram, identifiés par

THB

culture en bouillon comme micrococcus fallax et staphylocoque. La recherche du gonocoque directement et par culture a donné des résultats négatifs.

2e analyse (10 mars 1921).

Sperme.— Liquide d'aspect normal, contenant des masses de mucus transparentes et des filaments transparents. On y aperçoit des spermatozoïdes en nombre normal dont un assez grand nombre immobiles, d’assez nombreux leucocytes polynucléés isolés, de rares plaques de cellules urètrales. Les cultures seules permettent d’y déceler les germes contenus : gonocoque (culture appréciable), staphylocoque, micrococcus fallax.

3e analyse. (31 mars 1921) après traitement.

Sperme.— Mêmes caractères généraux : nombre moindre de polynuléaires. La culture en bouillon seule permet de déceler staphylocoque et entérocoque. La recherche du gonocoque directement et par eculture est négative.

4e analyse (23 avril 1921).

Bactériologie urinaire. — Quelques filaments opaques.

Culture en bouillon : staphylocoque, entérocoque.

Recherche du gonocoque négative (directe et par culture).

Sperme. — Très rares polynucléaires.

Culture en boüiïllon : staphylocoque et un saprophyte (bacille Gram positif). La recherche du gonocoque directement et par culture a donné des résultats négatifs. À ce moment, la guérison est clinique-

ment complète,

IL. -— Monsieur S... Urétrite gonococcique il y a plus de 10 ans, se manifestant actuellement par un écoulement léger, opaque, où on n’a jamais trouvé de gonocoque.

Examen le 26 novembre 1921.

le) Goulle urèlrale. — Cinq heures après la miction elle est d’importance moyenne, semi-opaque. On y aperçoit :

A) a) De très nombreux polynucléaires neutrophiles. b) De nombreuses cellules urètrales.

c) Quelques cellules prostaliques intercalaires,

AU

d) D'assez nombreuses hématies. : e) des fibrilles de mucus.

B) aucune forme microbienne.

2e) Sperme. — Liquide très opaque, macroscopiquement homogène ; on y perçoit :

À) Au point de vue cytologique [examen à l'état frais, au Giemsa). a) De nombreux polynucléaires neutrophiles isolés et en petits amas. b) Des spermatozoïdes mobiles en nombre normal. c) Quelques cellules prostatiques intercalaires. d} De rares cellules urèêtrales.

e) Des hématies non altérées.

B}) Au point de vue bactériologique (colorations à la thionine et au Gram) : aucune forme microbienne.

Cultures : elles permettent d'y apercevoir et de caractériser :

Gonocoque (culture faible). Micrococcus fallax. Staphylocoque.

IV. — Monsieur D. S... Atteint il y a plus de dix ans de gonococcie urêtrale, et conservant un écoulement léger, clair, toujours déclaré insignifiant parce que non gonococcique.

Examen le 28 novembre 1921 (résumé)

1° Goutte urètrale : à peine perceptible, contenant de nombreuses cellules urètrales, quelques polynueléaires, quelques coceci prenant le Gram. Pas de gonocoque.

2° Liquide éjaculé ; presque transparent.

Cytologie : nombreux polynucléaires isolés ou en amas, quelques cellules prostatiques intercalaires, de rares urètrales.

Bactériologie : quelques cocci peu caractéristiques, prenant le Gram.

Cultures : gonocoque. Micrococcuüs fallax. Streptocoque.

V. — Monsieur J... 38 ans, soigné il y à quinze ans environ pour septicémie gonococcique avec double orchite et abcès de la prostate traité chirurgicalement. Désinfection en cinq semaines, vérifiée par analyse bactériologique du sperme. — Il reste bien portant pendantdes années, puis en 1918 voit apparaître un léger écoulement opaque, intermittent; les épididymes restent volumineux et indurés (infection nouvelle?) M. J.. consulte tous les spécialistes parisiens dont il peut

découvrir l'adresse: ceux-ci, après avoir inutilement essayé des trai-

tements, reconnaissant que la goutte était stérile, conseillèrent l'un après l’autre l’abstention de toute thérapeutique : le supposé malade n'était pas contagieux, pouvait se marier et devait éviter de vérifier l'état de son canal. Ces conclusions ne le satisfirent point, et il revint le 7 novembre 1921, trouver le docteur Guépin qu'il avait perdu de vue depuis quinze ans.

L'analyse bactériologique de la goutte matinale montra du mucus, des cellules prostatiques, des polynucléaires, mais pas une forme microbienne. Ce résultat semblait donc confirmer l'opinion des spécialistes antérieurement consultés, mais le sperme examiné vivant contenait, du pus, du coli-bacille, de l’enterocoque, du micrococcus fallax reconnaissable en culture sur bouillon, et sur milieu électif de Ferrari une culture faible de gonocoque. (10 septembre 1921).

Le 3 octobre, après un traitement approprié, les épididymites avaient disparu, ainsi que l’écoulement urètralet les filaments urinaires. Il restait des polynucléaires neutrophiles en suspension dans l’urine. Pas de germes décelables par l'examen direct du sperme. En culture sur bouillon: micrococeus fallax et staphylocoque. Plus de coli-

bacille ni d’enterocoque. Sur milieu de Ferrari. culture négative : pas de gonocoques.

VI. — Monsieur B. présente en permanence, dans l'intervalle des mictions, une goutte urètrale à peine appréciable, persistant depuis des années, après une urétrite gonococcique. Les médecins consultés

jusqu'ici ont été unanimes à déclarer l’insignifiance de cet écoulement, Examen le 27 octobre 1921 (résumé).

Sperme. — (à l’état frais) Spermatozoïdes mobiles, filaments avec polynucléaires neutrophiles, mucus granuleux, cellules prostatiques A l'examen microscopique direct : pas de microbes. En culture :gon0ocoque (Culture faible), micrococeus fallax. Entérocoque, staphylocoque.

Goutle uréirale (Minime) mucus, polynucléaires, cellules prostatiques. Aucun microbe visible.

2e Examen le 30 novembre.

Sperme. — Filaments devenus rares, cellules prostatiques rares. Aucune forme microbienne à l'examen direct. En culture sur bouillon

streptocoque, micrococcus fallax, staphylocoque. Sur milieu spécial : pas de gonocoques.

Sécrélion urètrale. — Visible le matin seulement, presque nulle contenant du mucus, quelques cellules urètrales, aucune forme microbienne.

Observations inédites

dues à l’obligeance du docteur Lebreton

IL — Monsieur C.. 29 ans. Urétrite chronique amicrobienne. Culture du sperme positive au point de vue gonocoque.

Urétrite en 1918, ayant paru bien guérie au bout de deux mois, par des injections de permanganate et une cure d’arhéol.

En janvier 1920, sans coit prémoniloire, a reparu une petite goutte jaunâtre, sans grande réaction douloureuse du côté de l’urètre, plus prononcée le matin au réveil.

Le malade vient me voir au début de mars, me disant que cette goutte, déjà plusieurs fois examinée au microscope, n’a jamais montré la présence de gonocoques. Un nouvel examen fait par moi confirme l'absence de ce germe, mais montre que la sécrétion est composée de polynucléaires neutrophiles, de quelques cellules épithéliales super-

ficielles, et de mucus fibrillaire.

Analyse de sperme le 12 mars 1921, par M. Ferrari.

Liquide d’opacité normale, légèrement filant, contenant des filaments gros, courts et transparents.

Examens cyloscopiques A). A l’état vivant.

Entre lame et lamelle, on aperçoit :

1° de spermatozoïdes mobiles en nombre normal. 2° des leucocytes assez nombreux, parfois en amas. 3° du mucus hyalin.

40 Quelques cellules épithéliales.

A) Après coloration au bi-cosniate de Tribondeau et au Giemsa.Onne

voit pas d’autres éléments.

Les leucocytes sont des polynucléaires neutrophiles. Les cellules épi-

théliales sont surtout des superficielles de l'urètre, et de rares prosta-

tiques intercalaires.

Bactérioscopie. —- Recherche du gonocoque. Les préparations ont été colorées, les unes à la thionine phéniquée, les autres au violet de ocntiane, avec double coloration à la fuschine diluée par la méthode de Gram. On n'aperçoil aucun germe, el en particulier, aucune forme

rappelant le gonocoque.

Cullures. -— Au bout de 48 heures, sur milieu spécial, on obtient quelques colonies petites, rondes, transparentes, en goutle d'huile, contenant un microcoqué réniforme en diplocoque ne prenant pas le Gram (gonocoque).

Au bout du même temps, en bouillon, on obtient une culture très abondante avec bouillon très trouble, voile et dépôt muqueux. On y aperçoit : .

1° des grappes de microcoques ronds prenant le Gram (staphylocoque).

20 d'abondants bacilles gros et courts à extrémités arrondies, ne prenant pas le Gram; la culture possède une odeur fécaloïde et donne la réaction de l’indol (coli-bacille) 3° des microcoques lancéolés en diplocoque prenant le Gram (enterocoque).

II. —— Urétrite chronique à microbes secondaires. Culture du sperme

positive au point de vue gonocoque.

Monsieur P... 25 ans. Première blennorragie en 1914, compliquée de cystite et d’orchite, traitée par le malade lui-même à l’aide de santal, d'injections de permanganate, et guérie au bout de six mois. En avril 1917, nouvelle infection, guérie au bout de 5 mois par le même traitement. En décembre 1920, petit écoulement peu intense, avec légère douleur dans l’urètre. Guérison en 15 Jours. En avril 1921, poussées successives d’épididymite à bascule. En mai, suintement urètral qui, à la suite d’un fort excès de boisson en juillet, devient blanc et forme une véritable goutte matinale. En septembre 1921, le malade vient me consulter pour cette urétrite chronique.

A l'examen, on constate quelques heures après la miction, l'existence d'une goutte d’un gris jaunâtre, qu'un (ram montre composée :

10 Surtout de polynucléaires neutrophiles 2° d'assez nombreuses cel-

lules urétrales en plaques. 3° De quelques cellules prostatiques in-

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