‹ Le Contrôle électroencéphalographique des Anesthésies générales de longue durée en Chirurgie thoraciqueChapitre 23 sur 65 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Malade N° 9671. Gran. Pierre, 22 ans.

Intervention : Résection segmentaire du lobe de Fowler droit, pour caverne tuberculeuse persistante sous pneumothorax thérapeutique. Pneumothorax bilatéral.

Anesthésie : Nesdonal : 1,50 ar.

D-tubocurarine:: 40 mars. Protoxyde d'azote : taux de 50 % donné de facon discontinue.

Réanimation : Un litre de sang.

T. A. : s'est maintenue à 16/8 pendant l'intervention. L'anesthésie à été considérée comme satisfaisante.

Analyse du tracé E.E.G.: Le trecé de repos à l'état de veille montre l'existence d'un rythme alpha à 10 c/s, extrêmement régulier, réagissant normalement à l'ouverture des yeux. Dès le début de l'injection 1. V. de Pentothal le fracé change brusquement d'aspect, de grandes ondes lentes à 1-2 c/s, amples, irrégulières, envahissent l'ensemble des dérivations. La phase d'apnée se traduit par une brusque extinction de l'ensemble de l'activité cérébrale : “on ne voit persister que de rares ondes lentes irrégulières. Cet aspect persiste durant 80 secondes correspondant à la phase d'intubation et au début de la respiration en circuit fermé : puis on voit réapparaître les grandes ondes delta irrégulières alternant encore avec de courtes phases, durant 5 à 7 secondes, pendant lesquelles le tracé est absolument linéaire. Au bout de quelques minutes de la respiration en circuit fermé, s'installe une activité alpha rapide à 12-13 c/s dans l'ensemble des dérivations : on ne voit que de rares ondes lentes s'intercalant au milieu de cette activité alpha rapide. Vers la quinzième minute, la fréquence de l'activité cérébrale augmente encore, puisque l'on note une activité à 16-18 c/s, régulière dans l'ensemble de l'activité cérébrale. Cette activité rapide persiste durant toute la période d'anesthésie au protoxyde d'azote. À 14 heures, on supprime le protoxyde d'azote. À 14 h. 03, réapparaît une activité alpha à 10 c/s, normale, observée à l'état de veille avant toute anesthésie. Ce retour à l'état normal se fait d'emblée et de façon définitive sans aucune intrication d'ondes lentes.

Conclusion : Le Pentothal a donné d'emblée un sommeil extrêmement profond, et l'apnée s'est traduite par une extinction immédiate et durable

de l'activité cérébrale.

Même après le retour à ‘une respiration en circuit fermé, on a noté ces

phases de dépression intense, voire de suppression.

Le retour à une activité cérébrale se fait en 3 minutes après l'abandon du gaz anesthésique, et immédiatement après le retour à la respiration autonome

sans oxygène.

NA

OBSERVATION Il

Malade N° 12081. Joe Marius, 57 ans.

Intervention : Pneumonectomie gauche avec ligatures des vaisseaux par voie intra-péricardique pour épithélioma endo-bronchique.

Anesthésie : Nesdonal : 1,60 gr.

D-tubocurarine : 80 mars.

Protoxyde : donné à des taux variables : 50 % en moyenne:

Réanimation : Un litre de sang.

T. A. : 12/7 au début, 9 en fin d'intervention. L'anesthésie à été considérée comme satisfaisante.

Analyse du tracé E.E.G. : Le tracé de repos est constitué d'un alpha à 8-9 c/s, un peu lent, ample, très régulier et symétrique, diffusant jusque dans les régions antérieures.

L'injection de Nesdonal transforme en quelques secondes le tracé, faisant apparaître des ondes lentes delta à 1-2 c/s, surtout amples dans les régions frontales. Cette activité lente intense dure une minute environ, puis est remplacée peu à peu par un tracé très plat, presque linéaire, entrecoupé de décharges de grande amplitude constituées par des pointes et des « sharpwaves ».

L'injection de Curare et l'intubation ne modifient pas cet aspect. Une nouvelle injection de Nesdonal ne fait plus apparaître d'ondes lentes, mais rend ce tracé plus linéaire encore, supprimant presque totalement les décharges citées plus haut.

Cet état cérébral très anormal a duré en tout 10 minutes, depuis la première injection de Nesdonal. Peu à peu, l'on voit apparaître le rythme rapide de sommeil d'anesthésie normal à 12-14 c/s, entrecoupé de rythme thêta surtout dans les régions moyennes. Du Nesdonal réinjecté à plusieurs reprises au cours d'intervention fait, à chaque fois, réapparaître des ondes très lentes suivies de l'accentuation de l'activité rapide.

Au contraire, lorsque le malade dort moins profondément, l'activité rapide s'atténue et se trouve remplacée par un rythme thêta presque constant. L'injection d'Atropine n'a aucun effet. À la fin de l'intervention le rythme normal du sujet succède sans transition au rythme du sommeil peu profond, dès que le malade respire seul.

Conclusion : Ce tracé est caractérisé par une période d'anomalies intenses dues au Nesdonal, très longue et qui paraît dangereuse. De plus, en comparaison avec le premier tracé d'anesthésie, celui-ci est un peu différent, plus irrégulier et variable dans le temps, ces Variations exprimant sans doute des différences dans la profondeur de l'anesthésie.

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