OBSERVATION XXI
Malade N° 20029. Der. Pierre, 45 ans.
Intervention : Pneumonectomie gauche pour néoplasme, effectuée par voie intra-péricardique. Exérèse difficile. V.C.S. thrombosée, résection de la chaîne phrénique.
Anesthésie : Nesdonal : 1,50 gr. ; Intocostrine : 52 mars.
Protoxyde : donné de façon très discontinue.
Malade très sensible à son action.
Réanimation : |,800 litre de sang.
T. À. : 10 au début, 6 en fin d'intervention. L'anesthésie a été très légère pendant toute l'intervention.
Analyse du tracé E.E.G. : Les mauvaises conditions du début de l'enregistrement ne permettent pas d'obtenir l'activité à l'état de veille. On.enregistre, en effet, avec l'injection de Nesdonal d'abord une activité rapide haut voltage pendant 40 secondes, puis des ondes lentes de | c/s amples durant 2 minutes, faisant place ensuite à une activité lente beaucoup plus sporadique, entrecoupée de longues phases de dépression. Au bout de 12 minutes, on voit apparaître une activité alpha à 9 c/s qui ressemble tout à fait à l'activité normale de l'état de veille ; en effet, le malade dort peu, ce qui nécessite une nouvelle injection de 15 cgrs de Nesdonal. Quatre minutes plus tard, 10 nouveaux cgrs sont injectés, qui se traduisent par des ondes léntes et une activité rapide à 12 c/s très fournie. Enfin, un peu plus tard, on enregistre une activité à 14 c/s. Chaque fois que l'on réinjecte ultérieurement
De TA IEEE
du Nesdonal on a le même type de réponse, d'abord des ondes lentes, puis une activité rapide régulière et bien fournie, faisant place ensuite à une activité alpha à 12 c/s également bien régulière. Cette activité correspond pratiquement à une activité de veille ; on en fait la remarque à l'anesthésiste, qui prétend, au contraire, que l'anesthésie est satisfaisante. En fait, le malade, quelques minutes plus tard, donne des signes cliniques de réveil, ce qui engage à reprendre le Protoxyde d'azote interrompu, et à pratiquer une nouvelle injection de Nesdonal. Au cours de cette nouvelle injection, le pouls du malade se ralentit, et l'on note pendant plus longtemps des ondes lentes thêta succédant aux ondes delta initiales. Une forte oxygénation per-met la reprise de l'aspect de l'état clinique normal. Bientôt une activité alpha à 12 c/s s'associe aux ondes thêta : ces modifications s'accompagnent des signes cliniques de réveil. Ultérieurement, on assiste à une diminution nette de l'amplitude, qui va se maintenir jusqu'à la fin de l'intervention, alors que la fréquence est peu modifiée, autour de 10 c/s. L'état clinique est excellent. On poursuit néanmoins le contrôle après la détubation: l'amplitude ne devient plus grande que lorsqu'on retourne le malade.
Conclusion : Tout au long de l'énregistrement, il a été nécessaire d'injecter souvent du Nesdonal, étant donné la rapide tendance du malade à se réveiller. Les modifications d'amplitude intervenant, ne semblaient pas indiquer de souffrance cérébrale, peut-être étaient-elles en relation avec la position du malade couché sur son poumon sain ; en effet, il semble que l'amplitude se soit relevée au moment où le malade a repris la position couchée sur le dos.