INTRODUCTION
Le perfectionnement continuel des techniques chirurgicales et la hardiesse des opérateurs qui interviennent maintenant sur le cœur ou le poumon, ont incité les milieux spécialisés à se pencher de plus près sur le problème de l'anesthésie chirurgicale.
Pour que ces opérations puissent se faire avec une sécurité toujours plus grande, on a modifié les anciens modes d'anesthésie et cette dernière est devenue plus complexe et plus nuancée, grâce à l'emploi de multiples médications spécifiques et de techniques nouvelles.
Mais malgré ces perfectionnements, les longues interventions pratiquées sur des sujets fragiles provoquaient encore des incidents et même des accidents parfois mortels : acidose par rétention de gaz carbonique, chute de la tension artérielle, syncope cardiaque plus ou moins durable, état de choc et anoxie.
De multiples moyens cliniques de surveillance des sujets anesthésiés étaient pourtant mis en œuvre : prises répétées de la tension artérielle et des pulsations, appréciation du bruit et du rythme de la respiration, évaluation du degré de cyanose par la coloration des téguments, recherche des réflexes cornéen et pupillaire, état du tonus musculaire.
Mais il faut dire que ces investigations ont une grande part d'interprétation subjective et que leur fréquente répétition est fastidieuse. De plus, on peut voir survenir des complications graves dont l'installation très rapide échappe parfois à un contrôle clinique très attentif.
Aussi, pour pallier aux déficiences de l'observation clinique, et
prévenir en temps opportun les accidents les plus redoutables
Le TA ES
troubles cardio-respiratoires ou anoxiques par exemple) on a utilisé de multiples appareils, tels que : manomètre artériel à enregistrement continu, électrocardiographe [E.C.G.), oxymètre. Ces récentes techniques permettent de déceler la moindre variation des facteurs cardio-vasculaires, d'évaluer de façon précise le degré de l'hématose et ainsi de conduire une intervention avec plus de sécurité. Toutefois, la valeur de la tension artérielle pour apprécier l'état du malade n'est pas absolue, les perturbations E.C.G. sont souvent passagères, et les dosages de l'oxygène du sang sont soumis à des causes d'erreurs considérables.
De toutes façons, ces perturbations cardio-pulmonaires ou sanquines décelées par ces. appareils sont liées à la conduite de l'anesthésie, et le problème revient donc en réalité à trouver le moyen de contrôler la valeur de celle-ci pour prévenir l'apparition de ces troubles.
C'est pourquoi, connaissant l'affinité des substances anesthésiques pour les cellules nerveuses et la sensibilité de celles-ci au manque d'oxygène, on a cherché à savoir si le contrôle de l'état électrique de ces cellules ne serait pas susceptible de traduire
plus exactement le niveau de l'anesthésie auquel se trouve le sujet.
pendant l'intervention.
On sait, en effet, que les différents stades sont en relation avec le degré de saturation des centres nerveux par les anesthésiques (Claude Bernard, P. Bert et Guédel) et que toutes les perturbations dans l'homéosthasie des systèmes respiratoire et cardio-vasculaire ont une traduction au niveau du diencéphale.
Il a donc semblé logique d'essayer de trouver, grâce à l'électroencéphalographie (E.E.G.) qui nous renseigne à chaque instant sur les Variations de l'électrogénèse cérébrale, une base plus objective et une estimation plus exacte du niveau de l'anesthésie.
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