‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 103 sur 889 · P. 133, 10 juillet · texte numérisé non relu

P. 133, 10 juillet

6. P. 134, ibid. La fête fut célébrée avec enthousiasme malgré l'affaire de Varennes (Nouvelles intéressantes, n° 35).

7. Plus avancées même que celles de la majorité, car l'adresse à l’Assemblée nationale contre les 290 protestataires est signée sans beaucoup d’empressement, et le 19 juillet Jeanbon s’en plaint en séance (p. 147, 2° reg. de délibér.).

8. « Par tous les motifs d'honneur et de patriotisme » (8 août, p. 179, #btd.), nous verrons que ces exhortations n'avaient pas grand effet.

principe de la confusion des pouvoirs, contre les mesures arbitraires en matière de subsistances !, et intervient avec intelligence auprès de la municipalité dans des questions d'ordre administratif ?.

Aussi, quand il veut céder le fauteuil présidentiel, le 21 juillet, l'abbé Granjac # «retrace à l’Assemblée l'impression douloureuse qu'avait fait sur elle l'annonce donnée, mardi dernier, par M. Saint-André du terme prochain de sa présidence, que les travaux multipliés dont la société sera chargée à l’occasion de l'apport de la bannière fédérative rendront les fonctions de la présidence si pénibles. et délicates qu'un mérile rare pouvait seul en être chargé; il a démontré combien il élait important pour la société, puisqu'elle trouvait dans les talents de son président actuel toutes les ressources désirables, de lui demander de conserver le titre de président jusqu’après l'apport de la bannière. L'assemblée a manifesté sa reconnaissance à M. l’abbé Granjac pour la noblesse avec laquelle il avait été l'organe des sentiments d'estime dont elle était pénétrée pour M. Saint-André. Celuici, se défendant avec modestie en ce qui lui était personnel, a opposé la plus vive résistance à ce que l'intention de l’assemblée fût exécutée, soutenant avec force qu’il en résulterait une violation des règlements qui veulent que le président soit renouvelé tous les mois. M. Granjac a répondu avec toute l'énergie du sentiment pour engager M. Saint-André à ne pas faire éprouver un refus à l’Assemblée. Celle-ci, considérant que tous ses autres présidents ont demeuré beaucoup plus d’un mois en exercice, que la dérogation à ses règlements était commandée par les circonstances, a refusé de procéder à la nomination d’un nouveau président. M. Saint-André a soutenu son opposition par tout ce que l'éloquence a de force; mais, vaincu dans cette lutte honorable, il a été contraint par un vœu unanime et fortement prononcé de démeurer revêtu du titre de président jusques après l’apport de la bannière. Son acceptation a excilé les plus vifs applaudissements “ ». Les ennemis de Jeanbon diront plus tard qu'il a employé « les moyens les plus vils et les plus hypocrites pour

1. Le 15 août, un membre du club propose une pétition à la municipalité pour faire garnir de blé le marché : « la motion appuyée, M. le Président a observé que cette motion était plutôt un objet de police qu'un acte de la compétence de l’assemblée qui devait seulement se borner à prier la municipalité de surveiller les accapareurs de blé et d'argent, et d’obliger les boulangers à tenir toujours leurs boutiques garnies de pain. Sur ces observations dictées par la justice, et que l’éloquence de M. le Président a insinuées dans tous les cœurs, l’assemblée a passé à l’ordre du jour » (p. 185, 8e Reg).

CA Il l’aide à armer les patriotes, désarmer les suspects, étudie l'établissement de billets de confiance, la substitution d’instituteurs aux frères des écoles chrétiennes (pp. 116, 131, 179, ibid.).

3. P. 152 (ibid.), Jeanbon s’appuie constamment sur le clergé constitutionnel, fait faire par exemple, le 17 juillet, des démarches par le club pour obtenir le payement des salaires arriérés des prêtres assermentés (pp. 143, 156, ibid.).

4. P.152 (ibid.). L'apport de la bannière fédérative déposée jusqu'alors au chef-lieu du département à Cahors était décidé depuis le 21 novembre 1790 (p. 145, ibid.). Le 1er août, on annoncera que son transfert est renvoyé au 28 août (p. 172, tbid.).

ab. Ve

usurper une popularité extrême ‘! ». A la vérité, sa campagne en avril contre les riches, son acceptation du mandat électoral le 26 juin après sa protestation de désintéressement du 19, la séance du 24 juin où il se fait forcer la main pour accepter la présidence, et celle-ci-du 21 juillet où de nouveau il se laisse faire doucement violence, obligent à reconnaître en lui quelque chose du politicien relors et de l’intrigant qui avait autrefois alarmé les scrupules du rigide Olivier Desmont. , Le 17 août, on apprend que le transfert de la bannière du district, de Cahors à Montauban, n’aura pas lieu ?; mais l’arrivée d’un buste

de Mirabeau offert au club par Bonnecarrère * permet à Jeanbon, le

21 août, de triompher dans une de ces pompes solennelles où se plaisait l'imagination des contemporains; il joue le premier rôle dans la cérémonie d’inauguration du buste et, toutes proportions gardées, il a en ce jour l'attitude qu'’aura Robespierre à la fête de l’'Être suprême ‘ ; peut-être pareillement, dans le cortège qu’il conduisait, ou parmi les spectateurs, avait-il des ennemis raillant son importance et méditant sa chute. Il quitta la présidence le surlendemain ÿ. Durant les deux mois qu'il l'avait occupée, il avait assis sa

domination sur le parti patriote à Montauban, s'était mis en rapports

avec les chefs du mouvement politique dans toute la région ‘, avait écril ac nom du club à l’Assemblée nationale, aux Feuillants, aux Jacobins,et de la sorte s'était fait connaître au loin; le club,enfin, l'avait chargé de recevoir à l’avenir la correspondance envoyée des Jacobins, ce qui assurait le maintien de ses relations avec ceux-ci’. Il était en bonne posture pour poser sa candidature dans les élections à l’Assemblée législative, dont les opérations allaient s ouvrir à Cahors cinq jours après.

1. Déjà cité : adresse du club à la Convention, 24 prairial an III.

2. Lettre du club à celui de Cahors du 12 août (reg. B de corresp. du club) et séance du 17 (p. 186, reg. B de délibér.).

3. Sur la mort de Mirabeau et l’offrande du buste par Bonnecarrère, voy. pp. 54, 58, 98, 103, 150, 174, 189, reg. B de délibér. du club. Chabot, le 14 avril, avait prononcé l'oraison funèbre de Mirabeau (Nouvelles intéressantes, n° 22), Bonnecarrère avait assisté à la séance du club du 15 juin. Bonnecarrère Guillaume, né à Muret en 1754, d’abord dans l’armée, puis dans la diplomatie, en mission aux Indes de 1783 à 1786, lié avec Mirabeau lors de la Révolution, chargé d’affaires auprès du prince-évêque de Liège qui ne voulut pas le recevoir. Lié avec Dumouriez, incarcéré lors de la trahi-:

son de celui-ci, élargi lors de la chute des Girondins, chargé de missions diploma-

tiques par le Directoire, tenu à l’éeart par Napoléon (Biographie Rabbe).

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