P. 142, Reg. B de délibér
6. La séparation eut pour cause la pétition dont les Jacobins arrêtèrent le principe le 15 juillet, qui, lue et approuvée le 16 dans une séance où la foule envahit le club, demandait que la Constituante « reçut au nom de la nation l’abdication faite le 81 juin par Louis XVI de la couronne ». Les modérés, après la dispersion par la fusillade au Champ de Mars le 17 juillet des signataires d’une seconde pétition non rédigée aux Jacobins, quittèrent le club pour aller fonder la société des Feuillants (voy. Aulard, Jacobins, t. IT, pp. 20-35). Le club apprit cette scission le 22 juillet par une adresse «de la Société des Amis de la Constitution de Paris séant depuis peu aux Feuillants » (p. 153, 2e Reg. du club).
que nous avons déjà cités !, il blâme l'attitude intransigeante des Jacobins vis-à-vis du roi; pourtant, ajoute-t-il, « nous n’en sentons pas moins combien il est important que tous les patriotes demeurent inséparablement unis, malgré la diversité d'opinions qui existe entre eux sur cet objet. Nous osons donc vous prier, frères et amis, de rechercher tous les moyens conciliables avec le respect dû aux lois, de rappeler à vous des frères qui ont combattu avec vous si longtemps et avec tant de gloire pour la cause commune. Ils sont dignes de votre estime, ils ont toute la nôtre et c’est avec le plus vif regret que nous les voyons éloignés de vous. Nous ne vous dissimulerons pas que les malveillants se réjouissent de ces discussions. Otons-leur, frères et amis, ce criminel espoir. Que la voix de la patrie élouffe toul ressentiment particulier s’il pouvait en exister, unissons de nouveau nos forces, nos lalents, nos vertus pour la défendre et pour la venger. Oublions qu’il a été un moment où nous avons pu rompre le lien sacré qui attache les citoyens les uns aux autres et réitérons dans nos communs embrassements le serment de vivre etde mourir pour la liberté. »
Précédemment, nous avons relevé, dans la suite nous aurons souvent à noter de ces appels de notre héros à la concorde, de ces protestations contre les dissensions stériles. En somme, dans les questions de politique générale, Jeanbon reste attaché à la royauté, sans excuser toutefois ses écarts; il incline vers les Jacobins, mais désapprouve leurs exagérations, et avec lui le club évolue vers les idées démocratiques, sans être encore d'opinions exalléés.
Dans les affaires locales, Nicolas l’a dit avec raison ?, Saint-André garde une certaine modéralion, modération toute relative élant donné l’ardente mêlée des passions. Il prend sa part de l’œuvre de désorganisation commencée : le club dénonce les insermentés *, accepte et encourage les manifestations révolutionnaires *, mais, d'autre part, se refuse à espionner ceux de ses membres qui assistaient au cuite des prêtres réfractaires *, et s'engage à rester calme vis-à-vis de ses ennemis durant la fête de la Fédération de 1791 5. Jeanbon use de son influence personnelle, tout en proclamant, nous l’avons vu, ses idées avancées 7, pour exhorter ses
concitoyens à payer leurs impôts f, il s'élève vivement contre le
1. P. 101, « les idées exagérées que la fuite et le retour du roi ont fait naïtre dans l'esprit de quelques citoyens ».
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