‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 122 sur 889 · lvid., lettre à Lasource du 4 décembre 1791 entre autres · texte numérisé non relu

lvid., lettre à Lasource du 4 décembre 1791 entre autres

9. Lettre à Lasource du 19 novembre, c’est la première de la série (0id., pp. 340-341, 342) ; voy. aussi lettre du 3 décembre (‘bid., p. 343), du 21 décembre -(p. 350), du der mars 1792 (tbid., t: I, p. 622).

reste les quinze lettres de Jeanbon à Lasource du 19 novembre 1791 au 20 mars 1792, retrouvées et publiées par M. A. Lods, va faire décidément de Jeanbon l’homme nécessaire du club et du corps municipal, le dispensateur des nouvelles de Paris et l'intermédiaire obligé entre la commune et l’Assemblée ::« Que voulez-vous, dit Jeanbon à Lasource, que devienne une misérable municipalité abandonnée à elle-même, sans nouvelles certaines, sans avis sur lesquels elle puisse compter !? » Dans ces moments de fièvre et d’anxiété où la France entière prêtait l'oreille à tous les bruits venus de Paris, à tousles dires des journaux, et parmi les nouvelles contradictoires cherchait la vérité, quelle bonne fortune pour Montauban d’avoir, à côté des lettres rares et vides de Dupuy-Monthrun ?, celles de Lasource commentées par Jeanbon ; dans cette période où les municipalités avaient à organiser tous les services administratifs, il était bien précieux pour celle de Montauban d'être guidée par les conseils d’un des législateurs les plus en vue. On conçoit les services que Jeanbon pouvait rendre par cette correspondance avec Lasource, et combien elle allait fortifier sa situation dans son parti et parmi ses collègues. ”

XIIT

Jeanbon et la municipalité arrivaient au pouvoir avec des intentions conciliantes, croyaient encore à la possibilité d’une pacification et au fonctionnement régulier du régime constitutionnel. Le 20 novembre le maire Périès-Labarthe fit suivre la proclamation du scrutin de ces paroles : « L'époque de l'établissement de la Conslitution qui nous assure désormais notre bonheur doit enfin rapprocher les esprits... la Révolution est faite, le règne de la loi doit commencer et l'anarchie être à jamais bannie de la société. Vous avez des corps administratifs pour régir les affaires publiques, des juges pour décider vos différends et une garde nationale dont le civisme ne peut êlre révoqué en doute pour vous défendre. Avec ces: secours, citoyens, vous pouvez jouir. en paix des bienfaits de la Constitution *. »

Quelle naïveté était la leur : ils parlaient ainsi alors qu’ils venaient d’être élus grâce à l’oppression de la majorité feuillantine et réactionnaire par une minorilé de démocrates audacieux, alors qu’ils représentaient la victoire du parti protestant; tandis qu’ils souhaitaient sincèrement la paix, leurs partisans, les membres de la communauté réformée, songeaient à acheter l’église des Carmes

1. 21 décembre à Lasource (Révolution française, t. XXI, p. 350).

2. Six du 16 octobre au 21 novembre 1791 aux Arch. commun. (AA, 5) adressées à la municipalité, et absolument vides. Dupuy-Montbrun était d’ailleurs miné. par la maladie.

Page 1