Livre Jaune, p
devenue bien national pour en faire un temple !, dans cette même ville où les pamphlets d'avant le 10 mai accusaient les protestants de vouloir envahir les édifices religieux, et à l'opposition de l'administration feuillantine du district, Jeanbon répondait avec raison : «A quoi sert-il d’avoir décrété la liberté des cultes quand, par le fait, cette liberté n’est qu'une chimère dont les agents de l'autorité se jouent ? 7» D'autre part, la veille même du jour où parlait Périès- Labarthe, on apprenait à Montauban que le roi avait refusé de sanctionner le décret de la Législative contre les émigrants *. Jeanbon, renseigné par les débats des Jacobins et par Lasource sur l’attitude de Louis XVI à l'égard. de l'Assemblée législative, édifié sur les sentiments des contre-révolutionnaires et de la bourgeoisie modérée dans sa ville natale, va peu à peu établir une corrélation entre l'opposition du souverain aux décrets de la représentation nationale et l'hostilité implacable de la réaction dans Montauban et dans le pays tout-entier.
Le veto du roi au sujet du décret sur les émigrants fut accueilli à Montauban avec une surprise inquiète; plus de mille citoyens, dit Jeanbon, envoyèrent à l’Assemblée le 24 novembre une adresse où ils : la félicitaient et déclaraient, quant au veto royal, s’enfermer « dans le silence que nous impose notre profond respect pour les lois constitutionnelles “ ».Le journal du club était très embarrassé pour expliquer la décision de Louis XVI ÿ. Quant à Jeanbon il dit à Lasource : « cette loi sage et nécessaire dont les circonstances commandaient impérieusement l'émission, le roi a refusé de la sanctionner. Son refus n’a pas été vu sans étonnement el même sans quelques murmures dans les départements °. » Il appréciait à sa juste valeur le projet d'envoyer