‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 124 sur 889 · novembre 1791 à Lasource · texte numérisé non relu

novembre 1791 à Lasource

3. Le 12 novembre 1791 ce refus de sanction est communiqué à l’Assemblée (Moniteur, t. X, p. 360).

4. Lettre du 3 décembre 1791 à Lasource, adresse du 24 novembre (Din, n° 134, Arch. Nat.). La phrase que nous citons se retrouve dans une adresse du club à l'Assemblée rédigée par Jeanbon (voy. ci-dessous), ce qui ferait supposer que celle-ci est également de lui. Le 10 décembre, le club envoie lui aussi « au Roi des Français » une adresse : « Représentant héréditaire du peuple avez-vous pu penser que la volonté royale dût en aucun cas balancer la volonté nationale ? » (Fie, III, Lot, Arch. Nat.).

5. « Il est difficile de concevoir les motifs qui ont engagé le roi à cette démarche, A-t-il cru que par elle il prouverait à toutes les nations que sa liberté est complète? » (Nouvelles intéressantes, n° 54).

6. Lettre du 19 novembre 1791 à Lasource. Le même jour, le club l'ayant chargé d’une adresse à l’Assemblée nationale sur le décret relatif aux émigrants (Reg. C, club), cette adresse qu'il lit au club le 24 novembre et qui est adoptée (ibid.) exprime les mêmes idées que l'adresse au Roi. Après avoir félicité l’Assemblée il dit : « nous n’examinerons pas si le monarque aurait dù refuser sa sariction à un décret sanctionné d'avance par l'opinion publique, si c’est à des mesures dictées par les circonstances les plus impérieuses, et dont l’exécution n’est pas susceptible de retardement, que doit s'appliquer une suspension qui doit entrainer les plus grands maux, enfin si, le veto royal n'étant en principe qu’un appel au peuple, il est convenable d’en faire usage quand la volonté populaire parfaitement connue est encore très fortement exprimée, nous renfermant à cet égard dans le silence que nous impose notre profond respect pour les lois constitutionnelles » (2° Reg. corresp. club).

Montmorin auprès des princes émigrés pour les ramener ‘, prévoyait que la loi sur les réfractaires se heurterait elle aussi, une fois votée, au refus de sanction du Roi ? et que ce fait aurait pour conséquences des désordres fomentés par les ennemis de la Constitution *. Le 3 décembre, dans sa réponse à une lettre pessimiste de Lasource, il espérait encore, mais il plaçait toute sa confiance dans l’Assemblée et non plus dans Louis XVI. Les avertissements de Lasource, les menées de la réaction à Montauban et dans tout le Midi déterminaient la municipalité et le club à prendre des précautions sévères ‘, et, le ‘18 du même mois, Poncet-Delpech et Jeanbon étaient chargés par la société de dresser un plan de correspondance avec toutes les sociétés afiliées et de sûreté intérieure et extérieure *. Ainsi, dans le courant de décembre, les rêves de concorde s’évanouissaient, l’étouffante atmosphère d’inquiétudes et de suspicion se reformait, on doutait de tout et de tous, on se sentait environné d’ennemis.

De cet état de choses l’âme décidée de Jeanbon avait horreur, il préférait le danger visible qui réveille les courages et groupe les volontés, et sans prêter l’oreille aux arguments de Robespierre à l'appui de la paix , encore trop peu éclairé sur la royauté pour soupconner qu’elle s’entendit avec l'ennemi, il accepta la guerre avec l’Autriche : seules les mesures les plus vigoureuses avaient assuré la victoire des révolutionnaires à Montauban, elles les feraient aussi triompher dans le pays, et du reste, écrivait Jeanbon à Lasource, ce sont « celles qui conviennent le mieux à votre dignité et à celle du peuple que vous représentez * ». Il approuva donc la guerre non pas

1. Louis XVI, en refusant de sanctionner le décret relatif à ses frères et aux émigrés, avait promis d'envoyer à ses frères M. de Montmorin pour les décider à rentrer en France. Jeanbon écrit à Lasource : « Le choix d’un pareil envoyé fait soupçonner quelque négociation secrète fatale à la France, et dont l’objet serait de renverser la Constitution » (19 novembre à Lasource). Sur le bien fondé de ces soupçons voy. Sorel, L'Europe et la Révolution, 2° partie, pp. 475 sqdq.

2. Lettre du 19 novembre à Lasource, le club a les mêmes craintes (adresse du club du 10 décembre ?° Reg. de sa corresp.). Le décret sur les réfractaires voté le 29 novembre permet aux directoires de département de les éloigner des communes où ils sont domiciliés s’ils y excitent des troubles. M. Sorel semble croire que ce fut ce décret qui jeta les réfractaires dans la lutte acharnée contre la Révolution (op. cit., p. 307); ce que nous avons dit de leurs menées prouve qu'il ne fut que la conséquence de leur attitude.

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