Lettre à Lasource du 24 janvier
2. Lettre de Jeanbon envoyé à Paris par la municipalité, du 4 mai 1792 (Arch. commun. AA, 5).
3. Rapport des travaux du Directoire du département déjà cité : « On observe que le travail de la correspondance a journellement croisé tous les autres travaux, qu’il doit être en tout temps très considérable, mais qu'il n’aura, pour ainsi dire, pas de bornes, tant que la plupart des citoyens peu fixés sur la direction des pouvoirs croiront que l’administration supérieure doit tout régler, tout juger, tout gouverner, »
4. Voy. séance du club du 3 octobre 1791, sur l’odyssée de cette pétition (Reg. C.). Le club décide, le 5 octobre 1791, deux pétitions aux directoires du district et du département et une lettre aux députés du Lot pour faire aboutir sa demande, et fin mars 1799, Jeanbon sera chargé de hâter la décision de l’Assemblée nationale.
5. L’injonction du directoire du département à la municipalité au sujet du recouvrement des arrérages des droits d'octroi est du 12 août 1791, la municipalité la reçoit du directoire du district le 28 décembre.
6. 1 novembre 1791, le club y renonce le 15 (Reg. C. club), voy. Jeanbon à Lasource, 19 novembre 1791. à
7. Le 30 janvier 1792, deux commissaires de la municipalité de Montauban pour la répartition de l'impôt sont expulsés du territoire des communes d'Albefeuille et Lagarde (Arch. commun. GG, 6 et AA, 6). Le rapport sur les travaux du Directoire du département déjà cité signale des faits analogues.
ils harcelaient Lasource et les Comités de consultations, de pélitions, etc. Mais, dès février 1792, ils s’apercoivent que l’Assemblée leur envoie plutôt des injonclions que des instructions, des commandements que des renseignements, qu’elle leur dit : agissez, sans leur indiquer la façon d’agir, et ils s’en irritent; « on a bientôt fait d’enjoindre aux municipalités, de leur ordonner, de les rendre responsables, les administrateurs manquent de lumières, il faut leur en procurer !.» Le 20 mars, leur patience est à bout, ils avaient en instauce auprès de l’Assemblée quelques affaires « qui exigeaient l'expédition la plus prompte », et ils ne recoivent rien; pourtant «un instant suflisait », et Jeanbon s’écrie « Nous ne concevons pascomment on nous traîne depuis si longtemps pour quelque chose d’aussi facile.
nous sommes désolés, nous ne savons par qui faire faire nos affaires
à l’Assemblée nationale et nous souffrons du retard qu’elles éprouvent. » Il dit encore à Lasource : « Vous autres, orateurs, Créez ie à la tribune contre les corps administratifs; vous gourmandez leur négligence et quelques-uns proposent des décrets rigoureux. Aidez-nous donc quand vous le pouvez, et, puisqu’un seul moment de votre temps suflit pour nous mettre à notre aise, vous en coûte-t-il donc tant de nous l’accorder ?? » Aïnsi, ils perdent jusqu ’à leur confiance dans les lumières de l’Assemblée.
Aux prises avec mille difficultés d'organisation et abandonné de
tous les pouvoirs, le corps municipal de Montauban est étreint par.
surcroît de soucis terribles. Les contre-révolutionnaires sont dangereux, nous les avons montrés à l’œuvre : la municipalité en vient à bout par la rigueur et, au mois de mars, Jeanbon peut dire à Lasource : «la tranquillité règne ici en dépit des méchants, nous la maintiendrons au péril de notre vie, et si j’osais vous répondre de toutes les municipalités comme de celle de Montauban, vous seriez sans inquiétude à cet égard » *. Mais, après avoir comprimé la réaction dans la ville, il faut agir contre elle dans les campagnes environnantes et suppléer à la faiblesse des municipalités rurales #. Il faut parer à la disette et à la misère publique, et sans parler de la tristesse qu’éprouve à la vue d’une pareille situation un corps municipal démocrate, les aristocrates seront bien plus redoutables si, comme en 1790, le manque de pain et la crise économique leur donnent pour complices la population ouvrière et le petit commerce : d'ordinaire, dit Jeanbon, « à l’époque de la rentrée des impositions, les greniers s'ouvrent, il s'établit sur-les marchés une sorte de concurrence qui amène l'abondance; les rôles n'étant point faits, les