‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 141 sur 889 · Lettres de Paris, 6 avril, 13 avril · texte numérisé non relu

Lettres de Paris, 6 avril, 13 avril

7. « Je sais que j'ai dit la vérité et que j'ai dû vous la dire. Ces lettres étaient pour vous. Mais quand j'aurais été bien convaincu qu'elles étaient destinées à être

pas ici un parti déterminé, « la plupart des membres qui composent l'Assemblée Nationale, même avec de la droiture, n’ont que de très petites conceptions ». Assurément, il y a dans ces jugements un peu de l’amertume d’une ambition déçue, et Jeanbon le laisse voir quand, après avoir constalé que Montauban n’a plus de représentant daus l’Assemblée, il ajoute : « Cette position vraiment désagréable pour notre ville, qui peut même lui être funeste, ce n’est pas moi qui ai concouru à la produire ; et ma destinée m’appelle seulement à guérir le mal que je n’ai point fait ‘. » Mais son opinion u’en reste pas moins conforme à la vérité, de l’aveu de tous ceux qui on! étudié la Législative ?.

Il se hâta, en arrivant, d’aller renouer connaissance avec les Girondins : Sers, Grangeneuve, qu’il avait fréquentés à Bordeaux en 1790 *, Lasource, son ami, etc. ; du reste, il était acquis depuis longtemps aux idées avancées représentées à ce moment par les Girondins. Cependant, des rivalités d'intérêts entre Montauban et Bordeaux diminuèrent légèrement la sympathie qu'il leur portait ‘, il vil ce qu’il ignorail peut-être au fond de sa province, que les Girondins n'étaient pas seuls à siéger au côté gauche, qu’il y avait des patriotes plus exaltés, peu influents dans l'Assemblée même, mieux écoutés aux Jacobins, Chabot, qu’il avait connu à Montauban, Merlin 5,

lues en public, je n’aurais rien changé à mes idées ni à mes expressions. La franchise de mon caractère vous est connue.» Après avoir ajouté qu’il faut toujours montrer la vérité au peuple, il s’écrie encore : « Et pourquoi n'aurais-je pas dit, écrivant à mes collègues, ce que l’on dit hautement dans les rues de Paris, ce que les députés eux-mêmes, je parle de ceux qui ont des lumières et de la bonne foi, avouent en gémissant, ce que plusieurs d’entre eux m'ont dit à moi-même sans déguisement... vous êtes les maîtres de montrer mes lettres à quiconque vous croirez utile ou convenable de Les communiquer. Elles seront toujours l'expression fidèle des sentiments d’un homme libre qui respecte la loi, mais qui ne confond pas les hommes avec elle ». (Lettre du 18 avril).

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