‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 143 sur 889 · Lettre à la municipalité du 27 avril · texte numérisé non relu

Lettre à la municipalité du 27 avril

5. Débandade des troupes de Biron et massacre de Dillon par ses soldats ne la a de Lille sur Tournai, 28 avril.

6. « Quelle que soit la cause de ce désastre, quand elle sera bien connue elle tournera infailliblement à la gloire de nos armées et à l’affermissement de Ja discipline sans laquelle l’armée la plus brave ne remporte pas de victoires » (lettre à la municipe du 2 mai).

. Il s'exprime sévèrement sur Mathieu Dumas (à la municipalité, 22 avril). Voy. p. È note 2.

IMPRESSIONS QU'IL RAPPORTE DE PARIS 137 de Châteauvieux libérés du bagne de Brest ‘, et il portait sur son cachet, coiffant ses initiales, ce bonnet phrygien ? que le retour des galériens remettait à la mode comme emblème de la liberté. L’attitude contre-révolutionnaire du pouvoir exécutif, il l’attribuait, comme tous les patriotes depuis que le ministère était girondin, à « un conseil secret » *, le comité autrichien, et par suite au roi même. Il s'indignait que la droite de l’Assemblée fit différer l'adoption du plan d'instruction publique proposé par Condorcet jusqu’après examen des dépenses * qu’entraînerait son exécution, il rapprochait avec certains membres de la Législative « la générosité nalionale accordant au monarque 25 millions de liste civile, de la lésinerie de cette même nation calculant avec toute l'inquiétude de lavarice combien lui coûterait l'éducation de ses enfants Ÿ », cette éducation qu’il considérait comme un des premiers besoins de la nation, un des plus sûrs moyens de la gagner aux idées nouvelles, et il concluait que « le côté droit » ne cherchait « qu’à enrayer la machine politique, qu’à l'empêcher de marcher ».

Quand, au mois de mai, le conflit entre la royauté et la Révolution s’'aggrava tout à fait au sujet des mesures discutées dans l’Assemblée contre les prêtres réfractaires f, Jeanbon prit pour la première fois la parole aux Jacobins : il demanda le 14 mai que les insermentés fussent traités en séditieux, et dans la séance du 16 mai, qu’on ne s’en tint pas à des mesures platoniques telles que de les enchaîner par un serment 7. À la vue de la fermentation qui croissait dans Paris, des

1. Soldats du régiment suisse de Châteauvieux envoyés aux galères à Brest avec l’approbation de la Constituante, en 1790, après la révolte de leur régiment à Nancy. Jeanbon écrit à la municipalité le 13 avril: « La fête de Châteauvieux continue à faire fermenter les têtes. Cependant la Société des Jacobins arrêta dans sa séance de mercredi au soir que, si le département défendait la fête, ses membres se répandraïent dans toute la ville pour exhorter les citoyens à la tranquillité, à l’émmobilité (ce fut le mot dont on se servit), et vous conviendrez que le mot et plus encore la chose doivent paraître étranges dans une société de factieux. Il y a néanmoins tout lieu de croire que la fête aura lieu, la masse du peuple parait la vouloir, et sans doute on sapercevra qu'on ne l’a peut-être que trop contrariéc à cet égard. » Cf. Aulard, Jacobins, t. Il, p. 633; t. III, pp. 493-495. Voy. Louis Blanc (Hist. de la Révolution, t. VIX, p. 361 de l’édition de 1878) la description de la fête, qui fut effectivement paisible.

Page 1